Page d'accueil | 2007-07 »

samedi, 30 juin 2007

Hiroshima

Aujourd'hui je suis allé passer la journée en ville.

Je n'ai pas fait les visites touristiques imposées (je suis quand même passé devant le mémorial de la paix et le dôme détruit, mais je n'ai pas vu le château ni les jardins) que je ferai une prochaine fois (enfin, re-ferai puisque j'y étais quand même allé il y a 5 ans).

Je me suis contenté d'essayer un restaurant sympa et de me promener dans les rues commerçantes. J'ai passé plein de temps dans les nombreuses salles d'arcades (j'ai de quoi parler des jeux vidéos et autres divertissements du même genre que j'y ai vu pendant des heures tellement c'est fou par rapport à ce qu'on a chez nous) et j'ai fait un peu de shopping.

J'ai d'ailleurs rapporté une PSP, donc du coup ce soir je vais plutôt m'occuper d'elle que du blog. On va donc en rester là pour aujourd'hui (mais demain je ferai un post plus long).

vendredi, 29 juin 2007

バドミントン (badominton)

[je teste les caractère japonais dans le titre pour voir ce que ça donne... merci de me dire si ça pose des gros problèmes de compatibilité à qqu'un]

Le japonais aiment bien mettre des cours de tout et n'importe quoi à la télé. Lors de mes séjours précédents j'avais déjà eu l'occasion de voir des cours de langues (anglais, français, et coréen notamment), des cours de cuisine (où l'on apprend à faire du "kafeore" par exemple... en mélangeant du café et du lait, oui), des cours de cérémonie du thé, etc.

Hier, j'ai eu l'occasion de suivre mon premier cours de sport télévisé : un cours de badminton. Le vrai problème, c'est que ce n'était pas un cours ordinaire : c'était un cours de badminton pour petits vieux...

Au début, c'était présenté correctement. On voyait quelques images rapides de vrais matchs de badminton, un mini commentaire de deux filles qui avaient l'air de jouer très correctement (genre championnes nationales de double ou un truc comme ça), et puis progressivement on voyait des images de gens un peu moins bons qui jouaient (genre complètement amateurs mais bon pas catastrophique quand même) puis ensuite c'était 4 petits vieux qui jouaient les uns contre les autres et qui touchaient pas un volant correctement. Ca c'était l'intro de 2 minutes où l'on accroche d'abord le spectateur avec des jolies images et on l'amène progressivement à la triste réalité : c'est un cours pour petits vieux.

Commence alors le cours proprement dit. On est sur un terrain de badminton (normal), y'a un prof qui a l'air normal comme prof (donc lui il est pas spécialement vieux) et deux vieilles et un vieux qui ont l'air complètement ridicules en jogging et qui passent leur temps à ricaner dès que le prof dit un truc. Bon, heureusement que le prof a une jeune assistante pas trop moche qui vient de temps en temps faire des démonstrations de ce qu'explique le prof, mais quand même...

D'abord il a fallu expliquer comment on tient la raquette (si...). Tout un blabla super long avec des schémas et tout (la bonne position, la mauvaise position avec une grosse croix rouge dessus) puis chacun des petits vieux a essayé de prendre la raquette correctement à son tour et se faisait corriger par le prof (ouais, parce qu'ils y arrivaient pas du premier coup). Y'en avait une particulièrement pénible qui sautait de joie à chaque fois qu'elle faisait un truc bien puis qui faisait un salut en se penchant et remerciait (juste parce qu'elle tenait sa raquette correctement !!!).

Ensuite, quand le prof en a eu marre de leur expliquer la prise de la raquette (donc 5 longues minutes après), il a fallu expliquer le service... Là c'était assez rigolo parce qu'ils étaient super tendus quand ils faisaient le mouvement. Alors d'une part ils étaient hyper concentrés sur la position (les pieds exactement orthogonaux comme avait montré le prof, la forme des bras, position des hanches, etc. le tout leur donnant une position crispée complètement figée pas du tout naturelle assez marrante), puis ils tendent la main pour lâcher le volant (on sent une détermination assez énorme dans le regard) et d'un coup ils se lancent et là ils font tout un mouvement à toute vitesse : en gros on passe de la position complètement statique du début à un spasme qui fait bouger toutes les parties du corps en même temps (la main qui lâche le volant part d'un côté, la raquette donne un coup super sec dans une direction un peu aléatoire pendant que les jambes se tendent de manière non coordonnée ce qui fait faire un saut totalement non nécessaire...).

C'est assez amusant.

Mais bon... Ca va bien 3 fois, après on se lasse. Or bien sûr, comme en 3 fois y'en a pas un qui avait fait un service ne serait-ce qu'approximativement correct (c'est-à-dire où d'une part la raquette à touché le volant et d'autre part le volant est parti dans la bonne direction) il a fallu faire un cerain nombre de tentatives.

Quand enfin ils ont tous les trois réussi à projetter le volant vers l'avant (je suis pas sûr qu'un seul ait réussi à passer le filet) le prof a décidé de passer à autre chose : le coup droit et le revers (ouais, les deux en même temps... il est complètement fou ce prof !).

Là je dois dire qu'après ce qui s'était passé pour le service c'était plutôt pas trop mal. En général le mouvement était globalement correct donc quand ça coïncidait avec le passage du volant (à la fois dans l'espace et le temps, ce qui fait que ça n'arrivait pas si souvent quand même) ça allait assez bien. Je soupçonne un montage final où on aurait coupé les 67 essais infructueux pour montrer assez vite les coups qui passent, mais bon, c'est pas trop mal passé.

Par contre après, je sais pas ce qui lui est passé par la tête, mais le prof a décidé d'apprendre à nos chers petits vieux (qui, je le répète, avaient déjà du mal à frapper au bon moment et tau bon endroit un volant lancé en cloche à la main) comment renvoyer un balle après un smash... Alors là c'était carrément tordant.

Après de nombreuses explications du prof et démonstrations de la part de l'assistante (qui y arrivait très bien elle, ça allait), ils ont placé l'assistante de l'autre côté du filet, on lui envoyait une balle en cloche et elle smashait violemment sur les petits vieux en face ! Et elle n'y allait pas à moitié, elle renvoyait bien comme il faut.

Du coup les petits vieux ils étaient terrifiés à chaque fois que le volant leur arrivait dessus. La première (celle qui était super pénible) n'en a pas renvoyé un seul... A chaque fois elle était super concentrée, et regardait bien fixement en face, et dès que le volant arrivait elle faisait un bond en hurlant et se mettait de profil en position défensive pour l'éviter. Ils ont bien dû essayer 10 fois avec elle, et y'avait rien à faire (ce qui me faisait marrer c'est que l'assistante en face elle a jamais essayé de taper moins fort... Je pense qu'elle était morte de rire :)). Les deux autres étaient un peu moins ridicules mais quand même. La deuxième femme tournait la tête en fermant les yeux et mettait la raquette devant en l'agitant un peu, et comme l'assistante la visait elle précisément, il arrivait que la raquette renvoie légèrement le volant (grossièrement dans la bonne direction). Le petit vieux lui faisait à peu près les choses correctement mais je crois qu'il faisait le mouvement sans vraiment essayer de savoir où était le volant. Ici encore, de temps en temps ça passait.

Bon, après j'ai quand même arrêté de regarder (d'ailleurs la première bonne femme me tapait trop sur les nerfs de toute façon) donc j'ai zappé un peu et je suis tombé sur le making of de Die Hard 4 (avec des interviews en anglais) donc je suis resté là-dessus (avec Bruce Willis qui essaie ridiculement de dire une phrase en japonais au début de l'interview, c'était marrant aussi).

Mais bon, c'était moins original que le cours de badminton pour vieux...

mercredi, 27 juin 2007

Un voisin peu scrupuleux (et quelques bizarreries en vrac)

Un voisin de palier m'a mangé des sushis qui étaient dans le frigo pendant la journée d'hier !

J'avais laissé entre autres choses une boîte avec 8 sushis au thon et un onigiri, et quand je suis rentré le soit la boîte de sushis avait été ouverte et il n'y avait plus que 6 sushis, et l'onigiri avait disparu ! C'est pénible ça... Du coup ce matin j'ai mis tout ce qui me restait dans un sac plastique je j'ai fermé avec un noeud (mais quand même dans le frigo) et j'espère que ça le dissuadera (sinon je vais être obligé d'aller utiliser un autre frigo à un autre étage...).

Du coup hier j'étais un peu contrarié (j'avoue que je ne m'attendais pas à ça... il doit pas être japonais lui !)

Au passage, je vais profiter de cette courte note (parce que si je ne dis que ça ça ressemble à rien comme post) pour énumérer quelques trucs rigolos que j'ai vus depuis que je suis arrivé ici (et du coup la note ne sera plus courte du tout).

***

- Il y a un peu partout dans l'université des petits emplacements réservés aux fumeurs. Déjà en intérieur c'est un peu ridicule :

44cd1936fc3dc50417e18980682749a2.jpg

Ca fait un peu vivarium pour animaux exotiques (je suis surpris qu'il n'y ait pas de panneau "il est interdit de nourrir les fumeurs") mais bon, on en voit dans tous les aéroports maintenant. Seulement ici, ils en font aussi en extérieur :

3923bbea846a4cba6caa9f4001ae804f.jpg

Et ce qui est le plus drôle c'est que les élèves respectent très bien ça ! (jamais en France on n'arriverait à dire à des étudiant que quand ils sont dehors ils ne doivent pas fumer en dehors de la ridicule petite zone délimitée par une ligne blanche symbolique)

Du coup, quand on passe à côté on voit de temps en temps deux ou trois types debout bêtement enfermés par cette ligne blanche tant que leur cigarette est allumée et c'est assez rigolo à voir (on dirait des mimes qui miment une prison de verre). Bon, bien sûr j'ai pas osé prendre la photo pendant qu'il y avait des fumeurs parce qu'il ne faut quand même pas exagérer :)). 

***

- Ce pays est probablement le plus gros consomateur de papier (et plastiques) d'emballage du monde. Le moindre petit truc comestible est scandaleusement enveloppé dans une multitude de couches successives : imaginez un paquet de petits lu, avec un plastique autour, la boîte en carton, dans le carton encore un platsique qui englobe le tout, puis dans ce plastique des petits sachets plastiques qui groupent les petits lu 4 par 4 et enfin dans ces petits sachets chaque biscuit serait emballé dans son propre petit papier...

Du coup, écologiquement c'est un désastre, mais ça n'a pas l'air d'être leur préoccupation principale (la vraie préoccupation c'est d'isoler tout ce qu'on envisage de manger d'un extérieur hostile et plein de bactéries dangereuses pour l'organisme... à un stade de paranoïa assez avancé). Pourtant, ils arrivent à nous mettre plus de subdivisions dans les poubelles de l'université que les allemands :

dd49435f43180824822fe4684de71674.jpg

 

^ de gauche à droite, on a ici : les "combustibles" (papiers principalement), les bouteilles en plastique, les bouteilles (en verre je suppose), les canettes et enfin les autres plastiques... Et ça c'est juste pour les emballages courants, ça ne couvre pas les déchets ménagers, ça correspond juste à notre unique petite poubelle au coin café dans laquelle on jette à la fois des gobelets, des canettes et des serviettes en papier... Je me demande à quoi ressembles les locaux à poubelles de leurs immeubles (je suis sûr qu'on peut arriver à faire une trentaine de catégories à ce rythme-là sur des déchets ménagers).

***

- Ils ont aussi tendance à pousser à l'extrême certains concepts modernes. Chez nous, on fait de plus en plus d'efforts pour que tous les bâtiments et installations soient utilisables par des handicapés. C'est bien. Mais à l'université d'Hiroshima, l'ascenseur est à mon avis un exemple de sur-exploitation de cette idée.

Il faut bien comprendre que l'ascenseur n'a pas une taille bien exceptionnelle (une cabine carrée dans laquelle, si on écarte les bras, on touche les côté opposés). Et pourtant, il n'y a pas un panneau de contrôle (boutons pour les étages)... ni deux panneaux de controle... mais bien 3 panneaux de contrôle ! (non, quand même pas 14 comme pour le willi waller).

Il y en a donc un près de la porte, normal, vertical, donc quand on est dans un fauteuil roulant ou qu'on mesure mois d'1m10 on est un peu embêté si on travaille au 8e étage. Comme les concepteurs de l'ascenseur ont pensé à tout, ils ont été super sympas pour les gens de moins d'1m10 et ils en ont mis un deuxième, horizontal ce coup-ci contre le mur droit de l'ascenseur ! (c'est pas gentil ça ?).

fd76084379bdf465c1bc9ba46ba77ce2.jpg

Oui, mais comment on fait si on mesure moins d'1m10, qu'on travaille au 8e étage et que quand on rentre dans l'ascenseur il y a qqu'un devant le panneau de contrôle sur le mur droit ??? Comme on est au Japon et que donc on ne peut pas se permettre de faire remarquer à la personne devant le panneau qu'elle nous gêne, on est fichu ! C'est pourquoi, un deuxième concepteur de l'ascenseur a décidé de mettre un troisième panneau sur l'autre mur de l'ascenseur !

e950d33637b576830baa9473e4b67cb3.jpg

Du coup moi je me dis que quand on mesure plus de 3m10, et qu'on n'arrive pas à se baisser pour atteindre les panneaux, on est bien embêté... Ils auraient quand même pu penser à ça et rajoutter quelques panneaux de contrôle en haut des murs aussi !

***

- Enfin, dans le même genre que l'ascenseur, j'ai dans ma chambre une lampe au plafond (rien d'exceptionnel jusque là). Encore une fois, il faut bien voir que ma chambre n'est pas vraiment une suite dans laquelle on pourrait se perdre (même bourré) puisqu'il y a tout juste la place de mettre le lit, le bureau, un mini placard et quand même un lavabo, mais plus beaucoup de place pour circuler après ça (je ne me plains pas, ça me va très bien et c'est pas cher du tout, donc pas de problème).

Le plafonnier est controllé par un double interrupteur en va-et-vient c'est-à-dire qu'on n'est même pas obligé de se pencher du lit pour atteindre l'interrupteur près de la porte le soir quand on veut dormir (qu'on pourrait très bien atteindre sans mettre le pied par terre quand même) puisque le deuxième interrupteur est à côté de la tête du lit. Tout ça c'est bien et ça rendait les choses bien pratiques quand même.

Or hier, j'ai découvert qu'en plus des deux télécommandes que j'avais déjà utilisées (télé et climatiseur) il y en avait une troisième accrochée au mur près du lit (à côté de l'interrupteur dont je viens de parler)... Intrigué, j'ai appuyé sur le bouton de cette télécommande et paf ! je me suis retrouvé dans le noir... Du coup dans ma mini chambre, je peux me déplacer avec ma télécommande pour allumer ou éteindre la lumière de là où je veux ! (sachant que tout point de la chambre est à moins de 3m d'un interrupteur mural).

mardi, 26 juin 2007

Zanapher au marché

Hier j'ai résolu un petit problème financier qui limitait mes possibilités (j'étais obligé de me rationner à 2 onigiri par jour et 2 cup noodles !) mais maintenant ça va mieux (leur système bancaire n'est pas toujours très occidental-friendly). Du coup maintenant je suis riche ! (enfin, disons que je peux dépenser mon argent quoi...)

Donc j'ai fait comme font les gens qui viennent d'être payés, j'ai décidé d'aller faire des courses. J'ai quand même fait ça raisonnablement (c'est-à-dire que je n'ai pas encore acheté toutes les consoles que je prévois de rapporter :)) puisque je me suis contenté d'aller dans le centre commercial pour élargir mes expériences alimentaires.

J'ai pas pris de photos parce que c'est interdit (si... en France j'ai jamais vu ça mais à l'entrée du supermarché y'a des petits panneaux avec un appareil photo barré, comme devant nos églises. Peut-être que c'est un lieu sacré chez eux :)) mais je me suis bien promené dans les rayons. Là tout de suite ça a plus d'allure que dans la supérette de l'université, parce que le rayon de "trucs frais à base de riz" (donc les onigiri mais aussi les sushis et toutes leurs variantes) a carrément plus d'ampleur et de choix.

J'ai quand même repris mes petits triangles de riz (parce que faudrait pas que je sois dépaysé) mais j'ai aussi pris des petits plateaux de sushis au thon et aux légumes (ils font ça bien, y'a plein de petits assortiments tout prêts, donc hop ça fait un repas comme au resto, sauf que ça coûte carrément moins cher que les escroqueries que sont les restaurants japonais en France).

Ensuite je me suis longuement promené dans les rayons de cup-noodles, parce qu'il y a trop de choix. Et comme je passe 5 minutes sur chacun pour essayer de comprendre ce qu'il y a dedans. C'est traître maintenant que je commence à comprendre un peu (je dis bien "un peu") la langue, je me sens obligé d'essayer de tout lire pour voir combien j'arrive à comprendre de mots. Du coup on ne s'en sort pas.

Je me suis aussi trouvé un sachet de 200g de petits poissons séchés à manger comme ça (comme la petite friture chez nous, sauf que c'est pas frit, c'est cru et séché). C'est un peu dégoûtant au début mais je me souvenais qu'on en avait mangé il y a 5 ans et c'était très bon en fait (c'est le type aux lapins qui nous en avait donné... pour le petit déjeuner :)).

J'ai aussi trouvé un truc super marrant : c'est comme des chips sauf que c'est pas des pommes de terre, c'est des petits pois ! (enfin, avec la cosse et tout donc ça ressemble à des frites). C'est un peu vert (forcément, il reste un peu de vert) et ça rappelle un peu les machins qu'on a nous pour l'apéro (des genres de cylindres poreux et salés... je sais pas si qqu'un voit de quoi je parle mais bon). Et finalement c'est super bon ! La prochaine fois j'essaierai aussi de prendre la version faite avec des gros radis. Je me demande si on peut en trouver en France (ou sinon si on peut en faire soi-même...).

J'ai aussi passé un certain temps au rayon des laitages... Je voulais du lait demi-écrémé, mais je n'arrive pas vraiment à comprendre leurs convention. Il y a plusieurs couleurs de packs : bleu, rouge et vert. Je voulais donc savoir si c'était comme chez nous et que le bleu correspondait au demi-écrémé. Y'avait pas grand chose écrit en anglais (on arrive à deviner "lait" parce qu'ils écrivent ça en katakana : "mi-ru-ku"... C'est à croire qu'ils ne savaient pas traire des vaches avant que les anglais/américains débarquent).

En regardant un peu un pack j'ai vu qu'il y avait écrit 100% (mais impossible de déterminer 100% de quoi). Je me suis donc dit que c'était du lait entier (parce que sinon ça voudrait dire que c'est 100% lait, un peu comme nos jus de fruits, mais j'espère qu'ils ne font pas du lait à base de lait concentreé comme nos jus de fruits !). Mais le problème avec cette théorie c'est que la bouteille d'à côté (d'une autre couleur) disait 150% !!

Alors là je me suis demandé si ils rajouttaient carrément de la crème (donc ils ont du lait entier et du lait sur-crémé...). Finalement en désespoir de cause j'ai opté pour la bouteille bleue (avec 100% de qque chose). En goûtant ce n'était pas vraiment du lait entier, mais il avait un goût un peu plus crémeux que notre lait demi-écrémé quand même (d'ailleurs il était même carrément un peu "différent" de notre lait à nous). J'essaierai de demander à qqu'un qui s'y connaît mieux que moi comment choisir le lait.

 

Voilà, donc j'ai fait quelques provisions pour quelques jours (j'ai encore squatté le frigo de l'étage mais depuis que j'y ai mis des fromages pendant 4 jours, plus personne ne met rien dans ce frigo de toute façon...). 

dimanche, 24 juin 2007

Dimanche aussi c'est musique !

Encore une fois, alors que je travaillais tranquillement (comme tous les dimanche matins) mon attention a soudainement été attirée par un énorme animation sonore à l'extérieur. Seulement cette fois-ci, ça ressemblait plus à quelque chose, c'était un groupe qui jouait de la musique assez rythmée, puis à la fin il y avait bien des acclamations du public comme il se doit.

Intrigué, j'ai donc décidé de remettre mon travail à plus tard (en général je suis assez prompt à prendre cette décision) pour voir ce qui se passait. En fait, il y avait là-bas (un peu dans le même coin que là où ils avaient fait la "fête de la cacophonie" quelques jours plus tôt) tout plein de petits stands et plein de monde qui se promenait... une kermesse quoi.

Je ne sais pas vraiment quel était l'événement (on m'a donné un éventail et un flyer qui doivent tout expliquer mais je n'ai pas encore le niveau de comprendre ce que c'est, je demanderai demain) ni d'ailleurs si c'était localisé à l'université ou plus vaste (je ne suis pas allé voir en ville s'il se passait quelque chose). Par contre, le vrai intérêt de la chose (en plus de l'expérimentation culinaire à chaque stand...) c'était les tenues ! La plupart des filles étaient en effet en tenue de fête traditionnelle, c'est-à-dire un joli kimono coloré et la ceinture large et rigide, nouée dans le dos par un énorme noeud... c'était vraiment super mignon. Du coup j'ai passé mon temps à faire des photos !

Edit : Finalement, après petite enquête, c'était simplement une "yukata party", c'est-à-dire une fête organisée quand l'été revient pour fêter le début de la période où on peut mettre des yukata. Comme l'a précisé Miss Kawai dans les commentaires, ce ne sont donc pas vraiment des kimonos (enfin, au sens strict "kimono" veut dire "vêtement" donc si, mais maintenant c'est plutôt utilisé pour désigner un habit de cérémonie assez spécifique) mais des yukata qui sont une tenue d'été (pour tous les jours). La ceinture s'appelle un obi et les sandales en bois des geta.

Quelques kimonos (avec le joli noeud derrière :)) : 
5b13af6471f8f07b5bf7529a19506f82.jpg
2f512666bf4cba067d81ae4a7f424859.jpg
10a06b6bbee20c92d9230b86f02452a3.jpg
Les garçons aussi sont habillés, mais c'est moins original :
60032465028d2cda2d4c747def6ad289.jpg
Certains d'ailleurs ont bien compris que c'était plus amusant de s'habiller comme les filles (oui... celui de gauche aussi est un garçon) :
4cb7b8d60b50709085916314db8f772e.jpg
Deux photos de groupes :
80ab0f96edc9a422281fa70d941054f3.jpg
a373b966fb86e1e6a7bd60b971dc1fb7.jpg
Une occidentale bien intégrée au Japon (son amie à côté d'elle moins...) :
9ec0badce8fbe4e4cee789e285d4fe1b.jpg
Et enfin, deux jolies brochettes de noeuds !
56ec82672cc747ee806da09391a5f9c0.jpg
1887c3c4e103ac63caebd1fa46221542.jpg

Remarque : Quelques images sont cliquables pour voir une version plus grande, mais je les retirerai peut-être plus tard si je manque de place (c'est un peu limité hautetfort en termes de place).

samedi, 23 juin 2007

Nourriture minute

Depuis que je suis arrivé (une semaine maintenant), je me suis presque exclusivement nourri de ce que l'on peut trouver dans la supérette à côté de mon bureau. Dans l'université il y en a au moins 4, celle où je vais (la plus proche) est une des plus petites et il y a donc beaucoup moins de choix (d'autant plus que j'ai tendance à y aller un peu tard donc les rayons frais sont assez démunis quand je passe).

Comme c'était la première semaine ce n'était pas très gênant puisque j'étais quand même bien content de retrouver toutes ces petites choses qui sont si représentatives du Japon à mes yeux (et à ma bouche) mais je pense que par la suite j'irai plus souvent au grand centre commercial qui est un peu plus loin (en dehors du campus) et aussi au restaurant quand j'en aurai l'occasion (que ce soit les cafétérias de l'université, les petits restos autour ou encore des vrais restaurants quand j'irai en ville).

Mais aujourd'hui rien de toute cette nourriture compliquée, rien que des trucs qui se font en un clin d'oeil ! Tout d'abord, il y a mes préférés : les onigiri. C'est tout simplement une boulette de riz (froid et qui tient en bloc parce que c'est pas du tout préparé comme notre riz à nous), le tout enroulé dans une feuille d'algue séchée. En général il y a aussi une garniture à l'intérieur :

005d5d22192a4995f6da1ab76056ce9a.jpg cf90e4d92e6e0d703fbee5b354d4ab0f.jpg

C'est bon, c'est frais et ça nourrit bien donc c'est de la nourriture comme je l'aime. Il y a toutefois un risque : comme je ne comprends rien à ce qui est écrit sur l'emballage, je les choisis au pif (aussi parce que c'est plus rigolo que de toujours prendre le même). Du coup il arrive qu'à l'intérieur il y ait un truc vaguement sucré (genre sauce aigre-douce marron visqueuse, ou même carrément une prune confite) et là forcément, moi, ça ne me plaît plus vraiment. Mais en général ça va (souvent des crevettes, du thon ou du saumon avec éventuellement une sauce ou de la mayonnaise). Ca coûte environ 100 yen (donc 60 centimes d'euros). J'en prends souvent deux dans un repas si je mange autre chose à côté, des fois 3 ou 4 si je ne mange que ça.

Je les mange surtout le midi parce que ça se mange sans aucune préparation (pas besoin de réchauffer) donc c'est facile quand je suis au labo (même si on peut passer ses plats au micro-onde dans la supérette pour les manger directement aussi).

Pour le soir, je mange des pâtes (ouais, comme quand je suis en France finalement) sauf qu'elles sont pas du tout pareil. Ici ils ont des pâtes qui se font encore plus facilement que chez nous (alors que c'est déjà pas compliqué chez nous puisque j'en fais tout le temps). Il suffit de faire bouillir de l'eau (y'a des bouilloires électriques partout : dans ma toute petite chambre, dans le couloir, dans mon bureau, etc.) et de verser ça dans le gobelet contenant le plat lyophilisé et hop, on a des pâtes chades prêtes à être mangées :

un peu d'eau chaude là dedans...

e7c4cc0a19989603dcdc4ef2e725cd05.jpg

... et pouf ! c'est prêt (c'est magique...)

b17cda0a62f0ab9f8c55cc82446dc852.jpg

En plus c'est assez bon finalement, et il y a plein de variantes (donc on n'a pas tout de suite l'impression de manger toujours la même chose). Bien sûr, il faut aimer le bouillon parce que les pâtes baignent dedans et du coup après il faut bien le boire. Ca donne un peu chaud aussi (ça doit être mieux en hiver) mais ça va. Il en existe même des versions super évoluées avec plein d'ingrédients à mettre en plus :

9f202fa19a409be110041e698a254eb5.jpg 

Là on a des herbes et une rondelle de porc (!) dans le premier sachet, dans celui de gauch c'est des algues et dans le sachet bleu un liquide étrange qui se dissout dans l'eau pour donner du goût au bouillon. Ce plat-là était particulièrement bon (et les pâtes étaient assez épaissent et ressemblaient aux notres, c'étaient pas des filaments de riz translucides.

Enfin, le troisième type de plats instantanés, c'est ceux qu'on fait au micro-ondes. Aujourd'hui, dans "j'ai testé pour vous...", je vous présente le risotto :

0f8e0f1c634e5b0b8a9221611d96c234.jpg
df8214bf5feacd7221c816c7a8d9b873.jpg
8b0ce6b0e39852d4e63b3f453bf66368.jpg

La viande, la sauce et les champignons sont dans un sachet à part qu'on verse sur le riz avant de mettre au micro-ondes.

Pareil, ça a pas forcément l'air terrible comme ça, mais ça passe assez bien. Ici le riz est un peu moins bon, parce qu'il est tout collé en un unique bloc compact, donc il faut un peu le travailler une fois qu'il est chaud avec la sauce dessus avant de le manger. En général les deux derniers plats coûtent entre 100 et 300 yen (moins de 2€) selon la taille et les ingrédients.

Bref, c'est plutôt sympa parce que pour pas grand chose on a des choses assez rigolotes (on arrive à trouver suffisamment de variantes pour que ça change quand même). C'est donc globalement mieux que nos bolinos... Bon, j'avoue que pour ceux qui se nourrissent chez Picard c'est probablement moins bon, mais faut avouer que c'est furieusement moins cher aussi !

PS : remarquez la petite icône qui indique sur chacun des plats s'il se fait à l'eau bouillante ou au micro-ondes (ici c'est les gobelets de pâtes qui se font à l'eau) :

3d3cc86f79e4996700ec6acfad647f1d.jpg

 

vendredi, 22 juin 2007

Jeudi, c'est musique

Hier, en cours d'après-midi, alors que j'apprenais tranquillement à utiliser les adjectifs (et à les conjuguer... si, ils font ça) dans mon bureau avec la fenêtre ouverte, j'entends tout à coup un espèce de brouhaha de cuivres (ici, les instruments), comme quand un orchestre se prépare à faire un concert. C'était assez dissonant :

podcast

J'ai continué à faire comme si de rien n'était (en fait ça se passait complètement au sud du campus, alors que moi je suis plutot au milieu/nord mais mon bureau et surtout la fenêtre ouverte donnent sur le sud donc ça s'entendait quand même pas mal) pendant un certain temps, mais au bout d'un moment je me suis dit que c'était bien long comme "échauffement" donc j'ai décidé d'aller voir un peu ce qui se passait (c'est d'ailleurs en me rapprochant que j'ai enregistré).

En fait, il y avait là-bas tout plein d'élèves qui jouaient de la musique (principalement des cuivres effectivement, mais aussi certains qui chantaient par exemple. Ils étaient globalement regroupés autour d'un bâtiment (je crois qu'il y en avait aussi à l'intérieur) mais ils n'avaient pas l'air de travailler ensemble. Certains étaient quand même par petits groupes (par exemple il y avait un groupe de 4 élèves qui chantaient des trucs assez horribles, avec un des élèves qui jouait quelques notes sur un minuscule clavier électronique de temps en temps, quand ils avaient complètement perdu la mélodie).

Du coup ça faisait un vacarme assez étrange et totalement désordonné (vraiment, chacun jouait des trucs au pif, sans s'intéresser à ce que jouait le voisin, et même en se concentrant sur un instrument en particulier, ils donnaient plus l'impression de jouer des notes au hasard qu'un truc précis).

Je me suis demandé s'ils n'étaient pas tous en train de préparer une sorte de concert (mais dans ce cas ils étaient vraiment loin d'être prêts -le jeu de mot était involontaire-).

Au bout d'un moment j'en ai quand même eu marre et je suis rentré, mais eux ils ne se sont pas lassés et ils ont continué à jouer jusqu'à la nuit (imaginez l'extrait sonore répété pendant environ 4 heures...).

Quand la nuit est tombé, d'autres zones du campus se sont aussi mises à faire du bruit (on entendait des "hourra" et des applaudissements venus d'un autre endroit) alors je me suis encore dit qu'ils avaient fait un vrai truc correct. Je suis ressorti voir, mais une mélodie (si, il y en a finalement eu une) a attiré mon attention... L'espace d'un instant j'ai vraiment cru reconnaître un morceau de John Williams (ce qui donc forcément m'a énormément intrigué). Je me suis donc redirigé vers la zone musicale (ou plus exactement "bruyante") précédente, et là... j'ai eu un choc. J'ai tout juste eu le temps de sortir mon appareil photo pour enregistrer ça :

podcast

(on m'entend courir parce que j'étais encore un peu loin...)
C'était donc bien du John Williams (enfin, c'était indiscutablement l'objectif recherché) mais je dois avouer que c'était probalement la plus mauvaise interprétation que j'en avais entendu. Je pense que finalement le film Jurassic Park aurait été bien plus effrayant avec un tel accompagenement musical que ce qu'il est...

Pour ceux qui ne connaissent pas l'orginal, voici un extrait qui correspond à ce que les japonais essayaient de jouer :

podcast

Enfin, bon, je suis un peu méchant avec eux parce qu'au fond, c'est plutôt amusant comme idée que tous ceux qui veulent jouer d'un instrument se mettent à le faire en même temps (ça doit quand même être un peu difficile parce qu'il faut arriver à ignorer tous les voisins quand on joue un truc) et que moi je ne sais pas jouer de cuivres, donc je suis mal placé pour critiquer (la vraie différence est que chez nous quand on décide d'apprendre un instrument on ne se met pas dans la cour du campus pour faire ses gammes, mais c'est vrai que du coup c'est moins compliqué pour eux).

jeudi, 21 juin 2007

Le fabuleux destin d'un camembert Coeur de Lion

 J'ai découvert aujourd'hui que le camembert Coeur de Lion vieillissait étrangement quand il est privé d'air pendant plusieurs jours (si, c'est au Japon qu'on apprend le plus de choses sur le camembert).

Disons que je m'étais brillamment dit que j'allais apporter à Morita des fromages français (d'une part parce que je crois qu'il avait bien aimé les buffets de fromages quand il était passé à Lyon, et puis aussi pour me venger du tfu qui pue et des haricots moisis qu'ils m'avaient fait manger la dernière fois que j'étais venu). J'avais donc sélectionné 4 fromages à emporter là-bas, en étant quand même un peu sympa (pas de maroilles donc par exemple) : un petit fromage de chèvre, un pont-l'évêque (ça c'était pas forcément la meilleure idée mais bon), un bout de reblochon et puis le fameux camembert (parce que quand même, je me suis dit que si je mettais pas de camembert ils me croiraient pas que c'était des fromages français).

A posteriori je me dis que j'aurais mieux fait d'opter pour quelque chose comme du comté ou de la tomme, mais bon, c'était moins drôle. En partant j'avais donc emballé les 4 fromages dans des sacs plastiques, puis mis le tout dans des "sacs congélation" fermés bien serré et le tout fermé avec plusieurs tours de bande adhésive pour cartons (les gros trucs marron)...

Je savais dès le début que ça ne serait pas facile parce que le matin de mon départ le frigo sentait déjà le fromage (alors qu'ils n'avaient passé qu'une nuit, et dans les sacs, dans le frigo !). Mais bon, j'ai tout mis dans ma valise quand même, tout contre mes vêtements (j'étais prêt à assumer ma position de français à l'étranger qui sent le fromage même quand il n'en mange pas :)).

J'ai eu un peu peur à la douane parce que j'avais peur qu'ils me fassent ouvrir ma valise (ils m'ont juste posé des questions, demandé si je venais travailler et regardé l'intérieur de mon sac à dos), et déjà pendant tout le déplacement de l'aéroport je sentais l'odeur qui se dégageait doucement de ma valise (c'était pas infect quand même, d'ailleurs j'ai mis un certain temps avant de comprendre que c'était mes fromages qui sentaient comme ça).

Une fois arrivé à la résidence, j'ai mis le sac dans le frigo commun de l'étage (qui était vide à ce moment-là... et étrangement personne n'a rien ajouté dedans après) et je l'y ai laissé. Bêtement, à ce moment-là je pensais que le pire était passé, mais je n'osais quand même pas ouvrir les sacs tout de suite (pour sauver le frigo...). Or j'étais bien loin de penser que le camembert ne viellit pas du tout pareil quand il manque d'air...

Pour des raisons pas très claires je n'ai pas donné les fromages tout de suite (bon quand même je suis arrivé samedi donc il fallait de toute façon que j'attende lundi au moins, mais bon, j'ai laissé passer lundi, mardi et mercredi) et puis je me suis quand même dit qu'il fallait que je m'en débarrasse (ça allait, le paquet piégé était tout bien préparé, il fallait le donner aux japonais là !). J'ai prévenu la veille quand même que je leur avais apporté ça (pour qu'ils apportent des boîtes qui ferment hermétiquement s'ils veulent les ramener chez eux, et aussi qu'ils se préparent psychologiquement au fait qu'ils se retrouvent tous seuls dans le wagon de métro au second arrêt).

Aujourd'hui donc, j'ai sorti le sac du frigo de la résidence (il y a encore une petite odeur qui flotte, mais je crois que ça va vite passer) et j'ai apporté ça au labo. Le problème c'est qu'on avait encore un séminaire donc je leur ai pas donné tout de suite (non, quand même j'allais pas tuer tous les élèves aussi...) donc ça a attendu encore deux heures de plus dans mon bureau (près de la fenêtre ouverte quand même, et heureusement, je suis seul dans mon bureau (enfin, avec le bazar entreposé, comme au début).

Le problème qui s'est posé ensuite, c'est que je voulais partager entre deux professeurs (parce qu'il y a Morita, qui est le chef de l'équipe et tout, mais y'en a un autre très sympa qui m'aide pour plein de trucs et que je connais bien parce qu'il vient souvent discuter (et qu'il était aussi déjà là il y a 5 ans))... Or c'est un peu bête de donner deux fromages à chacun, quand en fait on peut donner 4 morceaux de fromages différents (oui, et puis c'est plus sportif aussi).

C'est là que j'ai finalement décidé d'ouvrir le sac... Et j'ai eu un choc ! En fait ça ne sentait pas du tout comme je m'y attendais... C'était pas la grosse odeur de fromage à laquelle on s'attend d'habitude, c'était plutôt super piquant, comme si on avait versé plein d'ammoniaque sur mes précieux fromages ! Heureusement, en les isolant et en les sentant individuellement, je me suis rendu compte que c'était juste le camembert qui avait fait ça. Et c'est là que j'ai compris qu'il n'avait pas du tout apprécié le manque d'air pendant 5 jours (donc si vous lisez ces lignes, sachez qu'il ne faut pas asphyxier le camember, mais le chèvre ou le reoblochon apparemment c'est pas très grave). Je l'ai ouvert (en essayant de ne pas casser la croûte parce qu'il aurait tout coulé partout... il avait pas l'air très solide) et je l'ai mis devant la fenêtre en plein dans le courant d'air (je regarderai les infos demain matin pour savoir s'il y a eu des victimes dans les bureaux d'en face qui avaient les fenêtres ouvertes).

Pendant que le camembert reprenait son souffle, j'ai sauvagement massacré les 3 autres fromages pour en extraire une part pour Imai (l'autre professeur) que j'ai emballé dans une boîte en plastique que j'avais eu la présence d'esprit d'acheter (et du film plastique aussi pour éviter que les trois ne fusionnent en un unique fromage géant... que même moi j'aurais hésité à manger). Il se trouve qu'après une heure ou deux le camembert sentait un peu moins l'ammoniaque (disons que là on sentait en plus l'odeur de camembert par dessus l'ammoniaque, donc j'ai estimé que c'était bon signe), mais lui je n'ai pas eu le courage de le couper en deux (comme ça avec un peu de chance Imai ne mourra pas d'intoxication, lui...

Finalement, j'ai donné les fromages à Morita (en m'excusant pour la présentation un peu abîmée mais pas si terrible que ça retrospectivement, et puis j'avais aussi une bouteille de vin et un bocal de terrine de lièvre pour détourner son attention !) et lui ai conseillé de les mettre au frigo directement (le frigo de son bureau n'avait pas l'air très occupé, les dommages collatéraux seront probablement acceptables). Il m'a remercié en me disant qu'il aimait effectivement beaucoup les fromages français (enfin, jusqu'ici il aimait bien...) et je suis parti me laver les mains pendant 20 minutes au cas où je devrais serrer la main à qqu'un pendant les 3 jours à venir.

Le dernier problème était que Imai n'était pas là ce matin, donc que ses parts de fromage ont attendu encore plus longtemps, mais heureusement aujourd'hui il a fait beaucoup moins chaud qu'hier donc ils étaient encore présentables quand je les lui ai donnés (et en plus j'avais fait un petit emballage correct pour que ça ne ressemble pas à trois pauvres morceaux de fromages fondus ramassés dans du papier plastique.

Enfin, je crois que la prochaine fois j'emporterai plus de charcuterie et moins de fromage (ou alors de la tomme).

Des pommes qui ne sont pas des corbeaux

Une note bonus, qui n'a rien à voir avec le Japon.

Connaissez vous le paradoxe de Hempel ? J'ai découvert ça aujourd'hui et je trouve ça marrant : on essaie de se convaincre que tous les corbeaux sont noirs. Un raisonnement par induction usuel veut que l'on observe tout plein de corbeaux, et plus on en trouve qui sont noirs, sans jamais en trouver de "pas noirs", plus on est en droit de supposer que l'hypothèse est juste...

Seulement voilà, dire "tous les corbeaux sont noirs" c'est équivalent à dire "tout ce qui n'est pas noir n'est pas un corbeau" (simple contraposition jusqu'ici). Du coup, pour vérifier mon hypothèse, il devrait suffire de voir plein d'objets "pas noirs" et de vérifier que ce ne sont pas des corbeaux...

Donc au fond, plus je vois de pommes rouges, plus j'ai de raisons de penser que les corbeaux sont tous noirs :)

(Ne me faites pas rentrer dans des débats sans fin, hein... j'ai juste dit que je trouvais ça marrant comme idée, pas que le résultat était vrai ! Pour info, c'est un peu plus détaillé là (en anglais / en français))

Je m'appelle Tanaka et j'ai deux lapins...

Aujourd'hui, comme tous les mercredis et les jeudis à 8h45, les élèves de Morita (5 undergraduates (c'est quoi en français ?), 14 étudiants en master et un doctorant) avaient un séminaire.  J'y étais bien sûr cordialement invité, d'autant plus que ça donnait l'occasion de me présenter aux élèves et réciproquement.

Comme l'exposé de l'élève était en japonais je n'ai rien compris à ce qu'il racontait, mais comme les transparents étaient en anglais, que le sujet n'était pas très compliqué (des grammaires en deux dimensions pour produire des images, je me souviens d'un groupe de travail de Bertrand Nouvel sur un sujet assez proche) et que ça ne rentrait pas vraiment dans les détails (principalement des définitions et des exemples pour illustrer, avec quand même un résultat à la fin, sans exposer d'explications, mais ça n'avait pas l'air excessivement difficile) ça n'était pas désagréable à suivre.

J'avais un peu l'impression d'être la bête rare pendant tout l'exposé d'autant qu'étant arrivé après les élèves (mais avant le début de l'exposé quand même, c'est qu'ils arrivent en avance ces élèves !) je n'ai pas pu me cacher au fond comme ça m'aurait arrangé, donc j'ai opté pour un premier rang bien en évidence.

Je suis assez content parce qu'il y a eu un transparent comme je l'attendais :

6515534e734360810086c430405f1f55.jpg

C'est le nom du lemme qui me plaît particulièrement... Pour information, en japonais il n'y aucun des deux sons "L" ni "R", mais un truc intermédiaire entre les deux (une sorte de "R" super-roulé). Du coup ils ne font pas vraiment la différence entre ces deux sons quand ils parlent une langue étrangère et la confusion est fréquente (cf. Lost in Translation par exemple). Il faut quand même admettre que c'est moins marrant qu'il y a 5 ans, où on avait eu tout un exposé avec, après chaque résultat, un très joli "ploof", mais bon, on se contentera d'un "remma" pour cette fois-ci.
(au passage, ça devrait être "parsability" et non pas "persability", mais ça c'est juste parce qu'il ne connaissait pas le mot, et je signale aussi que j'ai photographié la version imprimée de ses transparents après-coup, je n'ai pas ouvertement sorti mon appareil photo en me marrant à voix haute pendant l'exposé...)

Quoi qu'il en soit, à la fin de l'exposé, il y a eu les présentations. Moi d'abord (deux fois puisque Morita a commencé par me présenter, puis il m'a dit de me présenter moi-même, ce qui n'aide pas puisqu'il en avait déjà dit beaucoup...) puis tous les élèves, un par un (bien sûr imposé en anglais donc c'était des fois assez acrobatique, ou tout simplement court : "hello my name is [...], I don't speak well english so I will stop now.").

Par contre ce que j'avais oublié (depuis la dernière fois que j'étais venu, et donc que je n'ai pas fait en me présentant...) c'est qu'il faut donner un hobby quand on se présente ! Une présentation typique (un peu plus classique que celle du type qui ne parlait pas anglais) est donc : "Nice to meet you, I am [...] and my hobby is tennis." (c'est tout... mais là il s'est "bien" présenté).

Les hobbies sont assez variables. Cette année il n'y avais pas tellement de diversité (vu le nombre de tennis, baseball et étonnamment de basketball, je les soupçonne à partir d'un certain moment de s'être contentés de copier sur un de ceux qui avait déjà parlé). Une des filles a quand même dit que son hobby c'était de voyager, qu'elle voulait aller en Europe et qu'il fallait que je lui montre tout sur mon pays ^.^, et un autre que son hobby c'était de surfer sur internet (lui il serait bien dans notre bureau de thésards de l'ENS). Il y a 5 ans, on avait eu un gars dont le hobby était de fumer et boire de l'alcool (je sais pas ce qu'il est devenu depuis), un qui n'avait pas de hobbies (mais qui l'avouait sans honte) et un qui aimait juste dormir...

 

Cependant, toujours il y a 5 ans, on avait quand même découvert, dans des circonstances assez surprenantes, que cette façon de se présenter par un hobby n'est pas réservée aux élèves. En effet un jour alors qu'on était occupés à ne rien faire de particulier dans notre bureau (à l'époque on était 3 élèves de l'ENS à être partis en stage ensemble à Hiroshima) un type est entré et nous a demandé s'il pouvait nous parler. Comme on n'avait rien de mieux à faire, et qu'on n'aurait pas su lui dire non de toute façon on a accepté. Le type a dit que c'était un "businessman" et qu'il était très content de faire notre connaissance. Il y a ensuite eu un loooooong silence où personne ne savait quoi dire (honnêtement, qu'est-ce que vous voulez répondre à ça ?), puis il s'est levé, nous a très cordialement remerciés, et est parti en nous laissant sa carte de visite.

Inutile de dire qu'on était légèrement surpris, mais bon, on ne s'est pas laissés abattre, et on a repris nos activités normales comme si de rien n'était (c'est-à-dire en fait qu'on a relancé les émulateurs SNES et qu'on est retournés surfer sur gamefaqs, à l'époque). Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! Deux jours plus tard, on reçoit tous les trois le même e-mail... Je ne l'ai plus sous la main, mais ça ressemblait à quelque chose de ce genre (promis, je n'exagère pas, c'était vraiment comme ça) :

>>>
Chers [nous trois],

Je suis très contents d'avoir fait votre connaissance l'autre jour, je m'appelle [son nom, que j'ai oublié depuis].

J'ai deux lapins. Le premier s'appelle [...] ce qui veut dire lapin blanc, parce qu'il est tout blanc. Le second s'appelle [...] qui veut dire sombre parce qu'il est noir. Le second est beaucoup plus vieux [etc., et ça continuait sur un vrai paragraphe complet sur la vie des lapins, pourquoi il ne faut pas les laisser manger la même chose, la première fois que l'un d'entre eux a mangé le tapis, etc. c'était complètement fou...]

Je suis un businessman à Mihara, et je voudrais savoir si vous voudriez passer quelques jours chez moi pour que je puisse vous montrer la ville. Ma femme fait très bien la cuisine et elle sera ravie de vous préparer des repas typiques japonais.

Très cordialement,

[même nom qu'au début que j'ai toujours oublié]
>>> 

En gros, toujours ce même bonhomme sur qui on ne savait rien du tout (on s'est assez vite douté que c'était le même...) nous invitait ce coup-ci à passer plusieurs jours chez lui, et pour ce faire il passait plus de la moitié du mail à nous parler de ses lapins !

D'abord on a bien rigolé, et puis on s'est un peu dit que ce type était fou. Mais par la suite, on a appris que c'était un ancien chercheur du labo qui était parti dans le privé, mais qui était très ami avec un professeur que l'on connaissait bien (depuis qu'on était au Japon du moins) et qu'il nous proposait donc très sérieusement et très gentiment de nous faire effectivement visiter la ville où il habitait. Le mail était tourné "à la japonaise", c'est-à-dire que ces gens qui ont plein de bon sens (!) savent très bien qu'on ne va pas aller passer 3 jours chez un type qu'on connaît à peine (ce serait bien ridicule), donc ils se présentent en donnant vraiment un trait de leur personnalité (le fameux hobby, qui peut n'être que superficiel, je suis sûr qu'il y en a dont le tennis est le hobby et qui n'y jouent pas plus que moi au ping-pong, mais qui est quand même "personnel") et comme ça on les connaît personnellement et donc bien mieux...

En guise d'épilogue, sachez qu'on a fini par aller chez ce monsieur, qu'il a été charmant, nous a effectivement préparé des repas typiquement japonais et nous a emmenés toute une journée visiter la ville. On a bien évidemment vu les deux lapins quand on était chez lui (mais on n'a pas osé lui demander si il savait cuisiner le lapin).
Comme quoi, la première impression n'est pas toujours la bonne (surtout pas ici !).

Toutes les notes