jeudi, 21 juin 2007

Des pommes qui ne sont pas des corbeaux

Une note bonus, qui n'a rien à voir avec le Japon.

Connaissez vous le paradoxe de Hempel ? J'ai découvert ça aujourd'hui et je trouve ça marrant : on essaie de se convaincre que tous les corbeaux sont noirs. Un raisonnement par induction usuel veut que l'on observe tout plein de corbeaux, et plus on en trouve qui sont noirs, sans jamais en trouver de "pas noirs", plus on est en droit de supposer que l'hypothèse est juste...

Seulement voilà, dire "tous les corbeaux sont noirs" c'est équivalent à dire "tout ce qui n'est pas noir n'est pas un corbeau" (simple contraposition jusqu'ici). Du coup, pour vérifier mon hypothèse, il devrait suffire de voir plein d'objets "pas noirs" et de vérifier que ce ne sont pas des corbeaux...

Donc au fond, plus je vois de pommes rouges, plus j'ai de raisons de penser que les corbeaux sont tous noirs :)

(Ne me faites pas rentrer dans des débats sans fin, hein... j'ai juste dit que je trouvais ça marrant comme idée, pas que le résultat était vrai ! Pour info, c'est un peu plus détaillé là (en anglais / en français))

Je m'appelle Tanaka et j'ai deux lapins...

Aujourd'hui, comme tous les mercredis et les jeudis à 8h45, les élèves de Morita (5 undergraduates (c'est quoi en français ?), 14 étudiants en master et un doctorant) avaient un séminaire.  J'y étais bien sûr cordialement invité, d'autant plus que ça donnait l'occasion de me présenter aux élèves et réciproquement.

Comme l'exposé de l'élève était en japonais je n'ai rien compris à ce qu'il racontait, mais comme les transparents étaient en anglais, que le sujet n'était pas très compliqué (des grammaires en deux dimensions pour produire des images, je me souviens d'un groupe de travail de Bertrand Nouvel sur un sujet assez proche) et que ça ne rentrait pas vraiment dans les détails (principalement des définitions et des exemples pour illustrer, avec quand même un résultat à la fin, sans exposer d'explications, mais ça n'avait pas l'air excessivement difficile) ça n'était pas désagréable à suivre.

J'avais un peu l'impression d'être la bête rare pendant tout l'exposé d'autant qu'étant arrivé après les élèves (mais avant le début de l'exposé quand même, c'est qu'ils arrivent en avance ces élèves !) je n'ai pas pu me cacher au fond comme ça m'aurait arrangé, donc j'ai opté pour un premier rang bien en évidence.

Je suis assez content parce qu'il y a eu un transparent comme je l'attendais :

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C'est le nom du lemme qui me plaît particulièrement... Pour information, en japonais il n'y aucun des deux sons "L" ni "R", mais un truc intermédiaire entre les deux (une sorte de "R" super-roulé). Du coup ils ne font pas vraiment la différence entre ces deux sons quand ils parlent une langue étrangère et la confusion est fréquente (cf. Lost in Translation par exemple). Il faut quand même admettre que c'est moins marrant qu'il y a 5 ans, où on avait eu tout un exposé avec, après chaque résultat, un très joli "ploof", mais bon, on se contentera d'un "remma" pour cette fois-ci.
(au passage, ça devrait être "parsability" et non pas "persability", mais ça c'est juste parce qu'il ne connaissait pas le mot, et je signale aussi que j'ai photographié la version imprimée de ses transparents après-coup, je n'ai pas ouvertement sorti mon appareil photo en me marrant à voix haute pendant l'exposé...)

Quoi qu'il en soit, à la fin de l'exposé, il y a eu les présentations. Moi d'abord (deux fois puisque Morita a commencé par me présenter, puis il m'a dit de me présenter moi-même, ce qui n'aide pas puisqu'il en avait déjà dit beaucoup...) puis tous les élèves, un par un (bien sûr imposé en anglais donc c'était des fois assez acrobatique, ou tout simplement court : "hello my name is [...], I don't speak well english so I will stop now.").

Par contre ce que j'avais oublié (depuis la dernière fois que j'étais venu, et donc que je n'ai pas fait en me présentant...) c'est qu'il faut donner un hobby quand on se présente ! Une présentation typique (un peu plus classique que celle du type qui ne parlait pas anglais) est donc : "Nice to meet you, I am [...] and my hobby is tennis." (c'est tout... mais là il s'est "bien" présenté).

Les hobbies sont assez variables. Cette année il n'y avais pas tellement de diversité (vu le nombre de tennis, baseball et étonnamment de basketball, je les soupçonne à partir d'un certain moment de s'être contentés de copier sur un de ceux qui avait déjà parlé). Une des filles a quand même dit que son hobby c'était de voyager, qu'elle voulait aller en Europe et qu'il fallait que je lui montre tout sur mon pays ^.^, et un autre que son hobby c'était de surfer sur internet (lui il serait bien dans notre bureau de thésards de l'ENS). Il y a 5 ans, on avait eu un gars dont le hobby était de fumer et boire de l'alcool (je sais pas ce qu'il est devenu depuis), un qui n'avait pas de hobbies (mais qui l'avouait sans honte) et un qui aimait juste dormir...

 

Cependant, toujours il y a 5 ans, on avait quand même découvert, dans des circonstances assez surprenantes, que cette façon de se présenter par un hobby n'est pas réservée aux élèves. En effet un jour alors qu'on était occupés à ne rien faire de particulier dans notre bureau (à l'époque on était 3 élèves de l'ENS à être partis en stage ensemble à Hiroshima) un type est entré et nous a demandé s'il pouvait nous parler. Comme on n'avait rien de mieux à faire, et qu'on n'aurait pas su lui dire non de toute façon on a accepté. Le type a dit que c'était un "businessman" et qu'il était très content de faire notre connaissance. Il y a ensuite eu un loooooong silence où personne ne savait quoi dire (honnêtement, qu'est-ce que vous voulez répondre à ça ?), puis il s'est levé, nous a très cordialement remerciés, et est parti en nous laissant sa carte de visite.

Inutile de dire qu'on était légèrement surpris, mais bon, on ne s'est pas laissés abattre, et on a repris nos activités normales comme si de rien n'était (c'est-à-dire en fait qu'on a relancé les émulateurs SNES et qu'on est retournés surfer sur gamefaqs, à l'époque). Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! Deux jours plus tard, on reçoit tous les trois le même e-mail... Je ne l'ai plus sous la main, mais ça ressemblait à quelque chose de ce genre (promis, je n'exagère pas, c'était vraiment comme ça) :

>>>
Chers [nous trois],

Je suis très contents d'avoir fait votre connaissance l'autre jour, je m'appelle [son nom, que j'ai oublié depuis].

J'ai deux lapins. Le premier s'appelle [...] ce qui veut dire lapin blanc, parce qu'il est tout blanc. Le second s'appelle [...] qui veut dire sombre parce qu'il est noir. Le second est beaucoup plus vieux [etc., et ça continuait sur un vrai paragraphe complet sur la vie des lapins, pourquoi il ne faut pas les laisser manger la même chose, la première fois que l'un d'entre eux a mangé le tapis, etc. c'était complètement fou...]

Je suis un businessman à Mihara, et je voudrais savoir si vous voudriez passer quelques jours chez moi pour que je puisse vous montrer la ville. Ma femme fait très bien la cuisine et elle sera ravie de vous préparer des repas typiques japonais.

Très cordialement,

[même nom qu'au début que j'ai toujours oublié]
>>> 

En gros, toujours ce même bonhomme sur qui on ne savait rien du tout (on s'est assez vite douté que c'était le même...) nous invitait ce coup-ci à passer plusieurs jours chez lui, et pour ce faire il passait plus de la moitié du mail à nous parler de ses lapins !

D'abord on a bien rigolé, et puis on s'est un peu dit que ce type était fou. Mais par la suite, on a appris que c'était un ancien chercheur du labo qui était parti dans le privé, mais qui était très ami avec un professeur que l'on connaissait bien (depuis qu'on était au Japon du moins) et qu'il nous proposait donc très sérieusement et très gentiment de nous faire effectivement visiter la ville où il habitait. Le mail était tourné "à la japonaise", c'est-à-dire que ces gens qui ont plein de bon sens (!) savent très bien qu'on ne va pas aller passer 3 jours chez un type qu'on connaît à peine (ce serait bien ridicule), donc ils se présentent en donnant vraiment un trait de leur personnalité (le fameux hobby, qui peut n'être que superficiel, je suis sûr qu'il y en a dont le tennis est le hobby et qui n'y jouent pas plus que moi au ping-pong, mais qui est quand même "personnel") et comme ça on les connaît personnellement et donc bien mieux...

En guise d'épilogue, sachez qu'on a fini par aller chez ce monsieur, qu'il a été charmant, nous a effectivement préparé des repas typiquement japonais et nous a emmenés toute une journée visiter la ville. On a bien évidemment vu les deux lapins quand on était chez lui (mais on n'a pas osé lui demander si il savait cuisiner le lapin).
Comme quoi, la première impression n'est pas toujours la bonne (surtout pas ici !).

mardi, 19 juin 2007

Lan party sur Nintendo DS géantes...

La télévision japonaise ("télébi" en japonais) est une source inépuisable de divertissement pour un occidental qui comme moi ne comprend absolument rien à ce qui se passe (je pense que je préfèrerais d'ailleurs largement "le bigdil" si je n'y comprenais rien).

Hier, alors que je zappais sans but particulier, je suis tombé sur une émission particulièrement intéressante (pour une bonne définition de l'adjectif "intéressante" bien sûr). Le principe (tel que j'ai fini par le comprendre après un peu de temps) est très simple :

Il y a 10 participants placés en cercle, chacun ayant devant lui une Nintendo DS géante (vous savez, la console portable à deux écrans dont un tactile sur lequel on écrit avec un stylet qu'on a vue sur toutes les affiches dans la rue pour les fêtes des mères, puis des pères, sauf que là du coup elles ne sont plus portables du tout) :

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Le jeu est un jeu "coopératif" qui se passe en plusieurs manches (je l'ai pris en cours de route et je n'ai pas regardé jusqu'au bout... moi j'ai vu 5 manches). Comme il se doit sur la DS, chaque manche est en fait un mini-jeu ridicule où à tour de rôle chaque participant doit répondre correctement à la question, puis on passe au suivant, sachant qu'il y a une limite de temps globale (il semblerait que les participants puissent se tromper, mais alors on leur repose la question jusqu'à ce qu'ils trouvent la bonne réponse... et du coup ça fait perdre du temps). Si les 10 réussissent avant la fin du temps la manche est gagnée, sinon c'est perdu (j'avais prévenu que c'était pas compliqué).

Alors en plus, ce qui est rigolo, c'est que même les questions sont super simples. La réponse est toujours donnée en l'écrivant sur l'écran tactile (même si ils passent leur temps à dire plein de choses à voix haute, mais ça n'a pas l'air d'avoir une quelconque importance).

La première manche que j'ai vue (mais pas photographiée) correspondait tout-à-fait aux pubs DS qu'on a dans la rue justement, puisque c'était l'épreuve de calcul mental. En fait ils avaient une égalité toute simple, mais il manquait un signe et il fallait dessiner le symbole qui manquait (parmi +, -, x ou / ). Typiquement une ligne aurait pu être

4 + 6 [ ] 3 = 6

(où [ ] est la case dans laquelle il faut trouver le symbole manquant) Bien qu'il n'y ait que 4 symboles possibles, et qu'ils aient largement assez de temps pour réfléchir un peu, ça a été une catastrophe (je n'ai vu que la fin mais je crois qu'aucun des 4 derniers joueurs n'a trouvé la réponse... finalement ils ont tous passé leur tour et donc forcément ils ont perdu la manche). A partir de là j'ai commencé à trouver le jeu bien rigolo, et donc j'ai décidé de prendre quelques photos pour vous...

Pour la deuxième manche que j'ai regardée, chaque joueur voyait s'afficher le nom d'un sport, et devait l'illustrer par un dessin, puis le joueur suivant devait donner le nom du sport :

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(désolé pour les bandes noires... mais c'est pas facile de photographier une télé) Sur les images le dessin du joueur précédent apparaît dans la case centrale et la réponse du joueur courant est dans la case de droite (ceux qui lisent les katakana reconnaîtront le nom du premier sport qui n'est pas encore écrit entièrement au moment de la photo...). J'ai pas tout compris ce qui se passait pendant que la fille de la seconde photo répondait (la question sur l'escrime) mais je crois qu'elle n'arrivait plus à retrouver le nom (mais elle mimait très bien le truc pendant qu'elle écrivait comme l'indique la position de sa main...). Au final elle a fait 3 tentatives fausses et le temps a fini par s'écouler (les autres se sont bien moqué d'elle (gentiment, mais tout le monde se marrait bien) parce que je crois qu'elle sortait plein de mots qui n'avaient pas grand chose à voir). C'était bien rigolo...

La manche suivante était un peu plus complexe... L'écran affichait la carte d'une des préfectures du Japon et il fallait donner le nom (je crois que j'aurais été lamentable si on m'avait fait le coup avec les départements, ou même les régions de France) :

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(pour information, il s'agit des préfectures d'Ibaraki (lisible en hiragana) et de Toyama (là elle écrit en kanji donc c'est plus compliqué, et d'ailleurs l'écriture kanji que j'ai trouvée sur internet n'est pas celle-là, donc elle est peut-être en train d'écrire n'importe quoi). Quoi qu'il en soit, bien que je trouve que c'était plus difficile que la précédente, ils ont réussi à gagner cette manche :

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(ça c'est la petite dame qui remplace le Bill du "Bigdil" chez nous et qui donne les points). La dernière manche que j'ai regardée exploite la complexité du système d'écriture japonais...

Pour ceux qui ne le savent pas, le japonais s'écrit en utilisant 3 systèmes différents : deux alphabets phonétiques (les hiraganas et les katakanas) et un ensemble d'idéogrames (les kanji) qui sont directement pris de l'écriture chinoise. Toutefois, comme la prononciation japonaise est très simple en comparaison des subtilités du chinois, il existe de nombreux kanjis associés à un même son (pour des raisons assez tordues un même kanji peut aussi être prononcé de plusieurs manières différentes, mais ce n'est pas ce qui est utile ici).

Ici, les joueurs voient s'afficher un mot composé de deux kanjis mais l'un des kanjis est caché... En dessous ils ont la transcription phonétique du mot en hiragana (donc ils savent bien de quel mot on parle). Ils doivent donc dessiner le kanji manquant. La subtilité que je n'avais pas saisie en regardant l'émission mais qui m'est apparue en revoyant mes photos est que le kanji manquant se prononce toujours "so-u", mais ce n'est quand même jamais le même (donc on a ici au moins 10 transcriptions différentes de "so-u". En fait c'est un peu comme si en français on jouait avec le son "un/ain/ein/in/..." qu'on donnait un mot dont il manque justement l'écriture de ce son et qu'on demandait comment l'écrire dans ce cas précis, p.ex lut__, rom__, dess__ (même si ce dernier exemple est mauvais parce qu'il y a deux bonnes solutions) :

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(il s'agit ici du mot "kansou" qui signifie "sec", et ce que la fille dessine est effectivement le début du bon kanji...)

Voilà... Pour une fois que j'arrivais à comprendre le jeu, c'était assez marrant (mais en fait c'était surtout intéressant parce que moi il me fallait parfois la moitié de la manche pour comprendre le principe, donc j'étais aussi assez occupé à réfléchir). 

lundi, 18 juin 2007

Les nuits difficiles

 Finalement ce n'était pas forcément une bonne idée de dormir jusqu'à 14h dimanche...  Bien que j'aie quitté le bureau (et la connexion internet) passé minuit, et que je ne me sois pas spécialement dépêché pour manger mes sushis et mes boulettes de légume (je croyais que c'était du poulet pané... première "surprise gastronomique" mais c'était pas trop mal), à 1h30 je n'avais pas vraiment sommeil.

 Seulement comme lundi c'est mon premier jour ouvré, je me suis dit que c'était pas sérieux d'arriver après le déjeuner donc j'ai décidé de me lever à 8h30 (c'est honnête, même pour les gens normaux... et carrément l'aurore pour moi, en France). Du coup j'ai dit "pas de télé" et hop au lit...

 J'ai dû me retourner au moins un millier de fois  (ouais... une fois toutes les 15 secondes pendant 4 heures) sans pour autant trouver LA position qui donne sommeil (je crois qu'au bout d'un moment, il faut savoir abandonner). D'autant que dehors (je rappelle qu'à 50m de la chambre c'est la forêt profonde) les animaux faisaient la rumba... Disons qu'en France on finit par savoir que les insectes font toujours du bruit, mais normalement, les oiseaux qui chantent ils arrêtent la nuit. Et attention, je ne parle pas d'un hululement ou un truc bien grave ou sinistre comme ça, là c'était le piallement joyeux du moineau qui chante à la gloire du soleil... de minuit à 5 heures du matin !

 Je crois que celui-là il avait été mal calé à la naissance (un peu comme si c'était un oiseau français qui ne comprenait pas à quoi sert le décalage horaire). Bon, j'avoue qu'il avait l'air seul, donc finalement pas très bruyant, mais une fois qu'on a remarqué qu'il était là, c'est un peu dur de l'ignorer (surtout quand on n'a rien de mieux à faire que de l'écouter ou de se retourner dans son lit).

 Résultat, à 5h, comme il commençait à faire jour je me suis dit que j'allais me lever et aller au boulot. Ce qui est rigolo c'est que du coup j'ai réussi à intercepter les retardataires français avant qu'ils aillent se coucher (mais je crois que ça ne se reproduira plus). J'espère qu'au moins ça impressionera les japonais (enfin, je ne voudrais pas que Morita se suicide parce que j'étais au labo avant lui quand même...).

dimanche, 17 juin 2007

Voyage, voyage !

Puisque "blog" veut au fond dire "web log", il est bien naturel de commencer par faire un compte rendu du voyage.
Le post est un peu long (bon, même très long) donc c'est pas la peine de le lire. J'essaierai peut-être d'être un peu plus bref à l'avenir (mais faut dire qu'aujourd'hui je n'ai pas grand chose d'autre à faire alors...).

Premièrement, je tiens à maudire sur sept générations la madame de l'agence de voyages du CNRS qui m'a pris mon billet (bien qu'elle ait été charmante au téléphone, je dois bien l'admettre) parce qu'il y a quand même eu des complications inutiles.

Il faut en effet savoir que pour commencer, je suis parti à 10h de Lyon vendredi matin... pour ne quitter la France qu'à 19h ! Parce que comme ça, ça faisait que je prenais un billet TGV de 10h30 à 12h30 qui était en période normale au lieu d'une période de pointe... Donc pour 30 euros de moins (alors que le billet d'avion est de l'ordre de 1200 euros) j'ai attendu 7 heures à l'aéroport de Roissy (qui n'est pas bien passionnant, même si il y a quand même des prises de courant donc j'ai pu écouter de la musique et regarder un peu des films sur mon ordinateur qui n'a que 20 mn d'autonomie).

Bon, cependant, rien de bien intéressant tant que je suis en France. A 19h, donc on embarque et là déjà on se sent au Japon : je pense qu'il y avait moins d'un "non-japonais" pour 30 japonais dans l'avion, donc soit y'a que les japonais qui se déplacent entre la France et le Japon, soit les non-japonais n'ont absolument pas confiance en Japan Airlines (ou alors ça tombait pile à la fin des vacances scolaires japonaises, je sais pas)...
J'étais coincé entre deux japonais pendant le vol (je déteste quand on est tout seul et qu'on se retrouve au milieu d'une bande à 3 sièges... faudra aussi que je pense à maudire la très aimable demoiselle de l'enregistrement), sachant que celui de gauche (côté couloir) ronfle quand il dort (et que lui, il n'a pas du tout de problème pour dormir dans l'avion) et que celui de droite (côté fenêtre) s'amuse à allumer et éteindre sa lampe au plafond toutes les demi-heures... à chaque fois juste quand on s'était habitué à la lumière/obscurité.

JAL c'est aussi moins bien que KLM en termes de choix de films (mais quand même on a le petit écran personalisé, et on contrôle le flux du film). Donc au lieu des 40+ films sur KLM là j'en avais juste 8, du coup j'ai juste vu Hannibal Rising (pas bien), Bridge to Terabithia (pas mal, mais pour les enfants, Eug devrait bien aimer), et revu le premier Batman parce que je m'ennuyais quand même beaucoup. Bref, j'ai même pas fait de marathon ciné comme j'aurais voulu le faire (j'aurais bien vu "Das Leben der Anderen", mais c'était qu'en Allemand avec des sous-titres japonais alors j'ai abandonné).

Comme c'était la nuit on n'a même pas beaucoup mangé. Un petit dîner quand même (j'ai demandé la version japonaise : c'était du boeuf, du boursin et un tiramisu en dessert... j'ai des doutes).

Toujours est-il que 13 heures plus tard, on arrive quand même au Japon. On voit le mont Fuji sur la droite de l'appareil (j'étais à droite, c'est déjà ça, bien qu'il ait un peu fallu que je me contorsionne pour le voir à travers mon voisin) et on atterrit à Tokyo...
Je récupère mes bagages qui n'avaient pas été enregistrés jusqu'à Hiroshima, je passe la douane sans encombres (heureusement qu'ils ne m'ont pas fait ouvrir ma valise cette fois-ci, parce qu'elle sentait déjà un peu bizarre de l'extérieur à cause des deux sacs de fromages que je transportais... je pense que ça leur aurait fait un choc si j'avais dû les ouvrir) et je vais à l'enregistrement pour la deuxième partie du vol (avec 3 heures d'avance, juste pour savoir à quel guichet ce sera). Là, surprise !, on m'explique que je ne suis pas au bon aéroport... Je suis à Narita, mon avion part de Haneda (à Tokyo tous les deux... quand même).
Je maudis la madame de l'agence de voyage une seconde fois (tout en comprenant pourquoi on m'avait dit que mes bagages ne suivaient pas tous seuls jusqu'à Hiroshima, mais sans me dire que j'aurais un changement d'aéroport à Tokyo, je maudis encore la demoiselle de l'enregistrement...) et je vais chercher un moyen de transport d'un aéroport à l'autre : on me dit le bus ou le train, j'opte pour le bus, j'achète les billets et je vais à l'arrêt.

Là, c'est assez rigolo. On sent bien qu'on est au Japon : y'a deux lignes qui passent par l'arrêt, deux files d'attentes dessinées au sol. Quand on s'approche une jeune fille vient demander quel bus on va prendre, nous place dans la bonne file d'attente (dans mon cas la plus éloignée du trottoir puisque je ne prenais pas le premier bus qui arrivait, puis quand le bus est passé on s'est tous décalés sur la seconde file d'attente...) étiquette nos bagages et nous donne un reçu pour récupérer le bagage à l'arrivée ! Lorsque le bus arrive enfin, deux types chargent les bagages dans le bus et on monte. 1h15 plus tard (c'est long d'aller d'un aéroport à l'autre, mais on n'a pas vu l'intérieur de Tokyo) on arrive à l'autre aéroport, deux autres types déchargent les bagages et nous les rendent en échange du reçu... En gros y'a autant de personnel qu'en Egypte, mais c'est vachement plus efficace !

Je prends le deuxième avion (pour Hiroshima) pour lequel j'avais quand même encore suffisamment d'avance pour m'ennuyer un peu dans l'aéroport, on décolle, on nous annonce encore que le mont Fuji est visible sur la droite de l'appareil (j'étais encore à droite) mais ce coup-ci j'ai rien vu. Et comme tous les japonais étaient collés aux fenêtres du côté gauche je pense que le type qui a passé l'annonce en anglais s'est un peu loupé. Au passage, quand il a dit ça pour les japonais ils se sont quand même tous précipités sur les fenêtres (l'avion était très peu rempli donc ils pouvaient courir le long des allées pour s'entasser contre les hublots). Donc ils se comportent aussi comme des touristes japonais quand ils sont chez eux...
J'ai pas pris de photo du mont Fuji (trop de japonais contre les hublots) mais j'ai quand même pris quelques photos des montagnes :

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A l'arrivée à Hiroshima, le plus dur était fait, mais j'avais quand même encore un bus, un train puis un autre bus pour arriver. Heureusement que Morita m'avait détaillé tous les trajets (avec les prix, ce qui permet de cliquer sur le bon bouton quand on ne sait pas lire le nom de la station mais que les prix sont affichés), et que les japonais sont quand même très aimables, même quand on n'arrive pas à parler (sur le trajet en train une dame est venue m'aider en anglais quand elle a vu que je voulais aller à la gare de Saijo suite à un échec critique sur mon jet de communication avec un autre type). Pour la fin du trajet j'ai raté le bus de peu (il est parti pendant que je cherchais l'arrêt) donc j'ai attendu 40 mn le suivant, puis j'ai raté l'arrêt où je devais descendre (il faisait nuit, j'ai pas reconnu la fac...) mais le suivant n'était pas bien loin à pied...

Je suis arrivé jusqu'au bureau de Morita (encore grâce à ses explications, mais aussi parce que je me souvenais quand même bien du campus de la fac) où il m'attendait (samedi soir, 21h... je me suis beaucoup excusé, mais d'un autre côté je crois bien qu'il fait des horaires comme ça même quand il n'attend personne). Il m'a donné les clés du bureau et de la chambre à la résidence. J'ai lu mes mails et envoyé 3 mails, lancé deux constructions à ogame, puis hop, je suis parti me coucher. Je me suis un peu perdu en chemin : la résidence est à 5 minutes du campus, mais au milieu de la forêt (le truc qu'on voit dépasser à gauche) :

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J'ai pris le mauvais virage, je me suis retrouvé un peu au milieu de la forêt en pleine nuit, mais j'ai fini par arriver sur mon bâtiment par l'autre côté (je n'étais pas très inquiet quand même, je me souvenais quand même assez bien des lieux, mais c'est pas facile de se repérer de nuit). Finalement, je suis allé me coucher après avoir pris une douche même si normalement je n'avais pas le droit parce que la douche est censée être fermée à partir de 21h.

J'ai regardé un peu la télé pour me plonger dans le pays... mais j'ai fini par regarder une comédie musicale américaine en anglais (tout en zappant de temps en temps sur "The Rock" en japonais tout de même).

J'ai dormi 16 heures.
Fin du premier jour (qui aura donc duré environ 48h).