lundi, 23 juillet 2007

A la mode de Tokyo

On parle beaucoup du look assez particulier des japonaises. Dans le campus de l'université c'est assez sage. Quand on se promène dans une ville un peu plus grande comme Hiroshima, on croise principalement des gens habillés "normalement" (comprendre par là : comme en France) mais il arrive tout de même que l'on rencontre des tenues assez "excentriques" (comprendre par là : que personne ne pourrait porter en France sans que tout le monde la montre du doigt pendant toute la journée). Mais ça reste assez rare.

Heureusement, je suis allé à Tokyo...

Là c'est différent. Ne nous emballons pas trop quand même : la plupart des personnes (et en fait même des filles parce que c'est surtout elles qui sont concernées par la suite) sont encore habillées "normalement" mais le nombre de cas qui surprennent un occidental comme moi n'est alors plus du tout négligeable. Bien sûr ça dépend des quartiers, mais dans les coins les plus vivants (et où les filles peuvent faire plein de shopping) on en voit quand même presque une à chaque coin de rue (c'est-à-dire que dans la masse de gens qui traversent la rue à un grand carrefour quand le feu est vert, on en voit normalement au moins une).

Je n'ai quand même pas vraiment osé photographier toutes celles que je voyais. En fait je n'ai même finalement fait que très peu de photos et elles sont presques toutes floues ou de dos ou de loin, mal cadrées, etc. Voici quand même quelques exemples.

Ca c'est dans une station de métro (une grosse station puisque c'est à Shibuya). Celle de droite est ce qu'on appelle une sweet lolita (les lolita sont très répandues à Tokyo et elles se déclinent même en de nombreuses sous-tendances), celle de gauche est juste... ben... une fille habillée un peu comme une pouffe en rose avec une mini jupe qui laisse bien voir le haut de ses bas :

e63fb2422e32ee7eaef7e07acb511679.jpg

Le second exemple est carrément un groupe entier. C'est sur un pont près de la gare de Harajuku qui est très fréquenté par les groupes de jeunes qui s'habillent de manière "un peu extravagante" et où on en trouve très souvent (ils viennent juste passer l'après-midi là, pour se montrer dans leurs beaux vêtements). On a donc encore une sweet lolita (en rose) mais aussi des cas un peu différents, plus gothiques, presque comme on pourrait trouver chez nous, sauf quand même le type en blanc avec les épaulettes dorées... ça on pourrait pas en avoir chez nous (cette image est cliquable pour être vue en plus grand) :

a1f78ab10261cc73574dc79fed04a812.jpg

Toujours sur le même pont (et au même moment qui n'avait rien de particulier, donc ce que j'y ai vu n'avait rien d'exceptionnel), j'ai croisé deux gothic lolita (qui sont des lolita mais en noir et blanc) :

1fb49eb61fbb2b8b2bc3ee042e9e3b7a.jpg 3e5f6cc77de23753bc93a2d9762e2f6b.jpg

Les yukatas (que j'aime tellement, surtout depuis la fête de l'autre jour) sont malheureusement très peu représentés (et souvent par les vieux...), même si on en voit quand même quelques uns comme celui-ci (alors là typiquement j'ai été complètement grillé en prenant la photo donc elle me jette un regard noir comme c'est pas permis, je suis passé pour un sale voyeur pervers et j'ai été obligé de m'éclipser rapidement juste après... mais j'ai quand même eu ma photo, même si elle est floue) :

306b2364fadd76c9463a595681c28345.jpg

En plus de ces tenues bien travaillées (on n'aime pas forcément les lolita en rose, mais on est quand même bien obligé d'admettre que c'est soigné comme costume), on croise aussi une floppée de filles habillées comme si elles allaient faire le trottoir. Elles ont des micro mini shorts ou jupes qui arrivent à peine au bas des fesses, des hauts super serrés avec un décolleté énorme (alors qu'en général il n'y a pas grand chose à y voir, soit dit en passant) et qui remonte jusqu'en bas des côtés...

Celles-là se promènent en général fièrement au bras d'un grand gaillard (donc, même si la moyenne de taille est plus basse que chez nous j'hésite quand même à prendre des photos parce que comme dirait l'autre "j'ai pas la force physique nécessaire en tant qu'adversaire au niveau de la violence", mais j'ai quand même tenté quelques photos pour illustrer mes propos (et que vous voyiez à quel point c'est élégant comme tenue) :

86d732a319d7ed802f3126807d26ab0b.jpg

Des comme ça y'en a vraiment plein, et c'était pas du tout la pire (c'est juste une des seules que j'aie en photo, malgré le copain en santiags qui me regarde bizarrement à travers ses lunettes de soleil).

Ce qui n'arrange rien à leur allure générale, c'est qu'en plus elles ont des chaussures à talon mais qu'elles ne savent pas marcher avec. Attention, je ne dis pas que c'est facile, moi aussi j'aurais probablement l'air d'une grue boîteuse qui a trop bu avec, mais c'est la raison pour laquelle je n'en mets pas (euh... oui, c'est la seule raison, sinon j'en mettrais tous les jours :)). Sérieusement, chez nous, les filles qui décident de mettre des chaussures à talons elles savent le faire (du coup elles ont une démarche plutôt élégante qui va avec). Ici c'est un vrai massacre (en plus elles ne les attachent pas à l'arrière du pied donc ça claque plus que des claquettes et les chaussures glissent, le pied n'est plus droit donc elles marchent avec les pieds en dedans... c'est une horreur).

 

Je signale au passage qu'il y a un album photo intéressant sur le blog de Miss Kawaii (qui est venue poster quelques commentaires il y a quelques semaines) où l'on voit encore plus de styles de vêtements tokyoïtes chacun étant brièvement commenté (c'est là que j'ai appris les différents noms donnés à chaque style). J'ai croisé à un moment où un autre chacun de ces styles-là, donc oui, ça existe vraiment, et ce n'est pas exceptionellement rare.

(et j'ai pas photographié de sailor fuku (les écolières) parce que ça ça court carrément les rues si on se promène aux heures de sorties de cours, mais elles sont obligées de porter ça, donc ça ne compte pas)

lundi, 02 juillet 2007

Le démon du jeu (première partie)

Oui, je l'avoue, j'ai un peu perdu le rythme ces derniers jours. Déjà la note de samedi était plus symbolique qu'autre chose, mais en plus je promettais une note le lendemain qui n'a pas été écrite (pour ma défense, j'ai commencé à l'écrire hier, puis en cours de route j'ai abandonné donc elle n'a pas été postée).

Je souffre temporairement (j'espère que c'est temporaire !) d'une petite baisse de motivation : je n'ai plus envie d'écrire sur le blog, je ne fais pas beaucoup de science non plus (mais ça faut dire que depuis que je suis ici je ne me suis pas tué de ce point de vue-là) et je fais même un peu moins de leçons de japonais (mais j'avais commencé assez fort alors "moins" c'est quand même pas trop mal). Enfin, bon, rien de dramatique, hein ! Je continue à me promener pour découvrir le monde autour de moi, je mange toujours des trucs bizarres et intéressants à la fois et j'ai encore le moral. C'est juste que j'ai pas envie de faire ces choses-là.

Bref, il faut que je me remotive ! Cette semaine je me réactive, hop !

Pour commencer cette reprise d'activités, voici la note promise, qui concerne les  mystérieuses salles de jeux japonaises (en fait comme la plupart du temps ça s'étale sur plusieurs étages, parfois jusquà une dizaine, c'est plutôt carrément des édifices de jeux...).

Quand on se promène en centre ville (que ce soit à Hiroshima, à Osaka ou à Kyoto puisque pour l'instant c'est les trois grandes villes que j'ai vues) une chose qui surprend (j'avais commencé par écrire "ce qui surprend" mais en fait, comme on est au Japon, ce n'est pas vraiment la seule chose qui surprenne...) c'est le nombre de salles de jeux. Quand on est dans les rues commerçantes il y en a facilement tous les 100m.

Cela dit, c'est bien loin d'être comme nos pauvres salles d'arcades de chez nous avec 20 pauvres bornes de jeux qui sont fondamentalement toutes les mêmes (comprendre par là qu'elles ont toutes un écran de la même taille et puis les mêmes joysticks et boutons, en fait on se contente de changer le jeu qui est dedans). D'ailleurs finalement chez nous elles ont toutes fait faillite, tandis que chez eux elles marchent du feu de dieu. Typiquement, de dehors ça ressemble à ça

625fb878ddc64691c8ef2974905f8977.jpg

(Notez au passage que, bien qu'ayant abandonné la course des consoles, SEGA se porte très bien a Japon puisque la majorité des salles ainsi qu'un nombre non négligeable de jeux sont SEGA)

Comme je le disais donc, elles sont en général sur plusieurs étages (je rentre pas dans les petites, moi je fais que les vrais trucs... et y'en a déjà bien assez comme ça), et les étages sont grossièrement par thème de jeu. Ainsi, sur la photo précédente on peut voir en tout petit au milieu le plan qui indique qu'il y a 6 étages, et pour chacun ce qu'on y trouve (un peu comme les galeries Lafayette chez nous en fait). Voici les différentes catégories que j'ai eu l'occasion de voir (j'ai pas joué à tout, comme vous le comprendrez bien vite). L'étage tout en haut en rose, c'est pour les filles :) (si ! pour de vrai, comme on va le voir par la suite). Voyons maintenant le genre de jeux qu'on peut y trouver, par ordre croissant de complexité technologique :

1. En premier, il y a les "machines à prix". Entrent dans cette catégorie toutes les machines qu'on voit dans nos foires dans lequelles on voit plein d'objets (sans intérêt en fait) derrière la vitre et où on met une pièce pour essayer d'avoir un joujou (souvenez-vous des petits martiens verts de Toy Story). Moi j'ai toujours trouvé ça complètement nul comme jeu. Pourtant c'est vrai qu'on continue à en voir dans toutes les foires. Ici, on pourrait croire que c'est nul... et pourtant ça remporte un certain succès (surprenant quand on pense que pour le même prix on peut jouer à des trucs complètement fous technologiquement). Il y en a dans toutes les salles que j'ai vues, en général au rez-de chaussée.

2. La deuxième catégorie peut également sembler peu intéressante. Il s'agit de la catégorie des machines à sous et assimilés. Toutefois, si je disais qu'il ne fallait pas négliger les "machines à prix" qui avaient un certain succès, c'est une litote de dire la même chose pour cette catégorie. Soyons clairs : c'est DE LOIN ce qui marche le mieux !

Mais alors, me direz-vous, qu'est-ce qu'elles ont de si magnifiques ces machines au Japon ? Ben... si vous voulez mon avis, pas grand chose. Bon, comme on est au Japon, si il y a un peu de technologie dans le truc. En plus des 3 roues qui tournent, il y a des écrans LCD qui affichent des animations (parfois des vrais trucs en 3D très jolis)... Oui, mais ça ne change rien au jeu ! En fait les écrans (et les lumières, et tous les gadgets articulés autour, parce qu'il y en a plein) ne servent à rien, ils ne font que réagir au jeu (donc si vous gagnez, y'aura une super animations, et si vous perdez, ben non...).

Du coup tout ce qu'on fait, c'est mettre des pièces et activer les roues (c'est fait par un bouton parce que le bras mécanique c'est trop fatiguant). Les roues tournent et on remet des pièces et on recommence. Dit comme ça, ça n'a vraiment pas l'air intéressant, et on se dit qu'on pourrait très bien automatiser le truc. Eh bien, ils l'ont fait !

En fait en haut de la machine il y a un gros récipient dans lequel on peut mettre plein de pièces à la fois (un entonnoir à pièces). Comme ça, déjà on n'a pas besoin de mettre les pièces à la main. Ensuite, il y a un bouton qui fait "max bet" (parce qu'à chaque partie on peut jouer une, deux ou 3 pièces, mais en pratique on joue toujours 3, pour avoir une chance d'avoir un meilleur gain d'un seul coup). Et juste à côté du bouton "max bet" il y a le bouton "action" qui fait tourner les roues...

Du coup quand on les regarde jouer ils sont plantés-là comme des zombis et ils appuient sur les deux boutons alternativement sans rien faire d'autre. Alors bien sûr y'en a qui savent que c'est profondément inintéressant, donc ils y vont à deux et ils discutent tout en continuant à appuyer sur les boutons sans regarder ce qui se passe. De temps en temps il faut remettre des pièces dans le récipient du haut, et vider le récipient du bas (parce que les pièces elles tombent dans un petit bac bien fait pour où on les laisse s'entasser.

Et comme en fait on gagne assez souvent des pièce, ça dure un temps fou ! Ce qu'ils aiment en fait c'est avoir PLEIN de pièces. Typiquement, pour 10000 yen (ouais, ça fait quand même déjà dans les 60 euros) on a droit à un bac de 1000 pièces. Mais y'en a qui ont une dizaine de bacs ! Et ça, ça leur plait vraiment beaucoup. J'ai même vu des bâtiments où il n'y avait que ça sur 7 étages (tous pareil, à chaque étages des rangées entières de machines à sous et des types assis devant qui ne faisaient qu'appuyer sur les boutons, et de temps en temps transférer des pièces du bac d'en-dessous au bac d'au-dessus...).

Cela dit, ça marche tellement bien ça, qu'il y a quand même aussi des variantes (mais le coup des 7 étages c'était tout basique comme ça). A partir de cette idée d'avoir des montagnes de pièces, ils ont fait des inventions plus ou moins intéressantes. On a par exemple les machines où on contrôle un petit bras articulé qui permet de viser où la pièce qu'on met va rouler et dans quelle case elle va tomber. En fonction de ça, on a un écran où il se passe des choses et il faut viser les bonnes cases avec les pièces pour avancer dans le jeu (typiquement un chevalier qui se promène dans la forêt et y'a des monstres qui apparaissent ou des coffres qui passent et il faut les viser avec des pièces). Bien que le jeu soit un peu plus complexe (là il faut regarder ce qu'on fait, un minimum du moins) le principe est le même : on démarre avec plein de pièces et on va les perdre très lentement (parce qu'on en regagne très souvent) donc ça va durer un temps fou pendant lequel on va manipuler des poignées entières de pièces (le rêve de Don Salluste !).

Notons enfin que dans cette catégorie de machines où on ne fait presque rien mais où il se passe plein de choses (bruit, lumières, animations explosives à l'écran, etc.) il y a aussi les "pachinko". C'est un truc qui n'existe vraiment que chez eux mais qu'ils adorent aussi (c'est pareil, vous allez voir). Cette fois-ci on a plutôt des petites billes (qu'on achète aussi par bacs de plusieurs centaines) qu'on met dans la machine et elle passe dans un mécanisme super complexe qui rappelle un peu nos flippers (ici encore ça déclenche plein de réactions variées, ça rebondit dans tous les sens et c'est totalement cahotique) et en fonction de ce que font les billes, on en gagne plus ou moins d'autres, donc on recommence à jouer (là aussi, il n'est pas rare de voir des types avec une dizaine de bacs entassés derrière eux).

  

Voilà, je crois qe je vais en rester là pour aujourd'hui. Bien sûr là ça ne couvre qu'une fraction assez maigre de ce qu'ils ont dans les salles de jeux (oui, rassurez-vous ils ont aussi des jeux super avancés à côté desquels la PS3 fait pitié), mais étrangement, bien que l'on n'ait même pas encore parlé de jeux vidéos à proprement parler, ce sont ces machines-là qui ont le plus de succès (et ça fait un peu peur en fait quand on passe dans les rangées et qu'on les voit tous jouer comme ça sans un seul neurone actif...). D'ailleurs ça ça attire absolument tout le monde : les filles, les vieux, les couples, toutes les catégories sont représentées (alors que c'est vrai que devant les bornes de Virtua Fighter, le public est assez restreint).

jeudi, 21 juin 2007

Je m'appelle Tanaka et j'ai deux lapins...

Aujourd'hui, comme tous les mercredis et les jeudis à 8h45, les élèves de Morita (5 undergraduates (c'est quoi en français ?), 14 étudiants en master et un doctorant) avaient un séminaire.  J'y étais bien sûr cordialement invité, d'autant plus que ça donnait l'occasion de me présenter aux élèves et réciproquement.

Comme l'exposé de l'élève était en japonais je n'ai rien compris à ce qu'il racontait, mais comme les transparents étaient en anglais, que le sujet n'était pas très compliqué (des grammaires en deux dimensions pour produire des images, je me souviens d'un groupe de travail de Bertrand Nouvel sur un sujet assez proche) et que ça ne rentrait pas vraiment dans les détails (principalement des définitions et des exemples pour illustrer, avec quand même un résultat à la fin, sans exposer d'explications, mais ça n'avait pas l'air excessivement difficile) ça n'était pas désagréable à suivre.

J'avais un peu l'impression d'être la bête rare pendant tout l'exposé d'autant qu'étant arrivé après les élèves (mais avant le début de l'exposé quand même, c'est qu'ils arrivent en avance ces élèves !) je n'ai pas pu me cacher au fond comme ça m'aurait arrangé, donc j'ai opté pour un premier rang bien en évidence.

Je suis assez content parce qu'il y a eu un transparent comme je l'attendais :

6515534e734360810086c430405f1f55.jpg

C'est le nom du lemme qui me plaît particulièrement... Pour information, en japonais il n'y aucun des deux sons "L" ni "R", mais un truc intermédiaire entre les deux (une sorte de "R" super-roulé). Du coup ils ne font pas vraiment la différence entre ces deux sons quand ils parlent une langue étrangère et la confusion est fréquente (cf. Lost in Translation par exemple). Il faut quand même admettre que c'est moins marrant qu'il y a 5 ans, où on avait eu tout un exposé avec, après chaque résultat, un très joli "ploof", mais bon, on se contentera d'un "remma" pour cette fois-ci.
(au passage, ça devrait être "parsability" et non pas "persability", mais ça c'est juste parce qu'il ne connaissait pas le mot, et je signale aussi que j'ai photographié la version imprimée de ses transparents après-coup, je n'ai pas ouvertement sorti mon appareil photo en me marrant à voix haute pendant l'exposé...)

Quoi qu'il en soit, à la fin de l'exposé, il y a eu les présentations. Moi d'abord (deux fois puisque Morita a commencé par me présenter, puis il m'a dit de me présenter moi-même, ce qui n'aide pas puisqu'il en avait déjà dit beaucoup...) puis tous les élèves, un par un (bien sûr imposé en anglais donc c'était des fois assez acrobatique, ou tout simplement court : "hello my name is [...], I don't speak well english so I will stop now.").

Par contre ce que j'avais oublié (depuis la dernière fois que j'étais venu, et donc que je n'ai pas fait en me présentant...) c'est qu'il faut donner un hobby quand on se présente ! Une présentation typique (un peu plus classique que celle du type qui ne parlait pas anglais) est donc : "Nice to meet you, I am [...] and my hobby is tennis." (c'est tout... mais là il s'est "bien" présenté).

Les hobbies sont assez variables. Cette année il n'y avais pas tellement de diversité (vu le nombre de tennis, baseball et étonnamment de basketball, je les soupçonne à partir d'un certain moment de s'être contentés de copier sur un de ceux qui avait déjà parlé). Une des filles a quand même dit que son hobby c'était de voyager, qu'elle voulait aller en Europe et qu'il fallait que je lui montre tout sur mon pays ^.^, et un autre que son hobby c'était de surfer sur internet (lui il serait bien dans notre bureau de thésards de l'ENS). Il y a 5 ans, on avait eu un gars dont le hobby était de fumer et boire de l'alcool (je sais pas ce qu'il est devenu depuis), un qui n'avait pas de hobbies (mais qui l'avouait sans honte) et un qui aimait juste dormir...

 

Cependant, toujours il y a 5 ans, on avait quand même découvert, dans des circonstances assez surprenantes, que cette façon de se présenter par un hobby n'est pas réservée aux élèves. En effet un jour alors qu'on était occupés à ne rien faire de particulier dans notre bureau (à l'époque on était 3 élèves de l'ENS à être partis en stage ensemble à Hiroshima) un type est entré et nous a demandé s'il pouvait nous parler. Comme on n'avait rien de mieux à faire, et qu'on n'aurait pas su lui dire non de toute façon on a accepté. Le type a dit que c'était un "businessman" et qu'il était très content de faire notre connaissance. Il y a ensuite eu un loooooong silence où personne ne savait quoi dire (honnêtement, qu'est-ce que vous voulez répondre à ça ?), puis il s'est levé, nous a très cordialement remerciés, et est parti en nous laissant sa carte de visite.

Inutile de dire qu'on était légèrement surpris, mais bon, on ne s'est pas laissés abattre, et on a repris nos activités normales comme si de rien n'était (c'est-à-dire en fait qu'on a relancé les émulateurs SNES et qu'on est retournés surfer sur gamefaqs, à l'époque). Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! Deux jours plus tard, on reçoit tous les trois le même e-mail... Je ne l'ai plus sous la main, mais ça ressemblait à quelque chose de ce genre (promis, je n'exagère pas, c'était vraiment comme ça) :

>>>
Chers [nous trois],

Je suis très contents d'avoir fait votre connaissance l'autre jour, je m'appelle [son nom, que j'ai oublié depuis].

J'ai deux lapins. Le premier s'appelle [...] ce qui veut dire lapin blanc, parce qu'il est tout blanc. Le second s'appelle [...] qui veut dire sombre parce qu'il est noir. Le second est beaucoup plus vieux [etc., et ça continuait sur un vrai paragraphe complet sur la vie des lapins, pourquoi il ne faut pas les laisser manger la même chose, la première fois que l'un d'entre eux a mangé le tapis, etc. c'était complètement fou...]

Je suis un businessman à Mihara, et je voudrais savoir si vous voudriez passer quelques jours chez moi pour que je puisse vous montrer la ville. Ma femme fait très bien la cuisine et elle sera ravie de vous préparer des repas typiques japonais.

Très cordialement,

[même nom qu'au début que j'ai toujours oublié]
>>> 

En gros, toujours ce même bonhomme sur qui on ne savait rien du tout (on s'est assez vite douté que c'était le même...) nous invitait ce coup-ci à passer plusieurs jours chez lui, et pour ce faire il passait plus de la moitié du mail à nous parler de ses lapins !

D'abord on a bien rigolé, et puis on s'est un peu dit que ce type était fou. Mais par la suite, on a appris que c'était un ancien chercheur du labo qui était parti dans le privé, mais qui était très ami avec un professeur que l'on connaissait bien (depuis qu'on était au Japon du moins) et qu'il nous proposait donc très sérieusement et très gentiment de nous faire effectivement visiter la ville où il habitait. Le mail était tourné "à la japonaise", c'est-à-dire que ces gens qui ont plein de bon sens (!) savent très bien qu'on ne va pas aller passer 3 jours chez un type qu'on connaît à peine (ce serait bien ridicule), donc ils se présentent en donnant vraiment un trait de leur personnalité (le fameux hobby, qui peut n'être que superficiel, je suis sûr qu'il y en a dont le tennis est le hobby et qui n'y jouent pas plus que moi au ping-pong, mais qui est quand même "personnel") et comme ça on les connaît personnellement et donc bien mieux...

En guise d'épilogue, sachez qu'on a fini par aller chez ce monsieur, qu'il a été charmant, nous a effectivement préparé des repas typiquement japonais et nous a emmenés toute une journée visiter la ville. On a bien évidemment vu les deux lapins quand on était chez lui (mais on n'a pas osé lui demander si il savait cuisiner le lapin).
Comme quoi, la première impression n'est pas toujours la bonne (surtout pas ici !).