jeudi, 19 juillet 2007

Des panneaux rigolos

J'ai eu l'occasion de voir des panneaux amusants pendant mon séjour à Tokyo... Voici les plus intéressants :

1. Dans le bus, le message dans les toilettes est encore mieux que ceux qu'on a à l'ENS (merci le google-translator)

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(pour info, dans les toilettes de l'ENS on a un "tirer avec les deux mains SVP" sur l'essuie-main traduit par "to pull down with the two hands please")

2. Le deuxième est une grande affiche publicitaire dans le petit supermarché de la gare. J'avoue que je suis un peu perplexe. D'une part je ne comprends pas vraiment la phrase, mais en plus je me demande pourquoi elle est répétée deux fois (c'est peut-être le même type que celui qui a fait les pubs juvamine chez nous) :

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3. Et enfin, le dernier me plait beaucoup mais c'est peut-être un peu parce que j'ai l'esprit tordu (enfin, normalement Vincent et Stéphane devraient aussi apprécier) :

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C'est un panneau en plastique qu'on trouve dans les escalators (et on le trouve dans plusieurs centres commerciaux à Tokyo). Tel que je le comprends moi, il signifie : "ne vous penchez pas au dessus de la rampe, vous risquez de vous cogner contre le panneau". Du coup on se demande naturellement s'il était vraiment nécessaire de mettre le panneau...

C'est peut-être une sensibilisation au paradoxe du menteur pour la société de consommation.

(sachez aussi que la photo est prise un peu à l'arrache parce que déjà que j'ai repris l'escalator uniquement pour la prendre, je ne voulais pas trop attirer l'attention quand même) 

PS : Ca me rappelle un web-comic avec une montagne russe et un panneau "ne pas lever les mains". Je croyais que c'était un Wulff-Morgenthaler mais après de longues recherches dans les archives je suis rentré bredouille. Est-ce que qqu'un voit de quoi je parle et saurait me le retrouver ? (je crois me souvenir que c'était Vincent qui me l'avait montré)

Où se trouve l'église Notre Dame ?

Puisque ça m'a été explicitement demandé, aujourd'hui ce sera le cours de français...

En effet, c'était assez rigolo. Tout d'abord, une petite présentation du groupe. C'est un cours de français pour japonais dans lequel il n'y a que des petits vieux (mais je dis ça sans aucune connotation négative parce qu'ils étaient tous très sympathiques, c'est juste que... ben c'est des petits vieux :)). Au départ, c'était Aurelia qui donnait les cours (c'est comme ça qu'elle a connu la mère de Rie) mais quand elle est allé à Mishima elle a été remplaçé par le prof japonais-togolais. Du coup moi j'étais présenté comme "un ami d'Aurelia-sensei" ("sensei" étant la marque de respect qu'on met après les noms des professeurs) donc c'était la grande classe (j'étais un peu considéré comme un "sensei" moi aussi :))

Le jour où j'y suis allé ils n'étaient que 5 élèves, donc nous étions 7 au total. Mais ce qui m'a frappé c'est que même avec si peu de monde, et avec des élèves qui avaient tous la soixantaine, on retrouvait les stéréotypes usuels. Il y avait donc un Agnan genre "premier de la classe" qui passait le cours à demander si on ne pouvait pas aussi utiliser telle ou telle expression, ou encore si le verbe machin n'était pas irrégulier dans ce cas-là parce qu'il avait lu que dans certaines situations c'était comme-ci ou comme-çà (le genre d'élève qui devait apprendre la leçon avant le cours pour pouvoir faire le malin :)), le "mauvais élève" au fond de la classe qui ne dit rien pendant tout le cours et garde les yeux pas pour ne pas se faire remarquer en priant pour que le professeur ne l'interroge pas et aussi les "deux filles au premier rang" (dont la maman de Rie) qui prennent très sagement leurs notes, essaient de tout comprendre de ce que dit le professeur et sont agacées par les remarques d'Agnan qui fait le malin...

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Cette fois-ci, la leçon du jour était "comment s'orienter dans la rue" avec l'exemple de discussion : "excusez-moi monsieur, où se trouve l'église Notre Dame ?"... Ben oui, au fond c'est quand même un cours de conversation française pour les japonais, alors autant leur apprendre quelque chose qui servira vraiment (le cours suivant était une conversation dans une agence de voyage).

Moi j'ai encore essayé de faire comme avec les cours de langue à la télé, c'est-à-dire apprendre des choses "à l'envers", mais encore une fois, les explications en japonais allaient un peu vite pour moi alors je n'ai pas tout compris. Enfin, j'avais constamment le nez plongé dans mon petit dictionnaire pour essayer moi aussi d'apprendre le vocabulaire, mais en japonais.

Le dialogue était assez simple mais utilisait bien plein de moyens de donner des instructions. Le prof s'est obstiné à leur faire dire "feux de signalisation" en disant que "feux rouges" ou "feux" c'était pas bien (en ce qui me concerne j'attends encore de voir un français m'indiquer un "feu de signalisation"). La dernière phrase était intéressante aussi. Après toutes les instructions où on prenait à droite, tout droit ou à gauche un certain nombre de fois, ça finissait par :
"L'église Notre Dame se trouve juste en face de l'enseigne lumineuse Mc Donald's."

Et là je me suis quand même demandé comment on pouvait dire ça... c'est-à-dire comment on pouvait imaginer qu'un type arriverait à atteindre une enseigne lumineuse en face de Notre Dame sans s'être rendu compte auparavant qu'il était déjà devant la cathédrale... Quoi qu'il en soit, l'exemple remplissait bien son rôle quand même (un peu dans le même style, dans les exemples qui ont suivi il y a eu "les 3e feux de signalisation se trouvent après la 2e rue à droite", et je me demande bien pourquoi quelqu'un chercherait "les 3e feux de signalisation" surtout s'ils sont cachés).

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Je vois où est Notre Dame... mais pourriez-vous m'indiquer le Mc Do le plus proche ? 

Après on a fait les exercices de prononciation donc on se met deux par deux et on rejoue le dialogue un grand nombre de fois (j'ai dû le répéter environ 10 fois). Au début je travaillais avec la maman de Rie mais après elle m'a "prêté" à sa voisine. Ce qui m'a fait un peu rire c'est que comme le prof est japonais-togolais, il prononce les "R" comme les japonais (enfin, quelque chose entre les japonais et les africains), mais c'est pas bien méchant quand même.

Ensuite on a fait quelques exercices (sur un plan il fallait expliquer comment aller d'un point à un autre) au cours desquels j'ai quand même appris qu'une avenue c'est une rue bordée d'arbres (j'avais aucune idée que les arbres y étaient pour quelque chose, pour moi une avenue ça avait toujours été... euh... une grande rue). Puis est venue la section de grammaire. Alors là j'ai été un peu surpris parce que d'un coup c'est devenu super avancé : c'était les verbes pronominaux dont le participe passé ne s'accorde pas, c'est-à-dire un point sur lequel quasiment tous les français que je connais (moi compris) se plantent.

J'ai donc appris que les verbes s'en vouloir, s'entre-nuire (oui... il y en a qui sont quand même bien poussés... je crois que je n'ai jamais de ma vie utilisé le verbe "s'entre-nuire"), se complaire, se nuire, se convenir, se déplaire, se plaire, se parler, se ressembler, se sourire, se succéder et enfin se survivre avaient un participe passé invariable. Pour chacun d'entre eux le prof a donné une rapide phrase (toujours la même "elles se sont...") pour illustrer la chose, avec quand même deux très jolis exemples de sa part :

"Elles se sont en voulu" et "Elles se sont survi" (mais comme il n'a fait que les dire à l'oral je me suis abstenu de faire un commentaire, en plus de toute façon je crois que les pauvres japonais avaient un peu de mal là-dessus, ce que je comprends bien).

Puis on est passés sur la construction du futur simple d'un verbe du 2e groupe (ce qui me semble beaucoup plus raisonnable que les verbes pronominaux dont le participe passé est invariable). Après avoir bien expliqué comment ça marchait pour le verbe "finir", le prof a décidé d'aborder le cas des verbes dont la racine est modifiée. En fait je crois qu'ils avaient vu au cours précédent les cas des verbes qui doublent une consonne à certaines personnes du présent de l'indicatif... et le prof a alors dit qu'au futur c'était pareil, on doublait la consonne pour les mêmes personnes. Il a alors écrit au tableau (en insistant bien dessus) :

je jetterai
tu jetteras
il jettera
nous jeterons
vous jeterez
ils jetteront

Alors là j'étais un peu embêté... En général, en bon plaqué que je suis, je ne fais pas de commentaires en cours quand je trouve une erreur (au besoin je note dans mon cours que j'ai un doute sur ce passage en particulier, quitte à passer un peu de temps plus tard pour vérifier). Mais là c'était un peu important quand même, parce qu'il était en train de leur expliquer très clairement qu'il ne fallait pas faire comme on voudrait le faire, mais que c'était plus compliqué et qu'il fallait bien faire attention... alors qu'en fait non, ça marche très bien au fond (bon, y'a quand même une double consonne qu'il faut mettre, mais une fois qu'on a construit la racine du futur c'est la même pour tout le monde). En plus là c'était un cours où je n'avais au fond rien à y faire, et dans un pays où la structure hiérarchique est quand même un peu rigide...

Après une certaine hésitation j'ai timidement essayé de faire comprendre au prof que j'avais comme un doute, et que j'étais quand même très surpris par ce qu'il annonçait. Là il m'a avoué que lui aussi il trouvait ça bizarre mais que son livre avait l'air de dire ça. En fait c'était un petit livre de grammaire dans lequel il y avait une section de conjugaison avec plein d'exemples, mais pour le verbe "jeter" il donnait tout le détail des personnes du présent de l'indicatif, mais au futur il ne donnait que "je" et "il". Donc le prof pensait que ça voulait dire qu'on faisait tout comme pour le présent...

Le problème c'est que ça a commencé à durer un peu trop comme conversation, donc les élèves s'y sont mêlés (enfin, principalement Agnan) et donc au bout d'un moment ils étaient tous dans leurs dictionnaires (électroniques pour la plupart) à chercher le détail de conjugaison du verbe "jeter". On a quand même fini par le trouver et du coup le prof a corrigé au tableau, mais j'étais un peu embêté.

Finalement, c'était l'heure de partir donc on en est resté là (de son côté Agnan était en train de dresser une liste des verbes pour lesquels le présent de l'indicatif est irrégulier et de demander pour chacun d'eux ce qui se passait au futur).

En rentrant la maman de Rie m'a demandé ce que j'avais pensé du cours parce qu'elle craignait que le nouveau prof soit moins bon qu'Aurelia-sensei. Bien que ce soit probablement le cas (mais principalement parce qu'Aurélia est sûrement un excellent professeur :)) je lui ai répondu qu'il n'y avait quand même pas de problème parce que même s'il fait des petites fautes de temps en temps (bon, en espérant qu'il ne fasse pas à chaque fois le coup du verbe "jeter" en gros au tableau) il parle quand même couramment un français très correct donc pour un cours de conversation c'est très bien.

Et puis il faut aussi avouer que comme le cours dure 2h30, moi je n'avais pas grand chose d'autre à faire que de relever toutes les fautes du prof (ce qui n'est pas très gentil, j'en conviens), donc ça a peut-être l'air grave là quand je le raconte mais en fait c'est pas bien méchant.

Je n'arrive juste pas à comprendre pourquoi il a absolument voulu leur faire la section sur les verbes pronominaux... 

mercredi, 18 juillet 2007

La semaine à Tokyo (dans les grandes lignes)

Avant de parler de tous les détails intéressants/rigolos que j'ai vus là-bas, autant présenter un peu l'ensemble de la semaine (pour fixer les idées, ce sera plus simple par la suite).

Je suis donc parti d'Hiroshima mardi 10 au soir (20h) en bus pour arriver à Tokyo à 7h le lendemain. Le voyage a été sans incident (et aussi sans intérêt d'ailleurs) le plus difficile étant déjà fait (voir note sur les billets).

Ensuite, voici à peu près comment ça s'est passé :

- A 9h le mercredi j'ai retrouvé Aurelia à la gare. On est ensuite allés déposer mes affaires chez la famille de Rie (chez qui j'allais rester les 3 premières nuits).

- Là j'ai fait connaissance avec Rie et ses parents qui sont tous les trois vraiment adorables et on ne peut plus accueillants (Rie parle très bien français, sa maman un peu aussi et les trois parlent assez bien l'anglais, donc ça allait, parce que s'il avait fallu survivre avec mon niveau de japonais je pense qu'on n'aurait pas dit grand chose).

- Ensuite Aurelia et Rie m'ont accompagné pendant mon premier après-midi de découverte de la ville. Là on a commencé par les trucs bien classiques, donc j'ai notamment vu deux jolis temples, la tour de Tokyo (donc la ville d'en haut, mais ça casse pas des briques surtout qu'il faisait gris donc on n'avait pas une vue exceptionnelle), on a été au resto, puis on est repartis se promener du côté de Ginza (les quartier des affaires) et un peu dans le parc du palais impérial.- Aurelia est alors rentrée chez elle à Mishima (une petite ville dans les alentours de Tokyo) et je suis rentré dîner chez les parents de Rie (Rie n'était pas là le premier soir donc j'ai juste vu les parents mais c'était très sympathique (et très bon d'ailleurs)).

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Le premier temple que j'aie vu là-bas (pas loin de la tour de Tokyo) 

- Le deuxième jour, je suis parti tout seul le matin. Je m'étais dit que j'allais essayer d'aller me balader à Shibuya (le centre "vivant" de la ville avec plein de magasins, de panneaux clignotants et de filles habillées n'importe comment), mais comme le nom de la station n'était pas écrit en symboles lisibles à la gare (comprendre "uniquement en kanji") je ne suis pas allé au bon endroit. Je me suis retrouvé à Shinjuku (un gros quartier des affaires. C'était pas mal non plus, mais j'ai un peu bataillé pour aller à Shibuya de là (et on passe par des rues sans grand intérêt entre les deux).

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Le gros carrefour de Shibuya (avec les feux qui bloquent tout pour qu'on puisse traverser dans tous les sens) 

- Finalement, en atteignant enfin Shibuya, je suis allé déjeuner dans un resto de Ramen (où on choisit son plat à l'extérieur dans un distributeur, puis on rentre et on donne le ticket pour obtenir l'assiette) et Aurelia m'a rejoint. On a tourné dans le coin pendant un moment puis elle est repartie parce qu'elle avait un cours et moi je suis rentré chez les parents de Rie... parce que j'avais un cours de français !

- En effet, la veille, la maman de Rie m'avait demandé si je voulais bien venir à son cours de français jeudi soir. J'y suis donc finalement allé et c'était assez marrant (le prof est Japonais-Togolais). Puis on est rentrés dîner, fin du deuxième jour.

- Le lendemain, je suis parti me promener avec Rie. On a vu un quartier intéressant près de chez elle où il y a des temples et des cimetierres à tous les coins de rue, puis le sanctuaire de Meijin (pour le repos de l'âme de l'empereur et l'impératrice), le parc d'Ueno au centre de Tokyo avec des étangs, des lotus, (et même un "monstre" dont je parlerai rapidement une autre fois), etc. Puis on est repassés par la grande avenue commerçante d'Omotesando parce que Rie avait un entretien d'embauche là-bas, et finalement on est rentrés.

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Le sanctuaire Meiji (perdu au fond d'une petite forêt artificielle en pleine ville) 

- Samedi il pleuvait des cordes (c'était le fameux typhon qui s'approchait, même si au final il n'est jamais arrivé). On est restés à la maison le matin, les parents de Rie ont voulu que je joue du piano donc j'ai encore été ridicule (comme à chaque fois que je suis à côté d'un piano), surtout parce que Rie elle joue très bien. Puis j'ai assisté à une démonstration de cérémonie du thé (et j'ai même essayé mais là aussi j'ai été complètement ridicule). Ensuite on est allés au restaurant mager du soba (des pâtes au sarrasin) au départ c'était un plan pour les inviter pour les remercier mais ça s'est retourné contre moi et ils m'ont finalement invité... Il faut dire que je n'ai pas pu faire grand chose : ils étaient 3 et ils parlaient japonais. C'est presque pénible ces gens beaucoup trop accueillants qu'on n'arrive jamais à inviter.

- Ensuite je suis allé à Mishima voir Aurelia, Yasu (son copain japonais, mais rencontré à Lyon...) et Lumière (ou Lumi) sa minuscule chienne. Le premier soir on est allés manger des anguilles (qui est un plat que les japonais aiment beaucoup et qu'ils font particulièrement bien à Mishima) puis comme il pleuvait des cordes on a regardé un film (j'ai d'ailleurs failli mourir plusieurs fois en allant chercher le film avec Yasu, à vélo en tenant un parapluie qui ne protégeait finalement pas tellement puisque je suis rentré complètement trempé, mais c'était marrant).

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Lumi

- Le lendemain (dimanche) on ne savait pas quoi faire puisqu'on s'attendait à être bloqués par le typhon sous un vent terrifiant et des pluis torrentielles... mais en fait il faisait plutôt beau, et il n'y avait même plus de pluie. Alors on est allés dans une petite station thermale près de Mishima. C'était joli (on a vu un temple, quelques jolies rues) puis on est rentrés.

- Lundi était férié (c'est "le jour de la mer" ici et c'est férié). On est repartis à Tokyo (Yasu avait des choses à faire là-bas). On s'est encore baladés un peu (on est notamment passés à Akihabara (le quartier de l'électronique), puis on est allés voir un bonze voyant (si...) très sympathique d'ailleurs. Enfin, Aurelia et Yasu sont repartis à Mishima, et moi je me suis dirigé doucement vers la gare (en repassant par Shibuya parce que j'aime bien ce quartier) pour reprendre mon bus à 21h...

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Une dernière vue de la ville avant de prendre le bus

 

Voilà, dans l'ensemble comment ça s'est passé. C'était vraiment très bien (intéressant, amusant et agréable). En fait je pense que j'aimerais bien passer un peu plus de temps à Tokyo (contrairement à ce que je pensais, c'est moins effrayant que ce qu'on croit) mais c'est vrai que ça doit pouvoir devenir difficile après quelques années (parce que, oui c'est quand même un peu stressant comme ville au quotidien).

mardi, 17 juillet 2007

Tremblement de terre

Bonjour à tous.

Je suis finalement bien rentré de mon séjour à Tokyo qui était très intéressant et très agréable. J'ai bien sûr plein de choses à raconter mais je ferai ça par petits morceaux suivant mon humeur.

Vu le nombre de mails que j'ai reçus hier à cause du tremblement de terre, je me sens un peu obligé de commencer par ça.

Effectivement, comme beaucoup d'entre vous l'ont appris, il y a eu lundi un assez important tremblement de Terre (6.8 sur l'échelle de Richter ce qui est plutôt pas mal) dans le centre du Japon, et donc assez fortement perceptible à Tokyo.

A ce moment-là (environ 10h30 heure locale) j'étais tranquillement en train de prendre le train de Mishima (une petite ville pas très loin de Tokyo) pour rentrer à Tokyo, quand soudain... ben, j'ai rien senti du tout !

En fait c'est très décevant mais nous (j'étais avec Aurelia et Yasu) n'avons appris qu'il y avait eu un tremblement de terre qu'en arrivant à la gare. Notre train ne s'est même pas arrêté, et les éventuelles secousses qu'on aurait pu sentir étaient complètement cachées par le tremblement naturel du train.

Du coup, je vous remercie tous de vous être inquiétés pour moi, mais finalement, vous en avez su beaucoup plus sur ce tremblement de terre que moi (en plus moi les quelques infos que j'en ai eu étaient en Japonais donc il a fallu que j'attende ce matin pour aller lire un petit article dans le monde pour voir ce qui s'était passé). Il est vrai que j'ai quand même vu pendant la journée de lundi que plusieurs lignes de train autour de Tokyo étaient interrompues (et comme le mot "earthquake" apparaissait aussi en anglais, j'ai compris ça), mais je n'ai pas beaucoup percu une quelconque étendue des dégâts.

D'ailleurs en fait ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. Déjà les typhons refusent de s'approcher de moi.

Il y a cinq ans, un jour Morita est venu nous prévenir qu'un typhon se dirigeait tout droit sur Hiroshima et la région autour, donc qu'on allait être pris en plein dedans. Il avait pris un ton un peu dramatique donc on s'imaginait déjà devoir aller se cacher dans une cave et écouter le fracas causé par le typhon au dessus de nos têtes avec une vieille ampoule qui oscillerait au plafond en clignotant, un peu comme dans tout film catastrophe qui se respecte. Mais finalement, alors qu'on regardait avec impatience le ciel se couvrir (il faut bien comprendre que pour nous qui n'avons jamais subi de typhon c'est plutôt intéressant, je suppose que quand on en prend un dans la figure tous les ans on se lasse, c'est sûr) le typhon nous a snobés en tournant au dernier moment, et donc on ne l'a pas vu du tout.

C'était peut-être celui-là (j'ai cherché sur la wikipedia une trajectoire qui ressemblait à celle qu'on avait vue à la télé, mais je ne suis pas sûr que ce soit le bon). J'ai marqué Hiroshima en rouge, et le typhon arrivait du sud :

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C'était déjà assez vexant comme ça, mais j'ai l'impression que cette année ils m'ont refait le coup. En effet, avant qu'on ne parle du tremblement de terre, le gros truc à la météo c'était le typhon Man-Yi... Et là encore les japonais m'ont dit d'un ton alarmant qu'il allait nous tomber dessus (autour de Tokyo) lundi et que donc je ne pourrais peut-être pas rentrer de Mishima (en fait c'était censé être terrible à Mishima).

Or finalement, s'il est vrai que la veille était un peu inquiétante parce qu'il a bien plus toute la journée (une vraie pluie pénible ce coup-ci) donc qu'on se disait qu'un vrai truc allait nous tomber dessus et que les autoroutes étaient bloquées, malgré les prévisions de légère pluie le matin et tempête l'après-midi, on n'a rien vu (on a eu les légères pluies le matin quand même... mais on n'a jamais vu le vent).

J'en arrive à me demander s'ils existent vraiment leurs typhons et tremblements de terre ou s'ils racontent juste ça pour me faire peur. Bon, c'est vrai qu'ils font quand même des victimes et qu'on a des jolies photos... Mais pourquoi moi je peux jamais rien voir ? (c'est encore comme le coup de la neige à Prague ça...) 

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lundi, 09 juillet 2007

Les transports c'est compliqué

Demain je pars une semaine à Tokyo.

J'ai été invité à rester dans la famille d'une amie de la soeur de la copine d'un ami de ma soeur... Si, c'est vrai ! (et je n'ai pas excessivement compliqué la situation : je connais certes l'ami de ma soeur en question, mais je ne connais ni sa copine, ni la soeur de sa copine et encore moins l'amie de la soeur de sa copine ou sa famille). Comme quoi les japonais sont quand même super accueillants !

J'avoue que ça me simplifie la vie parce que je voulais vraiment aller à Tokyo mais que je ne savais pas vraiment comment me loger là-bas. Par contre aujourd'hui j'ai dû m'occuper des transports.

J'ai d'abord envisagé le train. Normalement d'Hiroshima à Tokyo c'est pas trop compliqué puisqu'on peut y aller en shinkansen (le train rapide "genre TGV" japonais). D'ailleurs de manière générale comme le japon est beaucoup plus "linéaire" que la France, ils ont trouvé un moyen pour faire passer la grande ligne de shinkansen par toutes les grosses villes donc c'est pratique.

Je l'avais déjà pris deux fois (une fois il y a 5 ans et une fois l'an dernier) et l'impression que j'en avais c'est que pendant la journée il y en a suffisamment fréquemment pour qu'on les prenne comme des RER (on prend le ticket en arrivant à la gare et on monte dans le premier train qui correspond, sans se poser de problèmes d'horaires). Donc ça avait l'air plutôt simple. Oui, mais il faut prendre le ticket !

Et là, d'un coup ça devient super compliqué. Je suppose que pour un japonais c'est quand même plus simple, mais pour moi qui n'ai pas tout compris au système c'était pas gagné. Après avoir vu un peu sur internet qu'il fallait plein de morceaux différents pour avoir un ticket valide, je me suis dit que le mieux c'était de faire un test quand je passais à Hiroshima pour voir si j'étais capable ou non d'acheter rapidement un ticket à la gare.

La machine est plutôt sympa parce qu'elle parle anglais. D'ailleurs quand je dis qu'elle parle c'est vrai : elle prononce à voix haute tout ce qui est écrit sur l'écran si je ne fais pas mon choix dans les 3 secondes, donc tous les gens qui attendent derrière savent ce que je suis en train de faire, enfin, sauraient si ils comprenaient l'anglais.

Malgré ça je me suis battu pendant un certain temps (heureusement je n'ai pas bloqué la seule machine et en plus il n'y avait pas grand monde à la gare à ce moment-là donc j'avais tout mon temps). D'abord j'ai dû prendre un "basic fare", bon. Mais en plus de ça il faut ajouter le prix du voyage en shinkansen qui est un extra. Alors déjà là je ne suis plus sûr de comprendre comment marche leur système, parce que  si on n'y va pas en shinkansen de toute façon on prend pas le billet au même endroit et en plus c'est de toute façon pas le même prix. Donc finalement je crois que le "basic fare" il ne correspond à rien tout seul : il faut forcément ajouter des extras. Malgré ça, les extras (comme leur nom l'indique) il faut les prendre en plus. Donc pendant qu'on prend le ticket on est assailli de demandes de la machine (à l'écran et à voix haute) qui propose plein de trucs à rajoutter sur le ticket.

Bon, comme je suis docile, je prends le premier extra qu'elle me propose. Là dessus, paf, elle veut m'en mettre encore un ! (je me suis dit que je m'en sortirais jamais). Ce coup-ci c'est pour prendre le nozomi. Parce que bon, nous on a un TGV. Mais eux ils ont plusieurs gammes de shinkansen, donc selon celui qu'on va prendre on paie pas pareil. Et le nozomi c'est le shinkansen express donc c'est encore plus cher.

J'avais un peu prévu le coup quand même parce que j'avais regardé sur internet comment ça se passait. Donc j'ai accepté l'extra pour le nozomi (sachant qu'après il faut en plus voir si on prend bien un nozomi quand on débarque à la gare à une heure au hasard, mais des nozomis aussi y'en a beaucoup).

Là dessus, elle me propose encore un truc : ce coup-ci c'est pour savoir si je veux monter dans un wagon "vert" ou pas. Bon, c'est plus qu'un choix esthétique, je crois que c'est l'équivalent de la première classe. C'est plus propre, y'a plus de place, etc. Là je ne voyais pas vraiment l'intérêt donc j'ai dit non.

Hop, elle me propose encore un extra (à ce stade-là on en est à deux fois plus d'extras que le basic fare initial...). Là c'est normal (comprendre par-là que c'est comme chez nous, ce qui est ma norme à moi) c'est pour savoir si je veux réserver ma place (ben oui, comme ils prennent leur TGV comme un RER, c'est pas la peine de réserver). Pareil, j'ai dit non parce que j'avais pas besoin, je me débrouillerai bien sans place réservée (c'est plus sportif en plus, vu que je suis incapable de distinguer les places réservées des places non réservées :)).

A ce stade-là, la machine en a eu marre de me proposer des extras (peut-être qu'elle en avait marre de me crier les instructions en anglais aussi) donc elle m'a fait un récapitulatif de ce que j'avais demandé et indiqué le total...

Je rappelle que moi je ne faisais ça que pour voir si je pourrais le refaire le jour où je voudrais partir, donc j'ai mémorisé combien ça me coûterait, et je suis reparti (en fait j'ai été un peu plus loin, j'ai essayé de voir si elle acceptait un paiement par carte mais ma carte s'est faite jeter comme une malpropre alors je suis parti).

Ce n'est que le lendemain, une fois de retour à l'université que j'ai découvert la triste vérité : tous les trucs que j'avais pris la veille (enfin, que j'avais fait mine de prendre) ne suffisaient toujours pas pour voyager !!! En fait ce n'était toujours qu'une fraction de ce dont on a besoin pour voyager (j'ai découvert ça en trouvant de deux sources sûres le prix total du voyage, et c'était presque le double du total que j'avais obtenu sur la machine). Alors là j'ai capitulé, et je me suis dit que le shinkansen n'était pas la meilleure solution.

En cherchant sur internet j'avais vu qu'il y avait 3 autres options viables : l'avion, le train régional et le bus de nuit. L'avion c'est pas le plus simple (faut atteindre les aéroports correctement, c'est le bazar aussi pour prendre les tickets, etc.) donc j'ai abandonné aussi (je capitule vite). Le train régional ça devrait être jouable parce que là je crois qu'il n'y a pas beaucoup d'extras pour le ticket, mais ça prend quand même beaucoup de temps et il y a plusieurs changements en cours de route.

Donc en dernier recours j'ai opté pour le bus de nuit. Ca a l'avantage d'être de nuit donc on arrive tôt à Tokyo (carrément à 7h du matin...) alors qu'en shinkansen je serais plutôt arrivé dans l'après-midi (c'est pas si rapide que ça finalement) mais bien sûr, je risque d'être un peu naze à l'arrivée.

Quoi qu'il en soit, je suis allé acheter mes billets aujourd'hui. J'étais très fier de moi parce que la fille au guichet ne parlait pas un mot d'anglais mais que j'ai quand même réussi à prendre mes billets. J'avais certes bien préparé la chose en imprimant les pages des horaires que je voulais en japonais pour qu'elle puisse comprendre et en anglais pour que moi je sache quoi lui montrer, mais j'ai compris toutes les questions qu'elle me posait et j'ai su lui répondre quand il fallait (euh, je ne faisais pas vraiment des phrases très correctes quand même, mais c'était des vrais mots de japonais).

J'ai mon ticket aller-retour (qui coûte deux fois moins cher que le shinkansen) :

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J'ai quand même demandé à Imai qu'il me confirme que je n'avais besoin d'aucun autre truc pour voyager et il m'a dit que c'était bon. Par contre il m'a répété plusieurs fois que même pour lui c'était compliqué de trouver le bon bus à la gare, donc que je devais y être bien en avance... je ne suis pas encore arrivé !

 

Je ne sais pas si j'aurai facilement accès à internet quand je serai à Tokyo, donc il n'y aura peut-être pas beaucoup de posts cette semaine. Normalement en rentrant j'aurai des choses à raconter.