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lundi, 30 juillet 2007

Les verres solitaires

(c'est pas très classe comme titre mais c'est tout ce que j'ai trouvé)

Il nous est arrivé un truc amusant jeudi. Alors qu'on se promenait dans le centre-ville (qui était un peu plus réveillé que la veille) et qu'on en avait marre de chercher une salle de jeux d'arcades parce que toutes celles qu'on trouvait ne contenaient que des pachinko et des machines à sous (à Kobe c'est l'enfer, il n'y a presque que ça, quasiment pas de "vrais" jeux), on a décidé de chercher un café où se poser tranquillement.

On est alors passés devant le café parfait : il y avait du monde mais pas trop (donc encore des places libres) et c'était rempli en grande majorité par des filles, quasiment toutes jolies (le café comme on n'en voit que dans les séries !). Du coup, forcément, on est rentrés et on s'est assis.

A la table d'à côté une très charmante demoiselle (seule !!!) mais le problème ici c'est que si on ne parle pas japonais, comme eux ils ne parlent pas anglais, c'est pas très pratique.  Deux tables plus loin deux autres filles (toujours pas de garçons d'ailleurs), bon elles elles avaient l'air un peu plus vulgaires et petites miss (y'en a quand même beaucoup) vu qu'elles ont passé leur temps à se maquiller, tapoter leur téléphone et piailler en ricanant. Mais quand même assez jolies (ben oui, puisqu'il n'y avait presque que ça).

Toutefois, malgré tout cet entourage exceptionnellement intéressant, il y avait un détail plus intriguant que le reste (qui finalement a beaucoup plus attiré notre attention). A deux tables de nous (donc entre la fille seule et les deux greluches), il y avait une table inoccupée sur laquelle étaient posés deux verres pleins, intacts (dans le premier il y avait déjà une paille, mais la totalité de la boisson).

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Pendant qu'on buvait nos boissons et préparait la suite de notre visite de la ville, on a gardé un oeil sur ces deux verres, en attendant que leurs propriétaires reviennent les chercher... Mais une heure plus tard (ou presque, je ne sais pas exactement combien de temps on est restés) ils étaient toujours abandonnés...

Alors l'idée a progressivement germé dans nos esprits. Plus parce que c'était un truc idiot à faire que parce qu'on avait envie de boire (d'ailleurs on ne savait pas ce qu'il y avait dans les verres, et on pouvait recommander quelque chose si on avait voulu). On a donc commencé, d'abord en plaisantant, à se motiver pour aller s'asseoir à la table comme si de rien n'était, comme si ces verres étaient les notres depuis le début.

Finalement, on a pris une grande inspiration, on s'est levés, allés chercher un verre d'eau à côté (pour ne pas aller directement de notre table à l'autre). Je dois avouer que ça a été assez difficile parce que quand on s'est levés on était complètement morts de rire, et qu'il ne fallait pas exploser de rire en arrivant. Finalement après une dernière hésitation j'ai regardé Thomas et je lui ai dit qu'on y allait, mais du coup on ne pouvait pas abandonner en cours de route et on s'est dirigés le plus simplement et naturellement du monde vers la table.

Là il s'est passé un truc assez marrant. Quand on s'est assis, les deux pipelettes (qui n'étaient toujours pas parties depuis qu'on était arrivés) se sont complètement tues pendant plusieurs secondes. Elles n'ont pas vraiment directement regardé dans notre direction, mais quand même elles ont complètement bloqué. Nous on était sur le point d'exploser de rire (giggle loop, anyone?) et en même temps on était persuadés que tout le monde avait les yeux fixés sur nous...

On a dit quelques trucs sans intérêt pour faire comme si tout était normal (de toute façon personne ne comprenait ce qu'on disait) et on a attendu un peu. Après quelques dizaines de secondes qui ont paru une éternité (pendant lesquelles ont avait bien du mal à avoir l'air totalement naturels) les deux filles d'à côté se sont remises à parler... Du coup on s'est décontractés un peu mais quand même on était encore un peu angoissés à l'idée que les vrais propriétaires des verres reviennent.

On regardait tout le monde avec appréhension... Comme si chacun nous reprochait de lui avoir volé ses verres. A près quelques instants, deux autres filles (au passage : toujours pas de garçons !) sont arrivées à la table d'à côté. Là Thomas m'a regardé terrifié en disant que c'était forcément leurs verres et qu'elles étaient hyper gênées... Mais elles n'ont pas eu l'air de se plaindre. Quand un type est passé près de nous (oui, un garcçon ce coup-ci, quand même) on a vraiment cru qu'il regardait notre table et là on a décidé qu'on ne pouvait pas rester là (c'était trop dur pour les nerfs) donc on a abandonné la table (quand même un peu morts de rire toujours)...

 

L'histoire aurait dû en rester là. On s'était déjà bien marrés. Donc on est repartis se promener en ville...

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Je profite de cette pause dans le récit pour mettre cette photo que je ne placerai jamais ailleurs, et en plus ça permet de faire un peu passer la narration si c'est entrecoupé de photos. C'est une statue à Kobe (pas loin du café en question). La classe...
D'ailleurs en fait Kobe est parsémée de statues de femmes nues (ou comme ici de "morceaux de femmes nues") dans des poses plus ou moins suggestives. C'est assez étrange...
[fin de la parenthèse où l'on montre gratuitement des fesses]

 

Quoi qu'il en soit, plusieurs heures plus tard (facilement 3 heures après être sortis) on est repassés devant ce café au hasard de nos vagabondages (les théoriciens nous diront que puisqu'on se déplaçait dans le plan, c'était sûr qu'on repasserait au bout d'un temps fini :)). Et là, en bon scientifiques curieux que nous sommes, nous avons voulu savoir ce qu'étaient devenus les fameux verres.

Ils étaient toujours là !!!

Alors là on s'est regardés et on a décidé qu'il fallait vraiment refaire le coup. Ce coup-ci c'était parfait ! Plus personne dans le café ne savait qu'on était déjà passés à une autre table plus tôt (oui, les pipelettes avaient fini par partir), les propriétaires des verres avaient forcément disparu définitivement (ou alors ils étaient enfermés dans les toilettes, je sais pas, mais ils ne reviendraient pas) et les gens dans le café (à l'exception possible des serveurs) n'avaient jamais vu qui avait commandé les verres.

C'était tellement énorme qu'on était obligés de le faire. On a encore pris une grande inspiration et on est rentrés. On n'a rien commandé en entrant, mais on avançait d'un pas tellement décidé que personne ne nous a posé de question (genre, ne vous occupez pas de nous, on va rejoindre des amis), on est allés directement à la table, on s'est assis, s'est répartis les verres et commencé à discuter.

Etonnamment ça s'est passé de manière beaucoup plus fluide que la deuxième fois. On ne se marrait même pas. On était juste très fiers de la manoeuvre et de la perfection de la situation. Les personnes autour n'ont pas trop bronché. On a un peu pensé à tous ceux qui surveillaient (comme nous plusieurs heures auparavant) les verres en se demandant où étaient les propriétaires qui ont dû se dire "ah, ben non, en fait ils n'étaient pas abandonnés, mais quand même ils ont pris leur temps".

Bien sûr les glaçons étaient complètement fondus (alors que la première fois qu'on s'était assis à la table il y avait encore des assez gros glaçons dans les verres) et les boissons n'étaient pas exceptionnelles (j'ai eu le jus de fruit à base de banane, Thomas a eu un café dans un grand verre...). Heureusement que c'était au Japon parce qu'il y a des pays où je n'aurais pas osé boire dans un verre abandonné, mais là d'une part je me suis dit que c'était pas trop risqué, et puis quand même, ça faisait 4 heures que ce verre nous faisait de l'oeil, alors je ne pouvais plus l'éviter !

Il est possible aussi que les serveurs qui passaient nous aient maudits puisque ça devait faire 4 heures qu'ils se demandaient s'il fallait ou non ramasser les verres (mais normalement dans ce café il faut rapporter son plateau en partant, et comme on est au Japon, personne n'oublie de le faire, donc les verres sur les tables ne sont jamais ramassés automatiquement).

Finalement, on a fini tranquillement notre pause, on a profité encore une fois de l'agréable cadre (il y avait un peu moins de monde, donc un peu moins de jolies demoiselles que la fois précédente, mais quand même), puis on est repartis très fiers de la manoeuvre...

 

En ressortant on a quand même apporté les verres pour qu'ils puissent être débarrassés, et on a ainsi libéré la table de sa malédiction. J'ai aussi réalisé le soir que j'avais oublié un paquet de chips sous la table (c'est aussi une longue histoire, c'est des chips aux petits pois comme celles dont j'avais déjà parlé il y a un certain temps)... Je me demande s'il y est encore... On aurait peut-être pu revenir le lendemain, s'asseoir à notre première table et manger nos chips ! Damn, une belle occasion de manquée...

Commentaires

Sacrée histoire. Loufoque mais captivante... :-)

Ecrit par : Suffragettes | mardi, 31 juillet 2007

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