lundi, 30 juillet 2007

Les verres solitaires

(c'est pas très classe comme titre mais c'est tout ce que j'ai trouvé)

Il nous est arrivé un truc amusant jeudi. Alors qu'on se promenait dans le centre-ville (qui était un peu plus réveillé que la veille) et qu'on en avait marre de chercher une salle de jeux d'arcades parce que toutes celles qu'on trouvait ne contenaient que des pachinko et des machines à sous (à Kobe c'est l'enfer, il n'y a presque que ça, quasiment pas de "vrais" jeux), on a décidé de chercher un café où se poser tranquillement.

On est alors passés devant le café parfait : il y avait du monde mais pas trop (donc encore des places libres) et c'était rempli en grande majorité par des filles, quasiment toutes jolies (le café comme on n'en voit que dans les séries !). Du coup, forcément, on est rentrés et on s'est assis.

A la table d'à côté une très charmante demoiselle (seule !!!) mais le problème ici c'est que si on ne parle pas japonais, comme eux ils ne parlent pas anglais, c'est pas très pratique.  Deux tables plus loin deux autres filles (toujours pas de garçons d'ailleurs), bon elles elles avaient l'air un peu plus vulgaires et petites miss (y'en a quand même beaucoup) vu qu'elles ont passé leur temps à se maquiller, tapoter leur téléphone et piailler en ricanant. Mais quand même assez jolies (ben oui, puisqu'il n'y avait presque que ça).

Toutefois, malgré tout cet entourage exceptionnellement intéressant, il y avait un détail plus intriguant que le reste (qui finalement a beaucoup plus attiré notre attention). A deux tables de nous (donc entre la fille seule et les deux greluches), il y avait une table inoccupée sur laquelle étaient posés deux verres pleins, intacts (dans le premier il y avait déjà une paille, mais la totalité de la boisson).

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Pendant qu'on buvait nos boissons et préparait la suite de notre visite de la ville, on a gardé un oeil sur ces deux verres, en attendant que leurs propriétaires reviennent les chercher... Mais une heure plus tard (ou presque, je ne sais pas exactement combien de temps on est restés) ils étaient toujours abandonnés...

Alors l'idée a progressivement germé dans nos esprits. Plus parce que c'était un truc idiot à faire que parce qu'on avait envie de boire (d'ailleurs on ne savait pas ce qu'il y avait dans les verres, et on pouvait recommander quelque chose si on avait voulu). On a donc commencé, d'abord en plaisantant, à se motiver pour aller s'asseoir à la table comme si de rien n'était, comme si ces verres étaient les notres depuis le début.

Finalement, on a pris une grande inspiration, on s'est levés, allés chercher un verre d'eau à côté (pour ne pas aller directement de notre table à l'autre). Je dois avouer que ça a été assez difficile parce que quand on s'est levés on était complètement morts de rire, et qu'il ne fallait pas exploser de rire en arrivant. Finalement après une dernière hésitation j'ai regardé Thomas et je lui ai dit qu'on y allait, mais du coup on ne pouvait pas abandonner en cours de route et on s'est dirigés le plus simplement et naturellement du monde vers la table.

Là il s'est passé un truc assez marrant. Quand on s'est assis, les deux pipelettes (qui n'étaient toujours pas parties depuis qu'on était arrivés) se sont complètement tues pendant plusieurs secondes. Elles n'ont pas vraiment directement regardé dans notre direction, mais quand même elles ont complètement bloqué. Nous on était sur le point d'exploser de rire (giggle loop, anyone?) et en même temps on était persuadés que tout le monde avait les yeux fixés sur nous...

On a dit quelques trucs sans intérêt pour faire comme si tout était normal (de toute façon personne ne comprenait ce qu'on disait) et on a attendu un peu. Après quelques dizaines de secondes qui ont paru une éternité (pendant lesquelles ont avait bien du mal à avoir l'air totalement naturels) les deux filles d'à côté se sont remises à parler... Du coup on s'est décontractés un peu mais quand même on était encore un peu angoissés à l'idée que les vrais propriétaires des verres reviennent.

On regardait tout le monde avec appréhension... Comme si chacun nous reprochait de lui avoir volé ses verres. A près quelques instants, deux autres filles (au passage : toujours pas de garçons !) sont arrivées à la table d'à côté. Là Thomas m'a regardé terrifié en disant que c'était forcément leurs verres et qu'elles étaient hyper gênées... Mais elles n'ont pas eu l'air de se plaindre. Quand un type est passé près de nous (oui, un garcçon ce coup-ci, quand même) on a vraiment cru qu'il regardait notre table et là on a décidé qu'on ne pouvait pas rester là (c'était trop dur pour les nerfs) donc on a abandonné la table (quand même un peu morts de rire toujours)...

 

L'histoire aurait dû en rester là. On s'était déjà bien marrés. Donc on est repartis se promener en ville...

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Je profite de cette pause dans le récit pour mettre cette photo que je ne placerai jamais ailleurs, et en plus ça permet de faire un peu passer la narration si c'est entrecoupé de photos. C'est une statue à Kobe (pas loin du café en question). La classe...
D'ailleurs en fait Kobe est parsémée de statues de femmes nues (ou comme ici de "morceaux de femmes nues") dans des poses plus ou moins suggestives. C'est assez étrange...
[fin de la parenthèse où l'on montre gratuitement des fesses]

 

Quoi qu'il en soit, plusieurs heures plus tard (facilement 3 heures après être sortis) on est repassés devant ce café au hasard de nos vagabondages (les théoriciens nous diront que puisqu'on se déplaçait dans le plan, c'était sûr qu'on repasserait au bout d'un temps fini :)). Et là, en bon scientifiques curieux que nous sommes, nous avons voulu savoir ce qu'étaient devenus les fameux verres.

Ils étaient toujours là !!!

Alors là on s'est regardés et on a décidé qu'il fallait vraiment refaire le coup. Ce coup-ci c'était parfait ! Plus personne dans le café ne savait qu'on était déjà passés à une autre table plus tôt (oui, les pipelettes avaient fini par partir), les propriétaires des verres avaient forcément disparu définitivement (ou alors ils étaient enfermés dans les toilettes, je sais pas, mais ils ne reviendraient pas) et les gens dans le café (à l'exception possible des serveurs) n'avaient jamais vu qui avait commandé les verres.

C'était tellement énorme qu'on était obligés de le faire. On a encore pris une grande inspiration et on est rentrés. On n'a rien commandé en entrant, mais on avançait d'un pas tellement décidé que personne ne nous a posé de question (genre, ne vous occupez pas de nous, on va rejoindre des amis), on est allés directement à la table, on s'est assis, s'est répartis les verres et commencé à discuter.

Etonnamment ça s'est passé de manière beaucoup plus fluide que la deuxième fois. On ne se marrait même pas. On était juste très fiers de la manoeuvre et de la perfection de la situation. Les personnes autour n'ont pas trop bronché. On a un peu pensé à tous ceux qui surveillaient (comme nous plusieurs heures auparavant) les verres en se demandant où étaient les propriétaires qui ont dû se dire "ah, ben non, en fait ils n'étaient pas abandonnés, mais quand même ils ont pris leur temps".

Bien sûr les glaçons étaient complètement fondus (alors que la première fois qu'on s'était assis à la table il y avait encore des assez gros glaçons dans les verres) et les boissons n'étaient pas exceptionnelles (j'ai eu le jus de fruit à base de banane, Thomas a eu un café dans un grand verre...). Heureusement que c'était au Japon parce qu'il y a des pays où je n'aurais pas osé boire dans un verre abandonné, mais là d'une part je me suis dit que c'était pas trop risqué, et puis quand même, ça faisait 4 heures que ce verre nous faisait de l'oeil, alors je ne pouvais plus l'éviter !

Il est possible aussi que les serveurs qui passaient nous aient maudits puisque ça devait faire 4 heures qu'ils se demandaient s'il fallait ou non ramasser les verres (mais normalement dans ce café il faut rapporter son plateau en partant, et comme on est au Japon, personne n'oublie de le faire, donc les verres sur les tables ne sont jamais ramassés automatiquement).

Finalement, on a fini tranquillement notre pause, on a profité encore une fois de l'agréable cadre (il y avait un peu moins de monde, donc un peu moins de jolies demoiselles que la fois précédente, mais quand même), puis on est repartis très fiers de la manoeuvre...

 

En ressortant on a quand même apporté les verres pour qu'ils puissent être débarrassés, et on a ainsi libéré la table de sa malédiction. J'ai aussi réalisé le soir que j'avais oublié un paquet de chips sous la table (c'est aussi une longue histoire, c'est des chips aux petits pois comme celles dont j'avais déjà parlé il y a un certain temps)... Je me demande s'il y est encore... On aurait peut-être pu revenir le lendemain, s'asseoir à notre première table et manger nos chips ! Damn, une belle occasion de manquée...

lundi, 23 juillet 2007

Harii Pottaa

Samedi matin (enfin, à 11h) j'ai de nouveau pris le train pour aller à Hiroshima. Mais cette fois-ci je n'y étais ni pour le tourisme ni pour les restaurants. J'avais un objectif très précis.

Si j'avais été en France, je me serais dirigé vers la FNAC la plus proche et l'affaire aurait été réglée 87e515460b51ee7f630a5bc50429ae6a.jpg en quelques dizaines de minutes, mais là c'était un peu plus compliqué. Il fallait que je trouve une librairie assez grande pour que d'une part il y ait quelques livres en anglais, et d'autre part elle recoive les nouvelles sorties le jour même (ben, oui, puisque je cherchais quand même un livre qui n'était officiellement sorti que depuis une poignée d'heures (8h du matin au Japon), mais normalement assez important pour qu'il soit trouvable).

Le problème c'est que je n'avais pas vraiment préparé la chose donc que je ne savais pas trop où aller. J'avais quand même essayé sans succès le petit centre commercial à côté de l'université (avec un rayon de livres assez important et même des livres pour enfants en anglais, dont les 6 livres qui précèdent celui que je cherchais, mais pas encore l'objet de ma convoitise).

Une fois en ville, je me suis tout de suite dirigé vers le quartier commerçant de la ville. J'ai dû entrer dans 6 ou 7 centres commerciaux avant d'en trouver un correct. C'est quand même à chaque fois des bâtiments d'environ 8 étages assez spacieux, et j'ai été impressionné de découvrir que la plupart arrivent à remplir ces 8 étages de vêtements et cosmétiques uniquement ! (pas un seul rayon de livres, ou autre chose de ce genre).

Après plusieures heures de vadrouille, un certain temps à parcourir lesdits centres commerciaux (puisqu'une fois dedans il faut faire  tous les étages pour être sûr, parce que je ne suis pas encore assez à l'aise avec les panneaux indiquant le thème de chaque étage quand c'est en japonais) et une pause déjeuner (vu que j'étais sur place c'était quand même idiot de ne pas aller dans un restaurant) j'en ai finalement trouvé un plus gros que les autres : c'est deux bâtiments de 8 étages. Du coup le premier bâtiment est toujours rempli de vêtements (sérieusement... comment on peut avoir autant de vêtements différents ???) mais le second peut donc contenir autre chose (dont un étage de livres/musique/vidéo).

Heureusement, cette fois-ci c'était la bonne. Il était là : 

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Il n'y avait pas beaucoup de livres en anglais dans le lot et il ne devait y avoir qu'une petite dizaine d'exemplaires d'Harry Potter dans les rayons (dans les FNAC en France on en a des étagères entières les jours suivant la sortie puisqu'ils le mettent tout de suite dans les présentoirs près de l'entrée).

Enfin, voilà. Du coup j'ai pu rentrer chez moi tout content et me mettre à la lecture. Forcément, ce week-end je n'ai donc pas beaucoup progressé en japonais (mais j'ai appris quelques nouveaux mots en anglais, comme quoi c'était pas une perte de temps :)).

Sans rien dire sur l'histoire, je l'ai trouvé bien mais pas exceptionnel. Pour ceux qui ont lu les précédents, je dirais qu'il est assez proche du 6e, mais malheureusement pas aussi bien que les 3 premiers... Enfin, c'est quand même une fin très correcte donc ça va.

 

Je sais, ça n'a rien à voir avec le Japon, et j'aurais très bien pu attendre de rentrer en France pour le lire... mais je ne pouvais quand même pas laisser mes soeurs connaître la fin de l'histoire avant moi ;)

jeudi, 19 juillet 2007

Des panneaux rigolos

J'ai eu l'occasion de voir des panneaux amusants pendant mon séjour à Tokyo... Voici les plus intéressants :

1. Dans le bus, le message dans les toilettes est encore mieux que ceux qu'on a à l'ENS (merci le google-translator)

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(pour info, dans les toilettes de l'ENS on a un "tirer avec les deux mains SVP" sur l'essuie-main traduit par "to pull down with the two hands please")

2. Le deuxième est une grande affiche publicitaire dans le petit supermarché de la gare. J'avoue que je suis un peu perplexe. D'une part je ne comprends pas vraiment la phrase, mais en plus je me demande pourquoi elle est répétée deux fois (c'est peut-être le même type que celui qui a fait les pubs juvamine chez nous) :

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3. Et enfin, le dernier me plait beaucoup mais c'est peut-être un peu parce que j'ai l'esprit tordu (enfin, normalement Vincent et Stéphane devraient aussi apprécier) :

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C'est un panneau en plastique qu'on trouve dans les escalators (et on le trouve dans plusieurs centres commerciaux à Tokyo). Tel que je le comprends moi, il signifie : "ne vous penchez pas au dessus de la rampe, vous risquez de vous cogner contre le panneau". Du coup on se demande naturellement s'il était vraiment nécessaire de mettre le panneau...

C'est peut-être une sensibilisation au paradoxe du menteur pour la société de consommation.

(sachez aussi que la photo est prise un peu à l'arrache parce que déjà que j'ai repris l'escalator uniquement pour la prendre, je ne voulais pas trop attirer l'attention quand même) 

PS : Ca me rappelle un web-comic avec une montagne russe et un panneau "ne pas lever les mains". Je croyais que c'était un Wulff-Morgenthaler mais après de longues recherches dans les archives je suis rentré bredouille. Est-ce que qqu'un voit de quoi je parle et saurait me le retrouver ? (je crois me souvenir que c'était Vincent qui me l'avait montré)

Où se trouve l'église Notre Dame ?

Puisque ça m'a été explicitement demandé, aujourd'hui ce sera le cours de français...

En effet, c'était assez rigolo. Tout d'abord, une petite présentation du groupe. C'est un cours de français pour japonais dans lequel il n'y a que des petits vieux (mais je dis ça sans aucune connotation négative parce qu'ils étaient tous très sympathiques, c'est juste que... ben c'est des petits vieux :)). Au départ, c'était Aurelia qui donnait les cours (c'est comme ça qu'elle a connu la mère de Rie) mais quand elle est allé à Mishima elle a été remplaçé par le prof japonais-togolais. Du coup moi j'étais présenté comme "un ami d'Aurelia-sensei" ("sensei" étant la marque de respect qu'on met après les noms des professeurs) donc c'était la grande classe (j'étais un peu considéré comme un "sensei" moi aussi :))

Le jour où j'y suis allé ils n'étaient que 5 élèves, donc nous étions 7 au total. Mais ce qui m'a frappé c'est que même avec si peu de monde, et avec des élèves qui avaient tous la soixantaine, on retrouvait les stéréotypes usuels. Il y avait donc un Agnan genre "premier de la classe" qui passait le cours à demander si on ne pouvait pas aussi utiliser telle ou telle expression, ou encore si le verbe machin n'était pas irrégulier dans ce cas-là parce qu'il avait lu que dans certaines situations c'était comme-ci ou comme-çà (le genre d'élève qui devait apprendre la leçon avant le cours pour pouvoir faire le malin :)), le "mauvais élève" au fond de la classe qui ne dit rien pendant tout le cours et garde les yeux pas pour ne pas se faire remarquer en priant pour que le professeur ne l'interroge pas et aussi les "deux filles au premier rang" (dont la maman de Rie) qui prennent très sagement leurs notes, essaient de tout comprendre de ce que dit le professeur et sont agacées par les remarques d'Agnan qui fait le malin...

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Cette fois-ci, la leçon du jour était "comment s'orienter dans la rue" avec l'exemple de discussion : "excusez-moi monsieur, où se trouve l'église Notre Dame ?"... Ben oui, au fond c'est quand même un cours de conversation française pour les japonais, alors autant leur apprendre quelque chose qui servira vraiment (le cours suivant était une conversation dans une agence de voyage).

Moi j'ai encore essayé de faire comme avec les cours de langue à la télé, c'est-à-dire apprendre des choses "à l'envers", mais encore une fois, les explications en japonais allaient un peu vite pour moi alors je n'ai pas tout compris. Enfin, j'avais constamment le nez plongé dans mon petit dictionnaire pour essayer moi aussi d'apprendre le vocabulaire, mais en japonais.

Le dialogue était assez simple mais utilisait bien plein de moyens de donner des instructions. Le prof s'est obstiné à leur faire dire "feux de signalisation" en disant que "feux rouges" ou "feux" c'était pas bien (en ce qui me concerne j'attends encore de voir un français m'indiquer un "feu de signalisation"). La dernière phrase était intéressante aussi. Après toutes les instructions où on prenait à droite, tout droit ou à gauche un certain nombre de fois, ça finissait par :
"L'église Notre Dame se trouve juste en face de l'enseigne lumineuse Mc Donald's."

Et là je me suis quand même demandé comment on pouvait dire ça... c'est-à-dire comment on pouvait imaginer qu'un type arriverait à atteindre une enseigne lumineuse en face de Notre Dame sans s'être rendu compte auparavant qu'il était déjà devant la cathédrale... Quoi qu'il en soit, l'exemple remplissait bien son rôle quand même (un peu dans le même style, dans les exemples qui ont suivi il y a eu "les 3e feux de signalisation se trouvent après la 2e rue à droite", et je me demande bien pourquoi quelqu'un chercherait "les 3e feux de signalisation" surtout s'ils sont cachés).

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Je vois où est Notre Dame... mais pourriez-vous m'indiquer le Mc Do le plus proche ? 

Après on a fait les exercices de prononciation donc on se met deux par deux et on rejoue le dialogue un grand nombre de fois (j'ai dû le répéter environ 10 fois). Au début je travaillais avec la maman de Rie mais après elle m'a "prêté" à sa voisine. Ce qui m'a fait un peu rire c'est que comme le prof est japonais-togolais, il prononce les "R" comme les japonais (enfin, quelque chose entre les japonais et les africains), mais c'est pas bien méchant quand même.

Ensuite on a fait quelques exercices (sur un plan il fallait expliquer comment aller d'un point à un autre) au cours desquels j'ai quand même appris qu'une avenue c'est une rue bordée d'arbres (j'avais aucune idée que les arbres y étaient pour quelque chose, pour moi une avenue ça avait toujours été... euh... une grande rue). Puis est venue la section de grammaire. Alors là j'ai été un peu surpris parce que d'un coup c'est devenu super avancé : c'était les verbes pronominaux dont le participe passé ne s'accorde pas, c'est-à-dire un point sur lequel quasiment tous les français que je connais (moi compris) se plantent.

J'ai donc appris que les verbes s'en vouloir, s'entre-nuire (oui... il y en a qui sont quand même bien poussés... je crois que je n'ai jamais de ma vie utilisé le verbe "s'entre-nuire"), se complaire, se nuire, se convenir, se déplaire, se plaire, se parler, se ressembler, se sourire, se succéder et enfin se survivre avaient un participe passé invariable. Pour chacun d'entre eux le prof a donné une rapide phrase (toujours la même "elles se sont...") pour illustrer la chose, avec quand même deux très jolis exemples de sa part :

"Elles se sont en voulu" et "Elles se sont survi" (mais comme il n'a fait que les dire à l'oral je me suis abstenu de faire un commentaire, en plus de toute façon je crois que les pauvres japonais avaient un peu de mal là-dessus, ce que je comprends bien).

Puis on est passés sur la construction du futur simple d'un verbe du 2e groupe (ce qui me semble beaucoup plus raisonnable que les verbes pronominaux dont le participe passé est invariable). Après avoir bien expliqué comment ça marchait pour le verbe "finir", le prof a décidé d'aborder le cas des verbes dont la racine est modifiée. En fait je crois qu'ils avaient vu au cours précédent les cas des verbes qui doublent une consonne à certaines personnes du présent de l'indicatif... et le prof a alors dit qu'au futur c'était pareil, on doublait la consonne pour les mêmes personnes. Il a alors écrit au tableau (en insistant bien dessus) :

je jetterai
tu jetteras
il jettera
nous jeterons
vous jeterez
ils jetteront

Alors là j'étais un peu embêté... En général, en bon plaqué que je suis, je ne fais pas de commentaires en cours quand je trouve une erreur (au besoin je note dans mon cours que j'ai un doute sur ce passage en particulier, quitte à passer un peu de temps plus tard pour vérifier). Mais là c'était un peu important quand même, parce qu'il était en train de leur expliquer très clairement qu'il ne fallait pas faire comme on voudrait le faire, mais que c'était plus compliqué et qu'il fallait bien faire attention... alors qu'en fait non, ça marche très bien au fond (bon, y'a quand même une double consonne qu'il faut mettre, mais une fois qu'on a construit la racine du futur c'est la même pour tout le monde). En plus là c'était un cours où je n'avais au fond rien à y faire, et dans un pays où la structure hiérarchique est quand même un peu rigide...

Après une certaine hésitation j'ai timidement essayé de faire comprendre au prof que j'avais comme un doute, et que j'étais quand même très surpris par ce qu'il annonçait. Là il m'a avoué que lui aussi il trouvait ça bizarre mais que son livre avait l'air de dire ça. En fait c'était un petit livre de grammaire dans lequel il y avait une section de conjugaison avec plein d'exemples, mais pour le verbe "jeter" il donnait tout le détail des personnes du présent de l'indicatif, mais au futur il ne donnait que "je" et "il". Donc le prof pensait que ça voulait dire qu'on faisait tout comme pour le présent...

Le problème c'est que ça a commencé à durer un peu trop comme conversation, donc les élèves s'y sont mêlés (enfin, principalement Agnan) et donc au bout d'un moment ils étaient tous dans leurs dictionnaires (électroniques pour la plupart) à chercher le détail de conjugaison du verbe "jeter". On a quand même fini par le trouver et du coup le prof a corrigé au tableau, mais j'étais un peu embêté.

Finalement, c'était l'heure de partir donc on en est resté là (de son côté Agnan était en train de dresser une liste des verbes pour lesquels le présent de l'indicatif est irrégulier et de demander pour chacun d'eux ce qui se passait au futur).

En rentrant la maman de Rie m'a demandé ce que j'avais pensé du cours parce qu'elle craignait que le nouveau prof soit moins bon qu'Aurelia-sensei. Bien que ce soit probablement le cas (mais principalement parce qu'Aurélia est sûrement un excellent professeur :)) je lui ai répondu qu'il n'y avait quand même pas de problème parce que même s'il fait des petites fautes de temps en temps (bon, en espérant qu'il ne fasse pas à chaque fois le coup du verbe "jeter" en gros au tableau) il parle quand même couramment un français très correct donc pour un cours de conversation c'est très bien.

Et puis il faut aussi avouer que comme le cours dure 2h30, moi je n'avais pas grand chose d'autre à faire que de relever toutes les fautes du prof (ce qui n'est pas très gentil, j'en conviens), donc ça a peut-être l'air grave là quand je le raconte mais en fait c'est pas bien méchant.

Je n'arrive juste pas à comprendre pourquoi il a absolument voulu leur faire la section sur les verbes pronominaux... 

samedi, 30 juin 2007

Hiroshima

Aujourd'hui je suis allé passer la journée en ville.

Je n'ai pas fait les visites touristiques imposées (je suis quand même passé devant le mémorial de la paix et le dôme détruit, mais je n'ai pas vu le château ni les jardins) que je ferai une prochaine fois (enfin, re-ferai puisque j'y étais quand même allé il y a 5 ans).

Je me suis contenté d'essayer un restaurant sympa et de me promener dans les rues commerçantes. J'ai passé plein de temps dans les nombreuses salles d'arcades (j'ai de quoi parler des jeux vidéos et autres divertissements du même genre que j'y ai vu pendant des heures tellement c'est fou par rapport à ce qu'on a chez nous) et j'ai fait un peu de shopping.

J'ai d'ailleurs rapporté une PSP, donc du coup ce soir je vais plutôt m'occuper d'elle que du blog. On va donc en rester là pour aujourd'hui (mais demain je ferai un post plus long).

mercredi, 27 juin 2007

Un voisin peu scrupuleux (et quelques bizarreries en vrac)

Un voisin de palier m'a mangé des sushis qui étaient dans le frigo pendant la journée d'hier !

J'avais laissé entre autres choses une boîte avec 8 sushis au thon et un onigiri, et quand je suis rentré le soit la boîte de sushis avait été ouverte et il n'y avait plus que 6 sushis, et l'onigiri avait disparu ! C'est pénible ça... Du coup ce matin j'ai mis tout ce qui me restait dans un sac plastique je j'ai fermé avec un noeud (mais quand même dans le frigo) et j'espère que ça le dissuadera (sinon je vais être obligé d'aller utiliser un autre frigo à un autre étage...).

Du coup hier j'étais un peu contrarié (j'avoue que je ne m'attendais pas à ça... il doit pas être japonais lui !)

Au passage, je vais profiter de cette courte note (parce que si je ne dis que ça ça ressemble à rien comme post) pour énumérer quelques trucs rigolos que j'ai vus depuis que je suis arrivé ici (et du coup la note ne sera plus courte du tout).

***

- Il y a un peu partout dans l'université des petits emplacements réservés aux fumeurs. Déjà en intérieur c'est un peu ridicule :

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Ca fait un peu vivarium pour animaux exotiques (je suis surpris qu'il n'y ait pas de panneau "il est interdit de nourrir les fumeurs") mais bon, on en voit dans tous les aéroports maintenant. Seulement ici, ils en font aussi en extérieur :

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Et ce qui est le plus drôle c'est que les élèves respectent très bien ça ! (jamais en France on n'arriverait à dire à des étudiant que quand ils sont dehors ils ne doivent pas fumer en dehors de la ridicule petite zone délimitée par une ligne blanche symbolique)

Du coup, quand on passe à côté on voit de temps en temps deux ou trois types debout bêtement enfermés par cette ligne blanche tant que leur cigarette est allumée et c'est assez rigolo à voir (on dirait des mimes qui miment une prison de verre). Bon, bien sûr j'ai pas osé prendre la photo pendant qu'il y avait des fumeurs parce qu'il ne faut quand même pas exagérer :)). 

***

- Ce pays est probablement le plus gros consomateur de papier (et plastiques) d'emballage du monde. Le moindre petit truc comestible est scandaleusement enveloppé dans une multitude de couches successives : imaginez un paquet de petits lu, avec un plastique autour, la boîte en carton, dans le carton encore un platsique qui englobe le tout, puis dans ce plastique des petits sachets plastiques qui groupent les petits lu 4 par 4 et enfin dans ces petits sachets chaque biscuit serait emballé dans son propre petit papier...

Du coup, écologiquement c'est un désastre, mais ça n'a pas l'air d'être leur préoccupation principale (la vraie préoccupation c'est d'isoler tout ce qu'on envisage de manger d'un extérieur hostile et plein de bactéries dangereuses pour l'organisme... à un stade de paranoïa assez avancé). Pourtant, ils arrivent à nous mettre plus de subdivisions dans les poubelles de l'université que les allemands :

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^ de gauche à droite, on a ici : les "combustibles" (papiers principalement), les bouteilles en plastique, les bouteilles (en verre je suppose), les canettes et enfin les autres plastiques... Et ça c'est juste pour les emballages courants, ça ne couvre pas les déchets ménagers, ça correspond juste à notre unique petite poubelle au coin café dans laquelle on jette à la fois des gobelets, des canettes et des serviettes en papier... Je me demande à quoi ressembles les locaux à poubelles de leurs immeubles (je suis sûr qu'on peut arriver à faire une trentaine de catégories à ce rythme-là sur des déchets ménagers).

***

- Ils ont aussi tendance à pousser à l'extrême certains concepts modernes. Chez nous, on fait de plus en plus d'efforts pour que tous les bâtiments et installations soient utilisables par des handicapés. C'est bien. Mais à l'université d'Hiroshima, l'ascenseur est à mon avis un exemple de sur-exploitation de cette idée.

Il faut bien comprendre que l'ascenseur n'a pas une taille bien exceptionnelle (une cabine carrée dans laquelle, si on écarte les bras, on touche les côté opposés). Et pourtant, il n'y a pas un panneau de contrôle (boutons pour les étages)... ni deux panneaux de controle... mais bien 3 panneaux de contrôle ! (non, quand même pas 14 comme pour le willi waller).

Il y en a donc un près de la porte, normal, vertical, donc quand on est dans un fauteuil roulant ou qu'on mesure mois d'1m10 on est un peu embêté si on travaille au 8e étage. Comme les concepteurs de l'ascenseur ont pensé à tout, ils ont été super sympas pour les gens de moins d'1m10 et ils en ont mis un deuxième, horizontal ce coup-ci contre le mur droit de l'ascenseur ! (c'est pas gentil ça ?).

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Oui, mais comment on fait si on mesure moins d'1m10, qu'on travaille au 8e étage et que quand on rentre dans l'ascenseur il y a qqu'un devant le panneau de contrôle sur le mur droit ??? Comme on est au Japon et que donc on ne peut pas se permettre de faire remarquer à la personne devant le panneau qu'elle nous gêne, on est fichu ! C'est pourquoi, un deuxième concepteur de l'ascenseur a décidé de mettre un troisième panneau sur l'autre mur de l'ascenseur !

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Du coup moi je me dis que quand on mesure plus de 3m10, et qu'on n'arrive pas à se baisser pour atteindre les panneaux, on est bien embêté... Ils auraient quand même pu penser à ça et rajoutter quelques panneaux de contrôle en haut des murs aussi !

***

- Enfin, dans le même genre que l'ascenseur, j'ai dans ma chambre une lampe au plafond (rien d'exceptionnel jusque là). Encore une fois, il faut bien voir que ma chambre n'est pas vraiment une suite dans laquelle on pourrait se perdre (même bourré) puisqu'il y a tout juste la place de mettre le lit, le bureau, un mini placard et quand même un lavabo, mais plus beaucoup de place pour circuler après ça (je ne me plains pas, ça me va très bien et c'est pas cher du tout, donc pas de problème).

Le plafonnier est controllé par un double interrupteur en va-et-vient c'est-à-dire qu'on n'est même pas obligé de se pencher du lit pour atteindre l'interrupteur près de la porte le soir quand on veut dormir (qu'on pourrait très bien atteindre sans mettre le pied par terre quand même) puisque le deuxième interrupteur est à côté de la tête du lit. Tout ça c'est bien et ça rendait les choses bien pratiques quand même.

Or hier, j'ai découvert qu'en plus des deux télécommandes que j'avais déjà utilisées (télé et climatiseur) il y en avait une troisième accrochée au mur près du lit (à côté de l'interrupteur dont je viens de parler)... Intrigué, j'ai appuyé sur le bouton de cette télécommande et paf ! je me suis retrouvé dans le noir... Du coup dans ma mini chambre, je peux me déplacer avec ma télécommande pour allumer ou éteindre la lumière de là où je veux ! (sachant que tout point de la chambre est à moins de 3m d'un interrupteur mural).

lundi, 18 juin 2007

Les nuits difficiles

 Finalement ce n'était pas forcément une bonne idée de dormir jusqu'à 14h dimanche...  Bien que j'aie quitté le bureau (et la connexion internet) passé minuit, et que je ne me sois pas spécialement dépêché pour manger mes sushis et mes boulettes de légume (je croyais que c'était du poulet pané... première "surprise gastronomique" mais c'était pas trop mal), à 1h30 je n'avais pas vraiment sommeil.

 Seulement comme lundi c'est mon premier jour ouvré, je me suis dit que c'était pas sérieux d'arriver après le déjeuner donc j'ai décidé de me lever à 8h30 (c'est honnête, même pour les gens normaux... et carrément l'aurore pour moi, en France). Du coup j'ai dit "pas de télé" et hop au lit...

 J'ai dû me retourner au moins un millier de fois  (ouais... une fois toutes les 15 secondes pendant 4 heures) sans pour autant trouver LA position qui donne sommeil (je crois qu'au bout d'un moment, il faut savoir abandonner). D'autant que dehors (je rappelle qu'à 50m de la chambre c'est la forêt profonde) les animaux faisaient la rumba... Disons qu'en France on finit par savoir que les insectes font toujours du bruit, mais normalement, les oiseaux qui chantent ils arrêtent la nuit. Et attention, je ne parle pas d'un hululement ou un truc bien grave ou sinistre comme ça, là c'était le piallement joyeux du moineau qui chante à la gloire du soleil... de minuit à 5 heures du matin !

 Je crois que celui-là il avait été mal calé à la naissance (un peu comme si c'était un oiseau français qui ne comprenait pas à quoi sert le décalage horaire). Bon, j'avoue qu'il avait l'air seul, donc finalement pas très bruyant, mais une fois qu'on a remarqué qu'il était là, c'est un peu dur de l'ignorer (surtout quand on n'a rien de mieux à faire que de l'écouter ou de se retourner dans son lit).

 Résultat, à 5h, comme il commençait à faire jour je me suis dit que j'allais me lever et aller au boulot. Ce qui est rigolo c'est que du coup j'ai réussi à intercepter les retardataires français avant qu'ils aillent se coucher (mais je crois que ça ne se reproduira plus). J'espère qu'au moins ça impressionera les japonais (enfin, je ne voudrais pas que Morita se suicide parce que j'étais au labo avant lui quand même...).

dimanche, 17 juin 2007

Coup d'envoi

Après 29 heures en déplacement (parti de Lyon à 10h vendredi matin, arrivé à l'université d'Hiroshima samedi à 21h, +7h de décalage horaire) et une nuit de 15 heures (comme je n'arrive pas à dormir dans le train ou l'avion, il a fallu que j'attende d'arriver pour dormir) me voici bien arrivé et bien reposé au Japon.

J'ai très brièvement vu Morita (le professeur avec qui je vais travailler) hier soir à l'université et il m'a montré mon bureau (avec mon nom écrit en énorme sur la porte... comme ça tout le couloir sait que j'arrive), ce qui me permet d'avoir une précieuse connexion à internet. Le bureau est un peu triste et moche : (en fait c'est une salle qui n'est pas vraiment utilisée d'habitude dans laquelle ils entreposent des trucs -dont moi apparemment-, mais la vue n'est pas déplaisante [voir photos]).

Aujourd'hui, comme c'est dimanche, tout est un peu mort et en plus le ciel est tout gris et il pleuviotte de temps en temps. Mais c'est pas grave : je suis arrivé, je suis content :)

A room...

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... with a view.

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