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lundi, 30 juillet 2007
Les verres solitaires
(c'est pas très classe comme titre mais c'est tout ce que j'ai trouvé)
Il nous est arrivé un truc amusant jeudi. Alors qu'on se promenait dans le centre-ville (qui était un peu plus réveillé que la veille) et qu'on en avait marre de chercher une salle de jeux d'arcades parce que toutes celles qu'on trouvait ne contenaient que des pachinko et des machines à sous (à Kobe c'est l'enfer, il n'y a presque que ça, quasiment pas de "vrais" jeux), on a décidé de chercher un café où se poser tranquillement.
On est alors passés devant le café parfait : il y avait du monde mais pas trop (donc encore des places libres) et c'était rempli en grande majorité par des filles, quasiment toutes jolies (le café comme on n'en voit que dans les séries !). Du coup, forcément, on est rentrés et on s'est assis.
A la table d'à côté une très charmante demoiselle (seule !!!) mais le problème ici c'est que si on ne parle pas japonais, comme eux ils ne parlent pas anglais, c'est pas très pratique. Deux tables plus loin deux autres filles (toujours pas de garçons d'ailleurs), bon elles elles avaient l'air un peu plus vulgaires et petites miss (y'en a quand même beaucoup) vu qu'elles ont passé leur temps à se maquiller, tapoter leur téléphone et piailler en ricanant. Mais quand même assez jolies (ben oui, puisqu'il n'y avait presque que ça).
Toutefois, malgré tout cet entourage exceptionnellement intéressant, il y avait un détail plus intriguant que le reste (qui finalement a beaucoup plus attiré notre attention). A deux tables de nous (donc entre la fille seule et les deux greluches), il y avait une table inoccupée sur laquelle étaient posés deux verres pleins, intacts (dans le premier il y avait déjà une paille, mais la totalité de la boisson).

Pendant qu'on buvait nos boissons et préparait la suite de notre visite de la ville, on a gardé un oeil sur ces deux verres, en attendant que leurs propriétaires reviennent les chercher... Mais une heure plus tard (ou presque, je ne sais pas exactement combien de temps on est restés) ils étaient toujours abandonnés...
Alors l'idée a progressivement germé dans nos esprits. Plus parce que c'était un truc idiot à faire que parce qu'on avait envie de boire (d'ailleurs on ne savait pas ce qu'il y avait dans les verres, et on pouvait recommander quelque chose si on avait voulu). On a donc commencé, d'abord en plaisantant, à se motiver pour aller s'asseoir à la table comme si de rien n'était, comme si ces verres étaient les notres depuis le début.
Finalement, on a pris une grande inspiration, on s'est levés, allés chercher un verre d'eau à côté (pour ne pas aller directement de notre table à l'autre). Je dois avouer que ça a été assez difficile parce que quand on s'est levés on était complètement morts de rire, et qu'il ne fallait pas exploser de rire en arrivant. Finalement après une dernière hésitation j'ai regardé Thomas et je lui ai dit qu'on y allait, mais du coup on ne pouvait pas abandonner en cours de route et on s'est dirigés le plus simplement et naturellement du monde vers la table.
Là il s'est passé un truc assez marrant. Quand on s'est assis, les deux pipelettes (qui n'étaient toujours pas parties depuis qu'on était arrivés) se sont complètement tues pendant plusieurs secondes. Elles n'ont pas vraiment directement regardé dans notre direction, mais quand même elles ont complètement bloqué. Nous on était sur le point d'exploser de rire (giggle loop, anyone?) et en même temps on était persuadés que tout le monde avait les yeux fixés sur nous...
On a dit quelques trucs sans intérêt pour faire comme si tout était normal (de toute façon personne ne comprenait ce qu'on disait) et on a attendu un peu. Après quelques dizaines de secondes qui ont paru une éternité (pendant lesquelles ont avait bien du mal à avoir l'air totalement naturels) les deux filles d'à côté se sont remises à parler... Du coup on s'est décontractés un peu mais quand même on était encore un peu angoissés à l'idée que les vrais propriétaires des verres reviennent.
On regardait tout le monde avec appréhension... Comme si chacun nous reprochait de lui avoir volé ses verres. A près quelques instants, deux autres filles (au passage : toujours pas de garçons !) sont arrivées à la table d'à côté. Là Thomas m'a regardé terrifié en disant que c'était forcément leurs verres et qu'elles étaient hyper gênées... Mais elles n'ont pas eu l'air de se plaindre. Quand un type est passé près de nous (oui, un garcçon ce coup-ci, quand même) on a vraiment cru qu'il regardait notre table et là on a décidé qu'on ne pouvait pas rester là (c'était trop dur pour les nerfs) donc on a abandonné la table (quand même un peu morts de rire toujours)...
L'histoire aurait dû en rester là. On s'était déjà bien marrés. Donc on est repartis se promener en ville...

Je profite de cette pause dans le récit pour mettre cette photo que je ne placerai jamais ailleurs, et en plus ça permet de faire un peu passer la narration si c'est entrecoupé de photos. C'est une statue à Kobe (pas loin du café en question). La classe...
D'ailleurs en fait Kobe est parsémée de statues de femmes nues (ou comme ici de "morceaux de femmes nues") dans des poses plus ou moins suggestives. C'est assez étrange...
[fin de la parenthèse où l'on montre gratuitement des fesses]
Quoi qu'il en soit, plusieurs heures plus tard (facilement 3 heures après être sortis) on est repassés devant ce café au hasard de nos vagabondages (les théoriciens nous diront que puisqu'on se déplaçait dans le plan, c'était sûr qu'on repasserait au bout d'un temps fini :)). Et là, en bon scientifiques curieux que nous sommes, nous avons voulu savoir ce qu'étaient devenus les fameux verres.
Ils étaient toujours là !!!
Alors là on s'est regardés et on a décidé qu'il fallait vraiment refaire le coup. Ce coup-ci c'était parfait ! Plus personne dans le café ne savait qu'on était déjà passés à une autre table plus tôt (oui, les pipelettes avaient fini par partir), les propriétaires des verres avaient forcément disparu définitivement (ou alors ils étaient enfermés dans les toilettes, je sais pas, mais ils ne reviendraient pas) et les gens dans le café (à l'exception possible des serveurs) n'avaient jamais vu qui avait commandé les verres.
C'était tellement énorme qu'on était obligés de le faire. On a encore pris une grande inspiration et on est rentrés. On n'a rien commandé en entrant, mais on avançait d'un pas tellement décidé que personne ne nous a posé de question (genre, ne vous occupez pas de nous, on va rejoindre des amis), on est allés directement à la table, on s'est assis, s'est répartis les verres et commencé à discuter.
Etonnamment ça s'est passé de manière beaucoup plus fluide que la deuxième fois. On ne se marrait même pas. On était juste très fiers de la manoeuvre et de la perfection de la situation. Les personnes autour n'ont pas trop bronché. On a un peu pensé à tous ceux qui surveillaient (comme nous plusieurs heures auparavant) les verres en se demandant où étaient les propriétaires qui ont dû se dire "ah, ben non, en fait ils n'étaient pas abandonnés, mais quand même ils ont pris leur temps".
Bien sûr les glaçons étaient complètement fondus (alors que la première fois qu'on s'était assis à la table il y avait encore des assez gros glaçons dans les verres) et les boissons n'étaient pas exceptionnelles (j'ai eu le jus de fruit à base de banane, Thomas a eu un café dans un grand verre...). Heureusement que c'était au Japon parce qu'il y a des pays où je n'aurais pas osé boire dans un verre abandonné, mais là d'une part je me suis dit que c'était pas trop risqué, et puis quand même, ça faisait 4 heures que ce verre nous faisait de l'oeil, alors je ne pouvais plus l'éviter !
Il est possible aussi que les serveurs qui passaient nous aient maudits puisque ça devait faire 4 heures qu'ils se demandaient s'il fallait ou non ramasser les verres (mais normalement dans ce café il faut rapporter son plateau en partant, et comme on est au Japon, personne n'oublie de le faire, donc les verres sur les tables ne sont jamais ramassés automatiquement).
Finalement, on a fini tranquillement notre pause, on a profité encore une fois de l'agréable cadre (il y avait un peu moins de monde, donc un peu moins de jolies demoiselles que la fois précédente, mais quand même), puis on est repartis très fiers de la manoeuvre...
En ressortant on a quand même apporté les verres pour qu'ils puissent être débarrassés, et on a ainsi libéré la table de sa malédiction. J'ai aussi réalisé le soir que j'avais oublié un paquet de chips sous la table (c'est aussi une longue histoire, c'est des chips aux petits pois comme celles dont j'avais déjà parlé il y a un certain temps)... Je me demande s'il y est encore... On aurait peut-être pu revenir le lendemain, s'asseoir à notre première table et manger nos chips ! Damn, une belle occasion de manquée...
16:58 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 28 juillet 2007
Truman Town
Je suis rentré de Kobé hier (ou plus précisément d'Himeiji puisque c'est là qu'on était vendredi matin). Le séjour était très sympa, mais pas vraiment comme je l'imaginais avant de partir.
J'avoue que je n'avais pas énormément préparé le déplacement, d'une part parce que je me disais bien qu'on trouverait des choses à voir une fois sur place et d'autre part parce que je ne suis pas fan des planifications excessives à l'avance, j'aime bien me promener tranquillement en décidant un peu à chaque carrefour quelle direction semble la plus attirante.
En arrivant à Kobe, je me suis dirigé vers l'hôtel où j'ai retrouvé Thomas (ou plutôt j'ai raté l'hôtel d'une rue mais je suis quand même tombé sur Thomas qui était sorti s'acheter un truc à manger), on a déposé nos affaires et on a décidé d'aller se promener vers le centre pour faire une reconnaissance de la ville (il partageait mes idées sur le guidage automatique en direct donc ça allait). Il était environ 13h.
Le problème c'est que quand on est arrivé au centre, tout était fermé. En fait la ville avait l'air un peu abandonnée. On n'était quand même pas vraiment tous seuls (sinon ça aurait été vraiment effrayant) mais quand on traverse les grands axes couverts bordés de magasins fermés et qu'on ne croise qu'une vielle et un cycliste en remontant toute la rue, c'est quand même étrange. D'autant qu'on était mercredi donc un jour de semaine.
On a continué à se promener tout l'après-midi mais ça ressemblait un peu à ça tout du long :

Ca faisait un peu penser à la ville du Truman Show aux moments où Truman dort ou simplement les quartiers où il n'est pas. On s'est un peu demandés où pouvaient être tous les gens. Si ça se trouve on a raté un énorme festival qui attire toute la population...
En fait, il est plus probable que l'explication soit tout bêtement la température. Il est vrai que se promener là-bas entre midi et 15h c'est assez dur, mais je ne pensais pas que les japonais étaient comme les espagnols. Quand on a trouvé un gros centre commercial, c'est vrai qu'à l'intérieur il y avait un peu plus de monde (là où c'est climatisé tellement fort que quand on est 10 mètres devant la porte d'entrée (mais complètement dehors) on est déjà au frais), mais ce n'était quand même pas d'une grande agitation. D'ailleurs on n'est pas restés longtemps parce que c'était encore un bâtiment géant qui ne contenait presque que des vêtements, donc on s'est contentés de monter jusqu'en haut où il y avait une terrasse (vide puisqu'en plein soleil), de prendre deux photos et de corriger le panneau qui représente la vue panoramique qui est maintenant dépassé puis on est redescendus. Kyoto vu d'en haut ça ressemble donc à ça :

Le soir les choses se sont arrangées parce que les gens sont apparus spontanément (je crois que le Truman de Kobe n'est pas un lève-tôt). Là il y avait du monde dans les rues et dans les cafés (plein de Géraldines partout, d'un coup). D'ailleurs j'étais tout content parce qu'à Kobe il y a beaucoup plus de yukata que dans les autres villes que j'ai vues jusqu'ici.
L'autre point qui a un peu affecté le côté touristique de notre visite c'était le petit plan (celui trouvé à l'hôtel). Parce qu'en fait il ne correspondait pas vraiment à la réalité... On en est presque arrivés à se demander si ce n'était pas le plan d'une autre ville (similaire mais pas exactement pareil), ou alors s'il n'y avait pas 2 Kobe, avec des habitants qui vont de l'une à l'autre suivant le jour de la semaine (on aurait donc été dans la mauvaise Kobe pour un mercredi). Parce qu'à chaque fois qu'on a essayé de suivre le plan pour atteindre un bâtiment qui semblait intéressant on l'a raté (ou alors peut-être que la distillerie de sake, le zoo et le parc fermier sont protégés par un fidelius charm).
Mais on a quand même vu d'autres choses comme par exemple la tour de Kobe et le musée de la marine :

Ou encore la serre et le jardin botanique au nord (c'est là qu'on est allés chercher un certain parc qui était censé contenir des animaux de ferme, mais on n'a jamais trouvé le chemin qui permettait d'y aller) :

Enfin, ce n'était pas bien gênant parce que la ville est agréable (quand elle se réveille un peu) et que donc le séjour était très bien. C'était juste pas ce que j'imaginais puisque tout le monde semble dire que c'est une superbe ville qui attire de nombreux touristes tous les ans. Moi je l'ai beaucoup aimé en tant que ville japonaise, mais j'ai un peu raté la plupart de l'intérêt touristique...
15:15 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mardi, 24 juillet 2007
Kobe
Je fais juste une petite note pour signaler que demain je pars passer trois jours à Kobe.
Je ne connais absolument pas (c'est d'ailleurs pour ça que j'y vais) mais ça a vraiment l'air très joli et intéressant. Je devrais donc encore avoir plein de choses à dire en rentrant.
Je suis censé y retrouver un certain stagiaire de l'ENS actuellement en stage à Kyoto que je ne nommerai pas au cas où il essaierait de faire croire qu'il travaille (pour sa défense, il ne peut pas être logé à Kyoto demain et après-demain donc c'est pour ça que ça l'arrangeait de partir voir autre chose).
A vendredi donc (je devrais rentrer le soir, donc en plein après-midi chez vous).
(j'aurais bien mis ça à la fin de la note précédente, mais j'ai eu un peu peur que personne n'arrive au bout ;))
14:08 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Le japonais hors contexte
ATTENTION : Cette note s'adresse principalement (on pourrait même dire exclusivement) aux informaticiens, et même la sous-catégorie "théoriciens" et même finalement juste les membres de MC2 et assimilé (Escape par exemple).
Pour les autres, ben... il y a des chances pour que ce que je vais dire par la suite n'ait pas énormément de sens. Je m'en excuse (au passage, j'ai mis cette note dans la catégorie "culture" mais c'est peut-être un peu exagéré).
Quoi qu'il en soit, l'autre jour, alors que j'étais tranquillement dans mon bureau à ne rien faire (ou réciter une liste de kanjis peut-être), Morita est entré et m'a donné un document fort intéressant... C'est les notes d'un cours qu'il a donné ici intitulé "natural language processing" (ou plutôt, "dont la traduction anglaise du titre, qui est écrite sur le post-it qu'il m'a donné est...").
Il y parle de plein de choses et notamment de hiérarchie de Chomsky et génération automatique de phrases syntaxiquement correctes en japonais. Moi je n'y comprends rien du tout parce que c'est tout en japonais (ça fait vraiment peur un cours d'info théorique en japonais), mais il m'a indiqué la page la plus intéressante : la grammaire algébrique qui correspond au japonais !
Bien sûr, c'est un peu simplifié parce que *forcément* ça ne tient pas compte de toutes les constructions possibles et de toutes les multiples exceptions liées au fait qu'on parle bien d'une langue naturelle après tout, mais ça a déjà l'air intéressant. Ca ressemble à ça (il vaut mieux agrandir l'image pour avoir une chance de lire quelque chose) :
Il a été très gentil et a annoté chacune des lignes pour que j'aie l'impression de comprendre ce qui se passe donc on peut un peu voir comment c'est structuré. Il a légèrement triché en ne conjuguant pas les verbes (avant avant dernière ligne). Il est vrai que la conjuguaison en japonais est beaucoup plus simple qu'en français, puisque la forme du verbe ne dépend pas du sujet, uniquement des modifications de sens (temps, forme négative, passif, etc.) mais quand même, là on ne peut presque pas produire de phrase correcte.
Enfin, voilà. Ce qui est amusant c'est qu'on arrive quand même là à mettre un certain nombre de constructions différentes dans une grammaire qui reste finalement assez lisible (le fait que ce ne soit que des kanjis ne nous simplifie évidemment pas la tâche, c'est vrai).
Actuellement j'ai encore du mal à comprendre toutes les constructions indiquées (et je ne comprends que peu de mots dans le schéma) alors que c'est censé être la base (donc des constructions élémentaires, je suppose quand même que si on va un peu plus loin ça devient vite l'enfer) mais je trouve ça très rigolo.
Bon, je vais vite refermer cette note totalement geek qui va probablement faire fuir de mon blog une bonne partie des quelques lecteurs qui restaient... Promis, la prochaine fois je remets des jolies photos de paysages pour tout le monde !
13:55 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 23 juillet 2007
A la mode de Tokyo
On parle beaucoup du look assez particulier des japonaises. Dans le campus de l'université c'est assez sage. Quand on se promène dans une ville un peu plus grande comme Hiroshima, on croise principalement des gens habillés "normalement" (comprendre par là : comme en France) mais il arrive tout de même que l'on rencontre des tenues assez "excentriques" (comprendre par là : que personne ne pourrait porter en France sans que tout le monde la montre du doigt pendant toute la journée). Mais ça reste assez rare.
Heureusement, je suis allé à Tokyo...
Là c'est différent. Ne nous emballons pas trop quand même : la plupart des personnes (et en fait même des filles parce que c'est surtout elles qui sont concernées par la suite) sont encore habillées "normalement" mais le nombre de cas qui surprennent un occidental comme moi n'est alors plus du tout négligeable. Bien sûr ça dépend des quartiers, mais dans les coins les plus vivants (et où les filles peuvent faire plein de shopping) on en voit quand même presque une à chaque coin de rue (c'est-à-dire que dans la masse de gens qui traversent la rue à un grand carrefour quand le feu est vert, on en voit normalement au moins une).
Je n'ai quand même pas vraiment osé photographier toutes celles que je voyais. En fait je n'ai même finalement fait que très peu de photos et elles sont presques toutes floues ou de dos ou de loin, mal cadrées, etc. Voici quand même quelques exemples.
Ca c'est dans une station de métro (une grosse station puisque c'est à Shibuya). Celle de droite est ce qu'on appelle une sweet lolita (les lolita sont très répandues à Tokyo et elles se déclinent même en de nombreuses sous-tendances), celle de gauche est juste... ben... une fille habillée un peu comme une pouffe en rose avec une mini jupe qui laisse bien voir le haut de ses bas :

Le second exemple est carrément un groupe entier. C'est sur un pont près de la gare de Harajuku qui est très fréquenté par les groupes de jeunes qui s'habillent de manière "un peu extravagante" et où on en trouve très souvent (ils viennent juste passer l'après-midi là, pour se montrer dans leurs beaux vêtements). On a donc encore une sweet lolita (en rose) mais aussi des cas un peu différents, plus gothiques, presque comme on pourrait trouver chez nous, sauf quand même le type en blanc avec les épaulettes dorées... ça on pourrait pas en avoir chez nous (cette image est cliquable pour être vue en plus grand) :
Toujours sur le même pont (et au même moment qui n'avait rien de particulier, donc ce que j'y ai vu n'avait rien d'exceptionnel), j'ai croisé deux gothic lolita (qui sont des lolita mais en noir et blanc) :

Les yukatas (que j'aime tellement, surtout depuis la fête de l'autre jour) sont malheureusement très peu représentés (et souvent par les vieux...), même si on en voit quand même quelques uns comme celui-ci (alors là typiquement j'ai été complètement grillé en prenant la photo donc elle me jette un regard noir comme c'est pas permis, je suis passé pour un sale voyeur pervers et j'ai été obligé de m'éclipser rapidement juste après... mais j'ai quand même eu ma photo, même si elle est floue) :

En plus de ces tenues bien travaillées (on n'aime pas forcément les lolita en rose, mais on est quand même bien obligé d'admettre que c'est soigné comme costume), on croise aussi une floppée de filles habillées comme si elles allaient faire le trottoir. Elles ont des micro mini shorts ou jupes qui arrivent à peine au bas des fesses, des hauts super serrés avec un décolleté énorme (alors qu'en général il n'y a pas grand chose à y voir, soit dit en passant) et qui remonte jusqu'en bas des côtés...
Celles-là se promènent en général fièrement au bras d'un grand gaillard (donc, même si la moyenne de taille est plus basse que chez nous j'hésite quand même à prendre des photos parce que comme dirait l'autre "j'ai pas la force physique nécessaire en tant qu'adversaire au niveau de la violence", mais j'ai quand même tenté quelques photos pour illustrer mes propos (et que vous voyiez à quel point c'est élégant comme tenue) :

Des comme ça y'en a vraiment plein, et c'était pas du tout la pire (c'est juste une des seules que j'aie en photo, malgré le copain en santiags qui me regarde bizarrement à travers ses lunettes de soleil).
Ce qui n'arrange rien à leur allure générale, c'est qu'en plus elles ont des chaussures à talon mais qu'elles ne savent pas marcher avec. Attention, je ne dis pas que c'est facile, moi aussi j'aurais probablement l'air d'une grue boîteuse qui a trop bu avec, mais c'est la raison pour laquelle je n'en mets pas (euh... oui, c'est la seule raison, sinon j'en mettrais tous les jours :)). Sérieusement, chez nous, les filles qui décident de mettre des chaussures à talons elles savent le faire (du coup elles ont une démarche plutôt élégante qui va avec). Ici c'est un vrai massacre (en plus elles ne les attachent pas à l'arrière du pied donc ça claque plus que des claquettes et les chaussures glissent, le pied n'est plus droit donc elles marchent avec les pieds en dedans... c'est une horreur).
Je signale au passage qu'il y a un album photo intéressant sur le blog de Miss Kawaii (qui est venue poster quelques commentaires il y a quelques semaines) où l'on voit encore plus de styles de vêtements tokyoïtes chacun étant brièvement commenté (c'est là que j'ai appris les différents noms donnés à chaque style). J'ai croisé à un moment où un autre chacun de ces styles-là, donc oui, ça existe vraiment, et ce n'est pas exceptionellement rare.
(et j'ai pas photographié de sailor fuku (les écolières) parce que ça ça court carrément les rues si on se promène aux heures de sorties de cours, mais elles sont obligées de porter ça, donc ça ne compte pas)
13:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Harii Pottaa
Samedi matin (enfin, à 11h) j'ai de nouveau pris le train pour aller à Hiroshima. Mais cette fois-ci je n'y étais ni pour le tourisme ni pour les restaurants. J'avais un objectif très précis.
Si j'avais été en France, je me serais dirigé vers la FNAC la plus proche et l'affaire aurait été réglée
en quelques dizaines de minutes, mais là c'était un peu plus compliqué. Il fallait que je trouve une librairie assez grande pour que d'une part il y ait quelques livres en anglais, et d'autre part elle recoive les nouvelles sorties le jour même (ben, oui, puisque je cherchais quand même un livre qui n'était officiellement sorti que depuis une poignée d'heures (8h du matin au Japon), mais normalement assez important pour qu'il soit trouvable).
Le problème c'est que je n'avais pas vraiment préparé la chose donc que je ne savais pas trop où aller. J'avais quand même essayé sans succès le petit centre commercial à côté de l'université (avec un rayon de livres assez important et même des livres pour enfants en anglais, dont les 6 livres qui précèdent celui que je cherchais, mais pas encore l'objet de ma convoitise).
Une fois en ville, je me suis tout de suite dirigé vers le quartier commerçant de la ville. J'ai dû entrer dans 6 ou 7 centres commerciaux avant d'en trouver un correct. C'est quand même à chaque fois des bâtiments d'environ 8 étages assez spacieux, et j'ai été impressionné de découvrir que la plupart arrivent à remplir ces 8 étages de vêtements et cosmétiques uniquement ! (pas un seul rayon de livres, ou autre chose de ce genre).
Après plusieures heures de vadrouille, un certain temps à parcourir lesdits centres commerciaux (puisqu'une fois dedans il faut faire tous les étages pour être sûr, parce que je ne suis pas encore assez à l'aise avec les panneaux indiquant le thème de chaque étage quand c'est en japonais) et une pause déjeuner (vu que j'étais sur place c'était quand même idiot de ne pas aller dans un restaurant) j'en ai finalement trouvé un plus gros que les autres : c'est deux bâtiments de 8 étages. Du coup le premier bâtiment est toujours rempli de vêtements (sérieusement... comment on peut avoir autant de vêtements différents ???) mais le second peut donc contenir autre chose (dont un étage de livres/musique/vidéo).
Heureusement, cette fois-ci c'était la bonne. Il était là :

Il n'y avait pas beaucoup de livres en anglais dans le lot et il ne devait y avoir qu'une petite dizaine d'exemplaires d'Harry Potter dans les rayons (dans les FNAC en France on en a des étagères entières les jours suivant la sortie puisqu'ils le mettent tout de suite dans les présentoirs près de l'entrée).
Enfin, voilà. Du coup j'ai pu rentrer chez moi tout content et me mettre à la lecture. Forcément, ce week-end je n'ai donc pas beaucoup progressé en japonais (mais j'ai appris quelques nouveaux mots en anglais, comme quoi c'était pas une perte de temps :)).
Sans rien dire sur l'histoire, je l'ai trouvé bien mais pas exceptionnel. Pour ceux qui ont lu les précédents, je dirais qu'il est assez proche du 6e, mais malheureusement pas aussi bien que les 3 premiers... Enfin, c'est quand même une fin très correcte donc ça va.
Je sais, ça n'a rien à voir avec le Japon, et j'aurais très bien pu attendre de rentrer en France pour le lire... mais je ne pouvais quand même pas laisser mes soeurs connaître la fin de l'histoire avant moi ;)
07:27 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
vendredi, 20 juillet 2007
Quelques repas
Pour rassurer ma maman et lui montrer que je me nourris pas exclusivement de boulettes de riz (même si quand même j'en mange beaucoup), voici quelques repas un peu plus intéressants que j'ai eu le plaisir de manger (en fait je n'en ai pas beaucoup parce qu'en général je ne dégaine pas mon appareil photo avant de manger).
Le premier, c'est un okonomiyaki.

C'est une spécialité de la région d'Hiroshima. Je me souvenais en avoir mangé il y a cinq ans (et puis aussi de nouveau l'an dernier). Je n'arrivais pas vraiment à expliquer ce que c'était mais c'était très bon. A Lyon, il existe un restaurant qui fait des okonomiyaki aussi, j'y étais allé (avec Vincent et Anne je crois) c'était assez bon, mais j'avais trouvé que ça ne ressemblait pas vraiment à ce que j'avais mangé à Hiroshima.
Ce n'est que cette année que j'ai compris pourquoi. En fait "okonomi" signifie "ce qu'on aime" et "yaki" signifie "griller" (c'est le même que celui dans teppanyaki ou encore teriyaki). Donc en fait un okonomiyaki c'est simplement un plat dans lequel on met "n'importe quoi" et qu'on fait griller sur les grandes plaques chauffantes (un peu le steak tartare d'ici, sauf que bien sûr y'a pas de viande de boeuf dedans !).
Celui de la photo ne ressemble un peu à rien. C'est en partie parce que j'ai déjà commencé à le maltraiter donc il commence déjà à se démembrer, mais aussi parce que dès le départ ça ne ressemble pas à grand chose. Par contre c'est en général très bon (je dis en général parce que ça dépend assez fortement de ce qu'on met dedans)
En général il y a une "base" qui tient le tout qui peut être des pâtes (soba, udon ou autre) ou du riz et dans tout ça on met plein de petites choses, comme des légumes, des champignons, des crevettes, du calamar, etc. On rajoutte de la sauce par dessus et hop on mange.
Notez la spatule à côté des baguettes parce que c'est quand même trop sportif de manger avec les baguettes seules (les japonais aussi utilisent la spatule, c'est pas uniquement pour moi parce que j'étais ridicule). On s'en sert donc soit uniquement pour couper le tout, puis on mange avec les baguettes, soit carrément comme une sorte de grosse cuillère pour manger des gros morceaux (là j'ai utilisé les baguettes, mais il y avait des japonais qui utilisaient la spatule).
Celui là je l'ai mangé directement sur la plaque chauffante (c'est la table qui est comme ça, mais on peut aussi demander une assiette).
En voici un deuxième (pas au même endroit, en général un seul ça cale assez bien :)) :

On remarquera (même si on ne voit pas les détails sur une photo aussi réduite) que la base est différente (ici c'est un mélange de pâtes fines et de riz) et aussi bien sûr que les ingrédients annexes ne sont pas les mêmes non plus. Ce coup-ci je l'ai mangé dans une petite assiette en fonte (posée sur une sous-assiette en bois) et avec une cuillère (mais cette fois-ci toutes les pâtes étaient déjà coupées en petits bouts donc on n'avait plus besoin de la spatule pour couper).
A Tokyo j'ai aussi été dans un restaurant de soba. Ce sont des pâtes faites avec de la farine de sarrasin :

C'est aussi très bon (surtout que le restaurant en question est très réputé pour ça et qu'ils préparent leurs pâtes eux-mêmes). On prend les pâtes avec les baguettes et on les trempe dans la coupelle de sauce en bas à gauche. Ensuite on aspire le tout.
Normalement on est censé faire du bruit en aspirant (si, pour de vrai, ils m'ont d'ailleurs demandé de faire un effort parce que je ne faisais aucun bruit). Le problème c'est que moi je n'arrive pas à aspirer et à faire du bruit en même temps. Parce que précisément, si on fait du bruit, c'est qu'il y a de l'air qui entre dans la bouche. Or s'il y a de l'air qui passe, on perd tout l'effet de succion puisqu'il n'y a plus de vide dans la bouche... J'ai donc du feinter en alternant le bruit et l'aspiration des pâtes.
Je devrais m'entraîner parce qu'eux ils y arrivent bien en même temps, mais en France on n'a pas trop l'occasion de s'exercer à ça (disons qu'on évite en tout cas de le faire au restaurant, et même plus généralement dès qu'il y a quelqu'un d'autre dans le voisinage).
Quand j'étais à Mishima j'ai aussi été avec Aurelia et Yasu dans un restaurant pour manger de l'unagi (anguille). C'est assez répandu au Japon (jusqu'ici je n'en avais jamais pris mais on en voit souvent dans les restaurants) mais il paraît que celle de Mishima est très réputé. Ce coup-ci je n'avais pas mon appareil photo donc je n'ai pas de photo de mon assiette mais ça ressemble à ça :

(c'est-à-dire que c'est des anguilles enduites d'une sauce qu'on fait griller puis on les mange avec du riz)
C'est délicieux, mais il semblerait que les japonais aient des problèmes avec ça d'une part parce que les chinois font des sales anguilles pleines de produits toxiques à cause de leur élevage super méga intensif et d'autre part parce que les pays européens considèrent que l'anguille est une espèce menacée donc qu'il faut arrêter d'en manger. C'est bien dommage...
13:25 Publié dans Tabemono | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Le monstre d'Ueno
En plein Tokyo, il y a un grand parc. C'est le parc d'Ueno (上野公園) :

Je ne l'ai traversé qu'assez rapidement puisque je n'ai pas vu tous ce qu'il y a d'intéressant à y voir d'après la wikipedia mais j'ai vu le bord du parc et l'étang. Or justement ce qui m'a surpris en longeant l'étang couvert de lotus (en plus des lotus qui sont assez impressionnants) c'est de découvrir des petites affiches accrochées tous les 10 mètres le long de la barrière, mettant en garde le visiteur imprudent contre le terrifiant monstre du parc :
la TORTUE CROCODILE !

Là c'est la photo de l'affiche de mise en garde, mais vous trouverez la même image sur la wikipedia à l'article "alligator snapping turtle" (je vous épargne la page en japonais :))
Apparemment, d'après les affiches (et grâce à l'aimable traduction de Rie, parce qu'en fait le visiteur étranger qui ne parle pas japonais ne comprend rien au texte donc il n'est pas mis en garde, au contraire il voit une photo de tortue donc bêtement il va chercher la tortue et essayer de s'en approcher... c'est encore une stratégie anti-tourisme ça) la tortue a été introduite dans le parc par un mystérieux visiteur qui l'a abandonnée là il y a quelques années. Depuis elle s'est développée et maintenant elle pose problème puisque d'une part elle peut attaquer les passants et d'autre part je crois qu'elle n'est pas vraiment bonne pour le reste de l'éco-système.
La mise en garde signale que si l'on aperçoit la tortue il ne faut surtout pas s'en approcher et immédiatement aller chercher un gardien du parc qui eux suivent probablement un stage spécialisé de combat contre les tortues crocodiles (je me demande si les méthodes élémentaires du krav-maga sont efficaces contre ça... il faudrait regarder d'un peu plus près l'anatomie de la bestiole).
Cependant, en regardant l'article wikipedia, on apprend que la tortue crocodile est en fait moins agressive que la "common snapping turtle" donc ça n'a pas l'air si méchant (ils expliquent quand même que bien qu'elle soit finalement peu agressive elle est assez féroce quand elle mord et elle coupe facilement des doigts donc il ne faut pas la sous-estimer). Au passage aussi, la "common snapping turtle" est appelée "tortue hargneuse" en français... C'est fou comme on apprend à regarder les tortues d'un autre oeil (normalement une tortue ce n'est pas vraiment effrayant mais c'est sûr que tout de suite tortue hargneuse ou tortue crocodile ça fait plus d'effet).
Du coup pendant tout mon passage par le parc j'ai guetté les hautes herbes en bordure de l'eau pour essayer d'apercevoir la bête, mais je n'ai vu que des carpes, des grenouilles et des tortues bien banales (celles qui ne font pas peur, et qui se font manger par la tortue crocodile).
L'article wikipedia prétend d'ailleurs que Bowser (l'ennemi juré de Mario) est aussi une tortue crocodile (c'est vrai qu'il a les mêmes pointes sur la carapace) :

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jeudi, 19 juillet 2007
Des panneaux rigolos
J'ai eu l'occasion de voir des panneaux amusants pendant mon séjour à Tokyo... Voici les plus intéressants :
1. Dans le bus, le message dans les toilettes est encore mieux que ceux qu'on a à l'ENS (merci le google-translator)

(pour info, dans les toilettes de l'ENS on a un "tirer avec les deux mains SVP" sur l'essuie-main traduit par "to pull down with the two hands please")
2. Le deuxième est une grande affiche publicitaire dans le petit supermarché de la gare. J'avoue que je suis un peu perplexe. D'une part je ne comprends pas vraiment la phrase, mais en plus je me demande pourquoi elle est répétée deux fois (c'est peut-être le même type que celui qui a fait les pubs juvamine chez nous) :

3. Et enfin, le dernier me plait beaucoup mais c'est peut-être un peu parce que j'ai l'esprit tordu (enfin, normalement Vincent et Stéphane devraient aussi apprécier) :

C'est un panneau en plastique qu'on trouve dans les escalators (et on le trouve dans plusieurs centres commerciaux à Tokyo). Tel que je le comprends moi, il signifie : "ne vous penchez pas au dessus de la rampe, vous risquez de vous cogner contre le panneau". Du coup on se demande naturellement s'il était vraiment nécessaire de mettre le panneau...
C'est peut-être une sensibilisation au paradoxe du menteur pour la société de consommation.
(sachez aussi que la photo est prise un peu à l'arrache parce que déjà que j'ai repris l'escalator uniquement pour la prendre, je ne voulais pas trop attirer l'attention quand même)
PS : Ca me rappelle un web-comic avec une montagne russe et un panneau "ne pas lever les mains". Je croyais que c'était un Wulff-Morgenthaler mais après de longues recherches dans les archives je suis rentré bredouille. Est-ce que qqu'un voit de quoi je parle et saurait me le retrouver ? (je crois me souvenir que c'était Vincent qui me l'avait montré)
15:55 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Où se trouve l'église Notre Dame ?
Puisque ça m'a été explicitement demandé, aujourd'hui ce sera le cours de français...
En effet, c'était assez rigolo. Tout d'abord, une petite présentation du groupe. C'est un cours de français pour japonais dans lequel il n'y a que des petits vieux (mais je dis ça sans aucune connotation négative parce qu'ils étaient tous très sympathiques, c'est juste que... ben c'est des petits vieux :)). Au départ, c'était Aurelia qui donnait les cours (c'est comme ça qu'elle a connu la mère de Rie) mais quand elle est allé à Mishima elle a été remplaçé par le prof japonais-togolais. Du coup moi j'étais présenté comme "un ami d'Aurelia-sensei" ("sensei" étant la marque de respect qu'on met après les noms des professeurs) donc c'était la grande classe (j'étais un peu considéré comme un "sensei" moi aussi :))
Le jour où j'y suis allé ils n'étaient que 5 élèves, donc nous étions 7 au total. Mais ce qui m'a frappé c'est que même avec si peu de monde, et avec des élèves qui avaient tous la soixantaine, on retrouvait les stéréotypes usuels. Il y avait donc un Agnan genre "premier de la classe" qui passait le cours à demander si on ne pouvait pas aussi utiliser telle ou telle expression, ou encore si le verbe machin n'était pas irrégulier dans ce cas-là parce qu'il avait lu que dans certaines situations c'était comme-ci ou comme-çà (le genre d'élève qui devait apprendre la leçon avant le cours pour pouvoir faire le malin :)), le "mauvais élève" au fond de la classe qui ne dit rien pendant tout le cours et garde les yeux pas pour ne pas se faire remarquer en priant pour que le professeur ne l'interroge pas et aussi les "deux filles au premier rang" (dont la maman de Rie) qui prennent très sagement leurs notes, essaient de tout comprendre de ce que dit le professeur et sont agacées par les remarques d'Agnan qui fait le malin...

Cette fois-ci, la leçon du jour était "comment s'orienter dans la rue" avec l'exemple de discussion : "excusez-moi monsieur, où se trouve l'église Notre Dame ?"... Ben oui, au fond c'est quand même un cours de conversation française pour les japonais, alors autant leur apprendre quelque chose qui servira vraiment (le cours suivant était une conversation dans une agence de voyage).
Moi j'ai encore essayé de faire comme avec les cours de langue à la télé, c'est-à-dire apprendre des choses "à l'envers", mais encore une fois, les explications en japonais allaient un peu vite pour moi alors je n'ai pas tout compris. Enfin, j'avais constamment le nez plongé dans mon petit dictionnaire pour essayer moi aussi d'apprendre le vocabulaire, mais en japonais.
Le dialogue était assez simple mais utilisait bien plein de moyens de donner des instructions. Le prof s'est obstiné à leur faire dire "feux de signalisation" en disant que "feux rouges" ou "feux" c'était pas bien (en ce qui me concerne j'attends encore de voir un français m'indiquer un "feu de signalisation"). La dernière phrase était intéressante aussi. Après toutes les instructions où on prenait à droite, tout droit ou à gauche un certain nombre de fois, ça finissait par :
"L'église Notre Dame se trouve juste en face de l'enseigne lumineuse Mc Donald's."
Et là je me suis quand même demandé comment on pouvait dire ça... c'est-à-dire comment on pouvait imaginer qu'un type arriverait à atteindre une enseigne lumineuse en face de Notre Dame sans s'être rendu compte auparavant qu'il était déjà devant la cathédrale... Quoi qu'il en soit, l'exemple remplissait bien son rôle quand même (un peu dans le même style, dans les exemples qui ont suivi il y a eu "les 3e feux de signalisation se trouvent après la 2e rue à droite", et je me demande bien pourquoi quelqu'un chercherait "les 3e feux de signalisation" surtout s'ils sont cachés).

Après on a fait les exercices de prononciation donc on se met deux par deux et on rejoue le dialogue un grand nombre de fois (j'ai dû le répéter environ 10 fois). Au début je travaillais avec la maman de Rie mais après elle m'a "prêté" à sa voisine. Ce qui m'a fait un peu rire c'est que comme le prof est japonais-togolais, il prononce les "R" comme les japonais (enfin, quelque chose entre les japonais et les africains), mais c'est pas bien méchant quand même.
Ensuite on a fait quelques exercices (sur un plan il fallait expliquer comment aller d'un point à un autre) au cours desquels j'ai quand même appris qu'une avenue c'est une rue bordée d'arbres (j'avais aucune idée que les arbres y étaient pour quelque chose, pour moi une avenue ça avait toujours été... euh... une grande rue). Puis est venue la section de grammaire. Alors là j'ai été un peu surpris parce que d'un coup c'est devenu super avancé : c'était les verbes pronominaux dont le participe passé ne s'accorde pas, c'est-à-dire un point sur lequel quasiment tous les français que je connais (moi compris) se plantent.
J'ai donc appris que les verbes s'en vouloir, s'entre-nuire (oui... il y en a qui sont quand même bien poussés... je crois que je n'ai jamais de ma vie utilisé le verbe "s'entre-nuire"), se complaire, se nuire, se convenir, se déplaire, se plaire, se parler, se ressembler, se sourire, se succéder et enfin se survivre avaient un participe passé invariable. Pour chacun d'entre eux le prof a donné une rapide phrase (toujours la même "elles se sont...") pour illustrer la chose, avec quand même deux très jolis exemples de sa part :
"Elles se sont en voulu" et "Elles se sont survi" (mais comme il n'a fait que les dire à l'oral je me suis abstenu de faire un commentaire, en plus de toute façon je crois que les pauvres japonais avaient un peu de mal là-dessus, ce que je comprends bien).
Puis on est passés sur la construction du futur simple d'un verbe du 2e groupe (ce qui me semble beaucoup plus raisonnable que les verbes pronominaux dont le participe passé est invariable). Après avoir bien expliqué comment ça marchait pour le verbe "finir", le prof a décidé d'aborder le cas des verbes dont la racine est modifiée. En fait je crois qu'ils avaient vu au cours précédent les cas des verbes qui doublent une consonne à certaines personnes du présent de l'indicatif... et le prof a alors dit qu'au futur c'était pareil, on doublait la consonne pour les mêmes personnes. Il a alors écrit au tableau (en insistant bien dessus) :
je jetterai
tu jetteras
il jettera
nous jeterons
vous jeterez
ils jetteront
Alors là j'étais un peu embêté... En général, en bon plaqué que je suis, je ne fais pas de commentaires en cours quand je trouve une erreur (au besoin je note dans mon cours que j'ai un doute sur ce passage en particulier, quitte à passer un peu de temps plus tard pour vérifier). Mais là c'était un peu important quand même, parce qu'il était en train de leur expliquer très clairement qu'il ne fallait pas faire comme on voudrait le faire, mais que c'était plus compliqué et qu'il fallait bien faire attention... alors qu'en fait non, ça marche très bien au fond (bon, y'a quand même une double consonne qu'il faut mettre, mais une fois qu'on a construit la racine du futur c'est la même pour tout le monde). En plus là c'était un cours où je n'avais au fond rien à y faire, et dans un pays où la structure hiérarchique est quand même un peu rigide...
Après une certaine hésitation j'ai timidement essayé de faire comprendre au prof que j'avais comme un doute, et que j'étais quand même très surpris par ce qu'il annonçait. Là il m'a avoué que lui aussi il trouvait ça bizarre mais que son livre avait l'air de dire ça. En fait c'était un petit livre de grammaire dans lequel il y avait une section de conjugaison avec plein d'exemples, mais pour le verbe "jeter" il donnait tout le détail des personnes du présent de l'indicatif, mais au futur il ne donnait que "je" et "il". Donc le prof pensait que ça voulait dire qu'on faisait tout comme pour le présent...
Le problème c'est que ça a commencé à durer un peu trop comme conversation, donc les élèves s'y sont mêlés (enfin, principalement Agnan) et donc au bout d'un moment ils étaient tous dans leurs dictionnaires (électroniques pour la plupart) à chercher le détail de conjugaison du verbe "jeter". On a quand même fini par le trouver et du coup le prof a corrigé au tableau, mais j'étais un peu embêté.
Finalement, c'était l'heure de partir donc on en est resté là (de son côté Agnan était en train de dresser une liste des verbes pour lesquels le présent de l'indicatif est irrégulier et de demander pour chacun d'eux ce qui se passait au futur).
En rentrant la maman de Rie m'a demandé ce que j'avais pensé du cours parce qu'elle craignait que le nouveau prof soit moins bon qu'Aurelia-sensei. Bien que ce soit probablement le cas (mais principalement parce qu'Aurélia est sûrement un excellent professeur :)) je lui ai répondu qu'il n'y avait quand même pas de problème parce que même s'il fait des petites fautes de temps en temps (bon, en espérant qu'il ne fasse pas à chaque fois le coup du verbe "jeter" en gros au tableau) il parle quand même couramment un français très correct donc pour un cours de conversation c'est très bien.
Et puis il faut aussi avouer que comme le cours dure 2h30, moi je n'avais pas grand chose d'autre à faire que de relever toutes les fautes du prof (ce qui n'est pas très gentil, j'en conviens), donc ça a peut-être l'air grave là quand je le raconte mais en fait c'est pas bien méchant.
Je n'arrive juste pas à comprendre pourquoi il a absolument voulu leur faire la section sur les verbes pronominaux...
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